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mardi 11 juin 2013

Le grand alibi (Stage fright) d'Alfred Hitchcock (1950)

Mon résumé : Eve Gill (Jane Wyman) vient en aide à son ami Jonathan Cooper (Richard Todd) car celui-ci est accusé du meurtre du mari de la femme dont il est amoureux, la célèbre actrice Charlotte Inwood (Marlene Dietrich). Celle-ci lui a demandé d'assassiner son mari pour qu'elle puisse avoir un alibi et échapper aux soupçons. Mais Jonathan a été surpris en flagrant délit et pense en fait que Charlotte a voulu le piéger... 

Mon avis : Si le film ne présente pas de prouesse technique particulière, contrairement à La Corde ou L'inconnu du Nord-express, il possède de très nombreux atouts. Tout d'abord, Hitchcock construit son film en flash-back. Il commence par la fuite des deux personnages principaux et on revient ensuite sur les causes de cet événement, ce qui nous fait plonger tout de suite dans l'action.


Ensuite, son scénario, qui semble si simple au départ, puisque tous les éléments nous sont donnés, nous prend au piège. Je ne dirai pas de quelle manière, mais j'ai été complètement bluffée par le retournement final que je n'ai absolument pas vu venir. Les dialogues sont remplis d'humour que ce soit l'humour taquin du formidable père d'Eve ou bien l'humour macabre de la scène du petit garçon avec la poupée. Et puis, il y a une magnifique scène dans un taxi où le dialogue est en complet décalage avec ce qu'il se passe (l'attraction entre deux personnes).


Et enfin le film brille par son casting quatre étoiles. Marlène Dietrich est absolument formidable dans son rôle de veuve noire manipulatrice. Elle est heureuse d'être débarrassée de son mari, ce qui lui permet de choisir entre ses amants. Elle joue aussi à merveille la star. Face à elle, Jane Wyman est loin de démériter au contraire. Elle est charmante, drôle et joue les apprenties détectives avec beaucoup d'audace. Le film est construit sur une opposition entre les deux personnages : star / jeune demoiselle tout le monde ;  actrice confirmée / apprentie actrice ; femme fatale / maladroite et naïve en amour...D'ailleurs, à ce sujet, l'héroïne va beaucoup évoluer puisqu'elle nous apparaît au départ amoureuse de Jonathan, alors qu'il ne lui jette aucun regard,  mais va au fur et à mesure changer d'avis notamment grâce à sa rencontre avec un sémillant inspecteur de police.

En quelques mots : un Hitchcock très plaisant dont le scénario plus complexe qu'il n'y paraît m'a agréablement surprise. Ce film gagne à être connu.

L'avis de Maggie






La corde (Rope) d'Alfred Hitchcock (1948)

Avant-propos : J'ai décidé que, pendant le mois anglais, "le mardi, c'est hitchcockerie" (ce n'est pas beau, mais ça rime). Etant donné que 2 de mes chaînes préférées se sont données le mot pour me faire une programmation d'enfer (il me reste encore 6 films à voir), il y aura même 2 billets pour le prix d'un chaque mardi  (mais je viens de me rendre compte qu'en fait, il ne me reste plus que 2 mardis, je m'arrangerai) !

Mon résumé : Scène d'ouverture : deux hommes sont en train d'étrangler quelqu'un avec une corde. Ils mettent ensuite le cadavre dans un grand coffre en bois sur lequel ils décident de servir le buffet...

Mon avis : Une fois de plus, Hitchcock réalise une prouesse technique. Le film est conçu comme un long plan-séquence ; le but étant de rendre quasiment invisible les changements de bobine. Je le savais avant de le voir et je n'ai vu que 4 ruptures dans le film alors qu'après vérification sur internet, j'ai découvert qu'il y avait 8 plans-séquences (vu que les bobines ne duraient que 10 minutes à l'époque). L'effet est donc réussi. On ne peut que souligner la virtuosité de la caméra d'Hitchcock qui se déplace avec brio dans cet espace clos et la qualité de l'interprétation des acteurs qui respectent les contraintes techniques (qui devaient être nombreuses vu que les caméras de l'époque ne sont pas les caméras actuelles). L'effet pervers de cette mise en scène est toutefois de donner une impression de théâtre filmé, puisque aucun changement de plan n'est possible (et donc le film manque un peu de changements de rythme).


Le scénario est étonnant par son audace et son cynisme, les deux étudiants ayant pour objectif de commettre le crime parfait et d'inviter ensuite la famille de la victime à dîner dans la pièce même où se trouve encore le cadavre. De plus, ils invitent aussi leur ancien professeur (James Stewart) qui leur a inspiré ce crime car il a défendu des théories où il approuve le meurtre et l'érige au rang d'art quand il est réalisé par des êtres supérieurs sur d'autres qui sont inférieurs (ce qui est pris strictement au pied de la lettre par les étudiants). Autre sujet audacieux pour l'époque, les deux protagonistes laissent transparaître leur homosexualité.


Au niveau de l'interprétation, John Dall campe un jeune homme absolument glaçant par son immoralité (ce qu'il fait de la fameuse corde m'a littéralement sciée). Mon ami Farley Granger (voir ici) joue un second rôle, ce qui lui va beaucoup mieux que de porter un film sur ses épaules, d'autant plus qu'il interprète un pleutre (ce qui est nettement plus facile à jouer pour quelqu'un qui n'a pas de charisme). En même temps, il représente le côté moral puisqu'il n'arrive pas à supporter ce qu'ils ont fait et panique de plus en plus au fil de la soirée. Quant à James Stewart, j'ai regretté qu'il n'arrive que dans la deuxième partie du film. Il est une fois de plus bluffant que ce soit dans l'ironie (il y a un merveilleux dialogue en rapport avec le cinéma où l'une des protagonistes avoue son amour pour Errol Flynn, Cary Grant et James Mason ainsi que pour "vous savez cette actrice qui a joué dans vous savez quoi"-) ou bien dans le cynisme (quand il expose sa théorie, il fait froid dans le dos). Toutefois, je trouve que la façon dont il découvre l'affaire relève presque plus de la divination que de la vraie découverte ce qui atténue un peu le plaisir de l'ensemble.

En quelques mots : Si j'ai aimé la tension et l'extrême noirceur des personnages ainsi que l'exercice de style, j'ai trouvé que l'histoire était résolue un peu par miracle et que l'ensemble donnait une impression de théâtre filmé. Mais cela reste quand même un bon Hitchcock (même si le maître ne l'aime pas).

Les billets de Maggie et Titine 




lundi 3 juin 2013

L'inconnu du Nord-Express (Strangers on a train) d'Alfred Hitchcock (1951)

Avant-propos : J'ai découvert avec horreur que le challenge Hitchcock allait s'achever et que je n'avais pas vu un seul film du maître en un an. Drame ! Mais voilà, le challenge a été prolongé pour cause de mois anglais. De plus, OCS (OrangeCinéSéries) a eu le bon goût de lancer un mois Hitchcock avec de nombreux films que je n'avais pas vus, à commencer par celui qui nous intéresse aujourd'hui. Le mois anglais sera donc hitchockien ou ne sera pas !

Mon résumé : Guy Haines, célèbre joueur de tennis est abordé dans un train par un homme et ils commencent à converser et passent le trajet ensemble. A la fin, Bruno Anthony propose un marché à Guy : il tuera sa femme (qui refuse de divorcer et qui l'empêche donc d'épouser la fille d'un sénateur) tandis que Guy éliminera le père de Bruno. Pour celui-ci, il s'agit du meurtre parfait : 2 inconnus qui s'échangent leurs crimes. Pas de mobile pour le criminel et un alibi pour le principal suspect. Guy prend cela sur le ton de la plaisanterie, mais quand sa femme va être assassinée, il ne peut s'empêcher de repenser à cette conversation...

Mon avis : Un film à vous faire arrêter tout de suite fantasmer sur le fait de rencontrer des inconnus dans des trains ! Grâce à son scénario machiavélique, le film joue avec nos nerfs. Bruno n'est définitivement pas un ami qui nous veut du bien. On ne peut s'empêcher de se demander tout au long du film comment Guy va s'en sortir et s'il va s'en sortir, tandis que le piège tendu par Bruno se referme sur lui et qu'il a presque à chaque fois 4 coups d'avance sur Guy. Et on s'interroge sur ce que l'on pourrait faire si une telle chose nous arrivait !

La réalisation est d'une virtuosité incroyable. Dès la scène d'ouverture, le ton est donné puisque Hitchcock ne filme au départ que les pieds des protagonistes et arrive par là-même à nous donner déjà quelques indications sur les deux personnages principaux. Je connaissais la scène du meurtre même si je n'avais jamais vu le film car elle est souvent citée dans les reportages puisque Hitchcock réussit une fois de plus à contourner la censure en filmant le meurtre dans le reflet d'une paire de lunettes. L'une des dernières scènes se passe sur un manège et c'est à vous empêcher de remettre dans une fête foraine un jour.
C'est aussi un film hautement suggestif. Je sais que le maître a cette réputation, mais j'avoue que ça ne m'a jamais autant frappé que dans celui-ci sans doute parce que j'étais une naïve jeune fille quand j'ai vu la plupart de ses films : la femme de Guy mange une glace d'une manière plus qu'équivoque et se fait chatouiller dans les recoins sombres par deux hommes (je me demande comment il a pu passer la censure sur ce coup-là!). On peut ajouter à cela un complexe d'Oedipe car Bruno a définitivement une relation malsaine avec sa mère. l'ensemble forme un cocktail explosif.


La seule déception que j'ai éprouvée concerne le casting. J'ai trouvé 2 des 3 acteurs principaux un peu trop limités dans leurs interprétations. Farley Granger (Guy) joue le côté grand échalas timide et maladroit à la James Stewart (j'ai découvert depuis qu'il avait joué avec lui dans la Corde l'année précédente), mais n'est pas Jimmy qui veut. Et Ruth Roman n'a pas le trouble habituel des héroïnes hitchockiennes. D'ailleurs, ces 2 acteurs n'ont pas d'autres grands rôles à leur actif. Par contre, Robert Walker (Bruno) est absolument glaçant dans ce rôle de psychopathe (il est malheureusement disparu trop tôt -à l'âge de 32 ans- pour avoir une filmographie à la hauteur de son talent). J'ai aussi été agréablement surprise par Patricia Hitchcock (fille de) drôle et pétillante dans le rôle de la soeur de l'héroïne.

En quelques mots : Même s'il ne fera pas partie de mes films cultes d'Hitchcock à cause de son casting, ce film se place quand même à un très haut niveau grâce à son scénario millimétré et sa réalisation audacieuse.

L'avis de Titine



jeudi 5 avril 2012

Je souffre de challengite aiguë (4) Le challenge Alfred Hitchcock

Le challenge Alfred Hitchcock est organisé conjointement par Titine et Sabbio
Il dure un an et se termine en mars 2013. 
Objectif : voir le plus possible de films. 

Déjà quel magnifique logo ! Où l'on peut s'amuser à retrouver de quels films sont extraites ces photos !
Je dois bien avouer qu'Alfred et moi n'avons pas toujours été amis. Pendant longtemps, je suis passée à côté du maître, sans trop de raisons. J'avais l'impression que ses films n'étaient pas pour moi. La première fois que j'ai vu Fenêtre sur cour, je n'ai pas accroché (j'étais jeune et bête, je n'ai pas dû tout comprendre). C'est presque dur de l'écrire et même de l'imaginer vu qu'aujourd'hui c'est l'un de mes films cultes. D'ailleurs, c'est par lui que je suis revenue à Hitchcock, grâce à une reprise de ce film au cinéma. Et là, j'ai A-D-O-R-E. Depuis, j'ai vu un certain nombre de films du maître et même un nombre certain. Mais, cela fait longtemps que je n'en ai pas regardé, donc ce challenge va en être l'occasion. Et pourquoi pas même de lire les livres qu'il a adaptés.

Dans ma DVDthèque pour ce challenge (mais j'en ai vu beaucoup d'autres...) :
Rebecca (vu)
Le crime était presque parfait (vu)
La main au collet (vu)
L'homme qui en savait trop 1956 (vu)
Sueurs froides (vu, revu)
La mort aux trousses (vu, revu, rerevu...)
Frenzy (pas vu)
Complot de famille (pas vu)