mardi 22 décembre 2015

Z, le roman de Zelda de Therese Ann Fowler



Je suis dans une période de lectures consacrées aux années 20. J’ai commencé avec Madame Hemingway, puis j’ai lu La mystérieuse affaire de Styles d’Agatha Christie qui est la première enquête d’Hercule Poirot, je lis aussi Paris est une fête d’Ernest Hemingway (mais je ne l’ai pas encore terminé). Les passages les plus saisissants de cet ouvrage concernent les Fitzgerald, c’est pourquoi j’ai une envie de sortir de ma PAL  Z la légende le roman de Zelda.

Le livre raconte l’histoire romancée de Zelda Fitzgerald. La vie des Fitzgerald est fascinante et le roman se lit très bien. On est entraîné dans un flot étourdissant de fêtes et d’alcool. De New York à Paris, de la Côte d’Azur à Hollywood, nous suivons le rythme effréné de Scott et Zelda qui mordent la vie à pleines dents et qui brûlent la chandelle (et l’argent) par les deux bouts au gré de leurs rencontres avec des personnages tous plus fascinants les uns que les autres. Ne connaissant pas du tout leur vie, j’ai eu du mal à lâcher le livre et je l’ai dévoré en deux petites journées.

Mais, l’auteur nous livre un portrait peu flatteur de Francis Scott Fitzgerald. Je ne dis pas que ce qu’elle écrit n’est pas vrai,  il est bien connu que Francis Scott Fitzgerald n’était pas un ange, mais je ne pense pas non plus qu’il soit seul responsable de tous les maux de son couple. Dans le livre, il passe son temps à martyriser Zelda. À mon avis ce n’est pas vraiment faire justice à Zelda que de la présenter comme la pauvre petite chose de son mari. Je pense qu’elle était une d’une autre trempe que cela. Ici, elle se laisse faire et ne réagit quasiment jamais. Même quand elle a une aventure avec un aviateur, le traitement de l’histoire manque de profondeur et on a l’impression que ce n’était qu’une distraction, qu’elle n’est pas vraiment amoureuse et que ce n’est pas un moment déterminant de son histoire, alors qu’on nous dit qu’elle est sur le point de quitter Scott.

On se trouve face un procès totalement à charge de Francis Scott Fitzgerald. Je pense que son personnage aurait dû être traité avec beaucoup plus de subtilité et moins de manichéisme comme par exemple Paula McLain a réussi à le faire pour Hemingway. D’ailleurs, Hemingway en prend aussi sacrément pour son grade. Il est vrai que dans Paris est une fête, il dit clairement qu’il déteste Zelda et qu’elle est fait tout pour empêcher Scott de réussir. Mais était-ce utile de prendre l’argument contraire et de faire Hemingway la cause du manque de réussite de Scott ? Je ne crois pas que ce soit le cas ni pour l’un, ni pour l’autre. Selon Fowler, la source de la haine d’Hemingway viendrait du fait que Zelda l’ait rejeté, mais aussi de son attirance non avouée pour Scott. C’est presque Hemingway qui serait responsable de la folie de Zelda puisque il a accusé Zelda d’être folle, ce qui a amené les autres à croire qu’elle l’était vraiment.

Toute la vision du livre me semble biaisée. J’ai l’impression que l’auteur veut nous vendre sa version très simpliste de l’histoire: une jeune provinciale épouse un homme qui ne va faire que l’humilier et briser ses rêves jusqu’à la faire interner pour « la rééduquer » alors qu’elle n’est pas vraiment folle, mais que c’est juste un autre moyen de la contrôler. Je trouve que les Fitzgerald méritent mieux que ce traitement manichéen.

L’auteur veut dénoncer le fait que Zelda a toujours été vue comme l’épouse de Scott, mais elle-même tombe dans ce travers puisque le livre ne commence qu’en 1918 au moment de leur rencontre et se termine en 1940 à la mort de Scott et non pas à celle de Zelda.

Même si j’ai apprécié de découvrir la vie de ce couple mythique, je compte lire d’autres ouvrages, notamment des biographies  pour mieux comprendre Zelda et Scott.


Ce roman est adapté en série par Amazon. Seul le pilote est disponible pour l’instant, il ne m’a pas vraiment convaincu. Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez aller lire mon avis sur Whoopsy Daisy.

dimanche 13 décembre 2015

Madame Hemingway de Paula McLain



Je ne connais vraiment pas grand chose de la vie d'Hemingway, ni de son oeuvre. Pourtant, Hemingway et moi, c'est une longue histoire. J'avais un professeur d'histoire qui nous interrogeait à l'oral au début de chaque cours et qui à la fin nous posait toujours une question de culture générale. Il m'avait demandé quel écrivain américain a participé à la Première Guerre mondiale et a écrit un livre qui raconte son expérience de soldat en Italie. J'avais séché lamentablement et je m'en étais beaucoup voulu car l’adaptation avec Sandra Bullock était sortie ou allait sortir, mais j'en avais entendu parler. Est-ce à cause de ce souvenir que j'en ai toujours un peu voulu à Hemingway ? En tout cas, ses livres n'ont jamais croisé mon chemin jusqu'à ce mois-ci.
J'ai voulu participé à la LC organisée par Eliza en hommage à la ville de Paris et partir à la découverte de l'ouvrage d'Hemingway, Paris est une fête, qui est devenu un symbole depuis les attentats du 13 novembre. Mais je n'avais pas le livre et il était en rupture de stock dans toutes les librairies. L'envie de découvrir enfin Hemingway m'a poussée à sortir un autre livre de ma PAL : Madame Hemingway de Paula McLain. C'est donc de cette manière que je participe à la LC.

Le livre est une biographie romancée d'Hadley Richardson, la première des quatre "Madame Hemingway". La première partie de l'ouvrage raconte leur rencontre à Chicago et les débuts de leur histoire. Les événements sont racontés du point de vue d'Hadley à 3 ou 4 exceptions près.
J'ai bien aimé la façon dont l'auteur présente son héroïne car j'ai l'impression qu'elle n'a pas tenté de la transformer en quelque chose qu'elle n'était pas, qu'elle n'a pas essayé de la moderniser pour plaire au goût du public. Hadley est une jeune femme solitaire et timide qui découvre l'amour tardivement (à 28 ans) et qui tombe sous le charme du jeune (21 ans) mais expérimenté (puisqu'il s'est engagé pour participer à la première guerre mondiale) Hemingway. Hadley aspire seulement à être une bonne épouse. On sent qu'elle a énormément de mal à s'affirmer mais en même temps c'est son choix. J'ai lu dans certains avis que cet aspect dérangeait les lecteurs. C'est vrai que parfois, on a envie de la secouer et de lui dire de réagir, mais en même temps ses réactions (ou plutôt ses absences de réaction) semblent assez cohérentes avec le fait qu'elle était une jeune femme manquant de confiance en elle qui va se retrouver mariée à un homme charismatique. De plus, la seule vraie décision qu'elle va prendre va se retrouver catastrophique puisqu'elle décide d'amener à Hemingway tous ses manuscrits dans une valise, valise qu'elle va perdre au cours d'un voyage ce qui fait que Hemingway va devoir repartir de zéro. Je l'ai d'ailleurs trouvé très courageux, même s'il met quelques temps à réécrire.

Le livre est loin d'être une hagiographie du personnage d'Hemingway, mais j'ai trouvé que Paula McLain arrivait à transcrire la complexité du personnage. Sans cacher ses défauts, elle réussit à faire ressortir les côtés attachants et fascinants du personnage. J'avais l'image d'un auteur très dilettante mais j'ai découvert au contraire que c'était un grand travailleur. Au départ, Hadley et Hemingway ont vécu dans des conditions très précaires, mais il n'a pas cessé de chercher du travail pour essayer d'assurer l'avenir de sa famille. On voit aussi l'évolution du personnage qui était très jeune au début et qui avec le début de la reconnaissance devient un écrivain beaucoup plus mondain alors qu'il avait tendance à critiquer ce type de posture à son arrivée à Paris.
C'est évidemment l'évocation de ces expatriés à Paris qui est extrêmement plaisante. On se délecte en découvrant cette effervescence culturelle et toutes les rencontres que peut faire Hemingway : Ezra Pound, Gertrude Stein, John Dos Passos,James Joyce, Zelda et Francis Scott Fitzgerald, Ford Madox Ford (j'ai découvert sa liaison et même son ménage à trois avec Jean Rhys). C'est très intéressant, même si par moment, cela ressemble un peu à du name-dropping et que cela n'apporte pas toujours grand chose à part de savoir qui couche (ou aimerait coucher) avec qui.
Au fur et à mesure, Hemingway se fâche avec ses nombreux amis et en particulier avec ses mentors comme Sherwood Anderson (il écrit un roman parodique très cruel) ou Gertrude Stein.
Et bien sûr, il finit par s'éloigner d'Hadley, tout en tentant toutefois de lui imposer un ménage à trois. Mais là encore, il n'a pas le pire rôle, celui-ci revenant à Pauline Pfeiffer, qui devient d'abord l'amie d'Hadley pour mieux lui voler son mari.

Je pense que ce livre est une bonne entrée en matière dans l'univers d'Hemingway pour les personnes qui, comme moi, ne connaissent rien à sa vie. Pour les autres, je pense qu'il sera un peu léger, surtout que l'auteur le dit elle-même, elle s'est principalement inspirée de Paris est une fête et de Le soleil se lève aussi pour rédiger son ouvrage. Il y a d'ailleurs de très nombreux passages sur la corrida, qui sans être trop pesants, ne m'ont pas intéressée (il faut dire que je ne suis pas du tout une adepte de cette distraction).
Le livre m'a tout de même donné envie de découvrir l'oeuvre d'Hemingway donc je pense que l'objectif est atteint.

J'ai fait un tableau sur Pinterest avec les principaux protagonistes du roman.

J'ai enfin réussi à trouvé hier Paris est une fête lors d'une petite virée à Paris justement. J'ai lu sa première "vignette" et pour l'instant cela me plaît. Je pense donc que j'en reparlerai bientôt, car j'ai envie de reprendre un peu mon blog en main.

Le billet récapitulatif chez Eliza, des avis chez Titine, Fanny, Delphine, Laure, Malice et Kheira.

Eliza nous avait aussi demandé de partager une de nos photos préférées de Paris. Comme je n'ai pas encore rapatrié toutes mes photos sur mon nouvel ordinateur, j'ai choisi celle-ci parmi les plus récentes. J'ai pris cette photo derrière l'Institut en me rendant au musée Delacroix, il y a un an et demi.


lundi 2 novembre 2015

The making of a lady (ITV)



J'ai vu The making of a lady, il y a quelques temps et j'avais bien aimé ce téléfilm. Il s'agit d'une adaptation du livre The making of a Marchioness de Frances Hodgson Burnett (que j'ai ramené de Londres, il n'existe pas en français). Mais, comme toutes celles qui ont lu le livre avant de voir le téléfilm n'ont pas aimé l'adaptation, j'ai décidé de le revoir une 2e fois avant de lire le livre et de passer (sans doute) du côté de ceux qui ne l'aiment pas.



The making of a lady raconte l'histoire d'Emily Fox Seaton, jeune fille désargentée, qui travaille en tant que dame de compagnie occasionnelle auprès de Lady Maria. Emily espère une position plus régulière mais au contraire, elle se retrouve sans emploi car elle a commis une faute impardonnable : déplacer un carton nominatif sur une table. Emily a fait cela à la demande du neveu de Lady Maria, Lord Walderhurst, qui voulait éviter d'être placé à côté d'une prétendante au mariage
Lord Walderhurst, qui se sent coupable et apprécie Emily, lui propose de l'épouser, car il doit fournir un héritier, sinon le domaine familial reviendra au mouton noir de la famille, son cousin Alec Osborn.
Emily, malgré quelques hésitations, accepte. Lord Walderhurst l'emmène dans son domaine. Lord Walderhurst et Emily apprennent à se découvrir et se rapprochent. Mais Lord Walderhurst est rappelé par son régiment et laisse Emily. Celle-ci se retrouve isolée dans cette grande demeure à la merci d'un couple de domestiques peu aimable. Alec Osborn arrive avec sa femme ce qui permet à Emily de se détendre un peu. Mais elle tombe rapidement malade.


Je vais sans doute me faire huer par les fans du roman de Burnett, mais j'y vois un peu quelque chose de Rebecca dans l'histoire.
Tout d'abord, le côté un peu conte de fées du départ. Une pauvre jeune fille esseulée se marie très vite avec quelqu'un qu'elle connaît mal et qui a des secrets. Elle se retrouve dans une demeure inconnue avec un personnel qui lui est hostile. On lui interdit de s'occuper de quoi que ce soit. La maison possède plein de recoins. On peut aussi se poser la question de savoir si ce qu'elle suspecte est réel ou imaginé (même si on se doute quand même vite de la réponse).
Il y a aussi un peu de Pierre de Lune dans le rapport (peu subtil il faut bien l'avouer) à l'Inde. Mais cela peut se comprendre, vu le contexte de l'époque : l'Inde était toujours une colonie britannique et il y avait peu de personnes pour défendre l'égalité entre colons et colonisés. C'est d'ailleurs bien montré par le personnage de la femme d'Alec qui est totalement rejeté par la famille à cause de ses origines.



J'ai beaucoup aimé les acteurs. Emily est interprétée par Lydia Wilson, actrice qu'on a très peu vue mais qui gagne vraiment à être connue. De même, Lord Walderhurst est joué par Linus Roache que j'ai trouvé plutôt bon. James D'Arcy joue une fois de plus un méchant (je suis d'ailleurs bien contente d'avoir découvert avec Agent Carter qu'il pouvait jouer les gentils). Joanna Lumley (Absolutely Fabulous) incarne à merveille une aristocrate très à cheval sur les statuts sociaux et raciaux dans le rôle de Lady Maria.

Même après un deuxième visionnage, ce téléfilm me plaît toujours. Il ne me reste donc plus qu'à lire le roman pour voir si mon avis va changer.


dimanche 1 novembre 2015

L'art dans tous ses états : le bilan septembre / octobre 2015



Un petit bilan avec des visites d'expositions :

Syl :
Picasso Mania au Grand Palaishttps://sylectures.wordpress.com/2015/10/23/un-automne-a-paris/
Elizabeth Vigée Le Brun au Grand Palais: https://sylectures.wordpress.com/2015/10/23/un-automne-a-paris-2-elisabeth-vigee-le-brun-au-grand-palais/

Titine :
Portraits à la cour des Medicis au musée Jacquemart-André https://plaisirsacultiver.wordpress.com/2015/10/14/portraits-a-la-cour-des-medicis-au-musee-jacquemart-andre/

En rentrant hier chez moi, j'ai eu l'immense plaisir de trouver dans ma boîte aux lettres, une jolie carte de Syl venant de l'exposition Vigée Le Brun. Je la remercie de cette jolie pensée et je l'embrasse très fort !

mercredi 23 septembre 2015

Les Neufs Géants d'Edward Marston (Nicholas Bracewell, Tome 4)



Claire et moi continuons de lire la série d'Edward Marston consacrée au théâtre élisabéthain. Les Neufs Géants est la quatrième aventure de la troupe des Hommes de Westfield.
Voici les premiers billets : La tête de la reine, Les joyeux démons et La route de Jérusalem.

Dans ce nouvel opus, la troupe est menacée car le terrible tenancier de La tête de la reine désire vendre son auberge. Cela signifie donc que la troupe risque de se retrouver sans endroit où jouer.
De plus, l'un des apprentis de Anne, la logeuse et tendre amie de Nicholas a été attaqué. Lawrence Firethorn s'est épris d'une jeune femme qui n'est autre que l'épouse du futur Lord-Maire de Londres. Nicholas découvre un cadavre dans la Tamise.  Notre régisseur préféré voit donc les problèmes s'accumuler.

C'est pour l'instant le tome qui m'a le moins plu. J'ai trouvé l'aspect policier moins intéressant que dans les autres aventures et les liens entre toutes les intrigues sont un peu artificiels.
Mais par contre, c'est toujours un plaisir de retrouver les membres de cette troupe de théâtre. Il y a des scènes hilarantes. Mes préférées sont celles qui concernent le directeur de la troupe Lawrence Firethorn. Le personnage est truculent. Il va par exemple s'engager dans un concours de noms d'oiseaux avec un batelier et il va d'ailleurs être bien aidé par sa femme Margery qui n'a rien à lui envier quand il s'agit d'employer un langage fleuri.
On découvre aussi les rouages de l'élection du Lord Maire de Londres. Même si c'était globalement intéressant, je préfère quand Marston évoque davantage la vie des théâtres élisabéthains.

Je continuerai tout de même la série, car j'aime beaucoup les personnages et j'aimerai savoir ce qu'il va leur arriver.






lundi 14 septembre 2015

Jonathan Strange & Mr Norrell de Susanna Clarke



Il était une fois un gros pavé que j'ai mis beaucoup de temps à lire. Suite à l'annonce de la diffusion de l'adaptation, Lili et moi avons décidé de nous lancer dans cette extravagante aventure de 1144 pages  (et même plus, car il y a de nombreuses notes écrites en très petite police ce qui ajoute à mon avis entre 50 et 100 pages à l'ouvrage). Je l'ai commencé le 18 mai pour le finir le 7 août ! On pourrait croire que si j'ai mis si longtemps à le lire, c'est parce que je ne l'ai pas aimé mais non pas du tout. C'est juste qu'il demande une attention assez importante et que je l'ai laissé de côté quand j'étais fatiguée pour mieux le reprendre et le savourer pendant les vacances.

Angleterre. 1806. La société des magiciens d'York tient sa réunion mensuelle lorsque John Segundus pose une question quasiment révolutionnaire : "Pourquoi n'y a-t-il plus de magiciens en Angleterre ?". Car ces hommes, s'ils se nomment entre eux magiciens, ne font qu'étudier la magie mais ne la pratiquent pas. Segundus va chercher une réponse. Il rencontre alors un étrange personnage, Mr Norrell, qui lui annonce qu'il pratique la magie. La société des magiciens d'York lui demande de le prouver, ce qu'il va faire.

Mais Mr Norrell a un objectif plus ambitieux : il veut participer à la vie politique du pays et aider le gouvernement. Il va d'ailleurs se rapprocher de Sir Walter Pole d'une manière assez fracassante puisqu'il va ressusciter sa fiancée. L'exploit fait gagner une notoriété immense à Norrell mais personne ne sait que, pour le réaliser, il a du passer un pacte avec un mystérieux personnage.

Un autre magicien, Jonathan Strange apparaît et réussit lui aussi à pratiquer la magie. Norrell le considère comme son élève, mais, plus affable que son maître, il gagne plus vite la confiance du gouvernement et est envoyé en mission en Espagne auprès de Wellington pour essayer de combattre les armées napoléoniennes.

Jonathan Strange et Mr Norrell, c'est un peu la querelle des anciens et des modernes. Jonathan Strange veut innover, découvrir des sortilèges anciens et retrouver la magie des origines. Mr Norrell lui, au contraire, refuse les expériences tout en se refusant bien d'expliquer pourquoi à son élève, jusqu'à l'inévitable rupture.

J'ai particulièrement aimé la cohérence de l'univers crée par Susanna Clarke. Elle a inventé toute une histoire de la magie avec de fausses références incroyables (auteur, date de publication, éditeur) et tout un tas d'anecdotes raconté en notes de bas de page (et parfois la note de bas de page prend toute la place !). Cela doit sans doute rebuter un certain nombre de lecteurs, mais j'ai particulièrement aimé cet aspect, tellement l'ampleur de son travail est phénoménal.

J'ai bien aimé notre duo de héros, chacun étant loin d'être parfait, mais tous deux se révélant au final assez touchants. Norrell a un côté pédant qui peut rebuter, mais au final il s'agit plutôt d'une inaptitude totale à vivre en société. Strange est au contraire un peu trop jouette et il est devient parfois agaçant, mais son attitude à la fin du roman l'a racheté à mes yeux. J'ai aussi aimé le personnage complexe de Childermass, le serviteur de Norrell.



Le livre est parsemé de références à la littérature et à la culture de l'époque. Certains personnages historiques ont une place assez importante comme Wellington ou bien encore Lord Byron, dont j'ai beaucoup aimé le portrait fait par l'auteur.
Il y aussi beaucoup d'humour comme dans les extraits que j'ai pris en photo. On ne se roule pas par terre de rire, mais j'ai beaucoup aimé toutes ces petites touches qui viennent éclaircir un récit parfois sombre.



Malgré tous ces bons points, il y a quand même quelques petites choses qui m'ont un tout petit peu moins emballée. Déjà, il est compliqué de lire un livre de 1140 sans trouver quand même quelques longueurs. Les parties sur la guerre en Espagne m'ont plutôt ennuyée, alors que je ne suis pas du genre à bouder les épisodes napoléoniens sauf que là, justement, ça manquait peut-être un peu de batailles et de souffle. J'ai davantage apprécié la description de Waterloo (et surtout une idée bien spéciale pour éviter la bataille).

Au niveau de l'histoire, si j'ai aimé cette opposition entre les magiciens,  j'ai beaucoup moins aimé toute la sous-intrigue qui tourne autour du gentleman aux cheveux d'argent. Il fallait bien un "méchant" dans l'histoire, mais j'ai trouvé les scènes très répétitives pour au final peu de choses.

La fin m'a aussi laissé sur ma faim. J'apprécie, après avoir lu 1140 pages, d'avoir un point final à une histoire, Ce n'est pas le cas ici et cela me laisse toujours un goût d'inachevé. J'ai l'impression d'abandonner les personnages en route et cela me frustre d'autant plus après avoir passé tant de temps avec eux.

Au final, c'est tout de même le plaisir qui l'emporte. Par contre, je ne sais pas si j'aurai un jour le courage de le relire (et puis surtout, il y a tellement de livres à lire). Il paraît que l'adaptation est très réussie, je compte la regarder bientôt.

Le billet de Lili 

Participation au challenge A year in England de Titine




samedi 5 septembre 2015

Créance de sang de Michael Connelly (Terry McCaleb, Tome 1)



J'ai déjà professé mon amour pour Michael Connelly et sa série Harry Bosch. J'ai bien avancé depuis (j'en ai lu 5), mais comme d'habitude, je n'ai pas pris le temps d'écrire de billets. Je lis les Connelly par ordre chronologique d'écriture parce que les différents personnages se croisent très souvent au fil des différentes séries. Créance de sang vient donc s'intercaler au milieu des Bosch.

Ce livre marque notre première rencontre avec Terry McCaleb, ex-agent du FBI, qui a pris une retraite anticipée car il a dû subir une transplantation cardiaque. Suite à un article paru dans les journaux, une femme se présente sur son bateau pour lui demander d'enquêter sur la mort de sa soeur. Terry n'en a pas très envie, mais Graciela lui révèle la raison pour laquelle elle est venue le voir : le coeur qui bat dans sa poitrine est celui de sa soeur, Gloria.

On l'apprend dès le premier chapitre, mais j'ai presque l'impression d'écrire un spoiler tellement cette révélation m'a surprise. Cet aspect change tout. Terry va alors s'engager corps et âme dans la découverte de ce qu'il est arrivé à Gloria. Il ne peut évidemment s'empêcher de penser qu'il lui est redevable, que c'est parce qu'elle est morte qu'il a pu vivre. Il va se jeter dans l'enquête au risque de mettre en péril sa propre santé et de perdre ce don qu'il a reçu.

Pour ce qui est de l'enquête, je peux difficilement vous en dire plus, mis à part que le meurtre qui semblait être un malencontreux accident survenu au cours d'un braquage se retrouve être un assassinat. Connelly maîtrise sur le bout des doigts son intrigue et une fois de plus tous les pièces du puzzle s'emboîtent parfaitement. Je n'ai pas trouvé le coupable avant qu'on me le révèle et j'ai été époustouflée car il y a avait un énorme indice qui aurait dû me crever les yeux à côté duquel je suis totalement passée. De plus, le motif de celui-ci a des répercussions essentielles sur Terry.

Pour les habitués des séries de Connelly, on croise un personnage venu de l'univers de Bosch, la journaliste Keisha Russell. Terry parle de l'avocat Mickey Haller Jr qui a déjà été évoqué auparavant et qui aura ensuite sa propre série (je me demande d'ailleurs si Michael Connelly l'avait déjà prévu à ce moment-là). On évoque aussi les affaires du Poète et celle de Bremmer.

Le seul petit reproche que je pourrais faire est que Connelly aurait pu éviter le énième rebondissement final. Mais j'écris cela à froid, après avoir terminé ma lecture depuis plus d'un mois. Sur le coup, j'étais totalement emportée et cela ne m'a pas dérangée particulièrement.

Je vais évidemment poursuivre ma lecture des différentes séries de Connelly.


Etant donné que j'aime beaucoup Clint Eastwood, j'ai voulu découvrir son adaptation de Créance de sang. Je savais que Michael Connelly avait été déçu par les deux adaptations de ses livres en films (c'est pour cela qu'il s'est impliqué dans la série TV Bosch) et franchement, je comprends pourquoi. Ce n'est pas un mauvais film, je l'aurais d'ailleurs sans doute beaucoup aimé si je ne connaissais pas le livre. Clint Eastwood est un bon Terry McCaleb, mais c'est le scénario qui pêche. Brian Helgeland a voulu simplifier les choses. Il a échangé 2 personnages : Buddy Lockridge devient Jasper "Buddy" Noone et James Noone devient James Lockridge. Si cela ne dit rien a ceux qui n'ont pas lu le livre, je peux vous dire que quand on l'a lu, ça change beaucoup de choses. L'intrigue a été simplifiée alors que ce qui me plaît chez Connelly, c’est justement le fait que les motivations des personnages sont toujours complexes. Sans compter qu'on fait un peu passer Terry pour un idiot puisque c'est un gamin de 7 ans qui lui explique dans une enquête que le "Tueur au code" n'utilise jamais le chiffre 1 (alors que le FBI s'est cassé les dents dessus pendant plusieurs années !). C'est dommage car pour le reste, c'est plutôt fidèle, il y a des dialogues entiers qui correspondent au livre. Je ne comprends vraiment pas pourquoi les personnages ont été inversés, tant qu'à faire, j'aurais préféré qu'ils en inventent un nouveau, plutôt que de les dénaturer.

Première participation au mois américain de Titine



dimanche 30 août 2015

Mrs Dalloway de Virginia Woolf



Ce n'est pas évident d'écrire un avis sur un livre aussi complexe que Mrs Dalloway, surtout quand on n'est pas spécialiste d'analyse littéraire.

C'est un livre qui fait un peu peur. Il se traîne une réputation d'ouvrage difficile à comprendre avec un style très particulier. 
J'ai d'ailleurs hésité pendant plus de 2 ans avant de le découvrir (n'est-ce pas Lili !). Je ne voulais pas qu'il "m’écœure" comme cela semble être parfois le cas pour certains de ses lecteurs. J'ai commencé par me familiariser avec le style de Virginia Woolf avec le recueil de nouvelles Le quatuor à cordes (dont je parlerai peut-être un jour sur le blog, mais j'ai toujours du mal à présenter des nouvelles). Puis, je me suis lancée dans Mrs Dalloway. Je n'ai eu aucun mal à lire et je l'ai terminé en 2 jours (et encore, c'est parce que j'ai dû sortir, sinon j'aurais pu le lire en une journée). 

Le livre raconte l'histoire d'une journée particulière dans la vie des invités de Clarissa Dalloway. Ca a d'ailleurs été ma première surprise car j'ai toujours cru d'après ce qu'on m'avait dit qu'il n'y avait pas d'histoire et que l'on suivait simplement le cheminement de Mrs Dalloway dans Londres. Enfin, simplement c'est vite dit. Si effectivement, on peut prendre un plan de Londres et suivre son parcours géographique, il est un peu plus compliqué de suivre le fil de ses pensées. Personnellement, je n'ai eu aucun mal, étant moi-même une adepte du passage du coq à l'âne, je n'ai jamais été perdue dans ses récits entrecroisés où une image, une personne ou une émotion ramène Clarissa (ou les autres personnages) à un souvenir plus lointain.

Parmi toutes ces histoires, il y en a une qui, pour moi, se distingue particulièrement ; il s'agit de celle de Septimus Warren Smith. Ancien soldat de la Première guerre mondiale (l'action du livre se déroule en juin 1923). il est revenu choqué, déprimé et suicidaire. Sa femme, qui ne sait pas quoi faire pour l'aider, l'envoie consulter des médecins qui ont dû mal à diagnostiquer son état et qui lui préconise du repos en clinique. J'ai trouvé son destin tragique particulièrement bouleversant, d'autant plus qu'il fait écho à celui de Virginia Woolf. Ses descriptions de l'état dépressif sont saisissantes. J'ai lu quelque part que Virginia Woolf avait eu elle aussi l'impression que les oiseaux lui parlaient en grec et elle l'a utilisé dans son roman pour le personnage de Septimus. J'ai été aussi impressionnée par le fait qu'elle analyse si bien les conséquences du conflit sur l'état mental du soldat, alors qu'à l'époque, c'était loin d'être le cas, comme elle le montre clairement par l'intermédiaire des personnages des médecins.

Les autres passages qui m'ont particulièrement plu sont ceux qui concernent Clarissa et Peter, son ancien amour. Chacun pense qu'il connaît l'autre par coeur, mais nous nous rendons compte, en tant que lecteurs, que ce n'est pas du tout le cas, Ils prennent les gestes de l'autre comme des signes de rejet alors qu'en fait chacun se languit d'amour (fantasmé) pour l'autre.

Virginia Woolf évoque aussi le désir qu'a pu ressentir Clarissa pour une autre femme ce qui est quand même un thème particulièrement osé, vu le moment où a été écrit le livre, surtout qu'elle l'évoque comme quelque chose de naturel et non comme quelque chose de scandaleux.

Le livre est aussi une déclaration d'amour à la ville de Londres avec une plaisante balade dans la ville pour ceux qui la connaissent (par exemple un petit passage à Hatchard's) et qui donnent sans doute envie de la découvrir pour les néophytes.

Le livre a failli s'appeler Les Heures et je trouve ce titre plus pertinent que Mrs Dalloway car, même si tous les personnages sont les invités de Clarissa, il y a certains moments où l'on ne parle pas d'elle. Par contre, tout au long du livre, Big Ben rythme les heures de la journée et évoque aussi la fuite du temps, thème récurrent du livre.

Il y a sans aucun doute d'autres thèmes à évoquer (le style ciselé par exemple ou le portrait de Clarissa), mais j'ai choisi de mettre en avant ce qui m'a particulièrement marquée au cours de cette première lecture.
Je pense sans aucun doute que je le relirai car je l'ai lu très rapidement et je n'ai pas vraiment pris le temps de le savourer. Je pense qu'il fait partie des livres dont on découvre d'autres aspects quand on le relit.

Je lirai bientôt Les Heures de Michael Cunningham dont j'avais vu l'adaptation au cinéma. Je pense aussi regarder l'adaptation de Mrs Dalloway avec Vanessa Redgrave et Rupert Graves. Je regarde aussi la mini-série Life in squares mais pour l'instant, je ne suis pas particulièrement emballée.

Lecture commune avec Fanny

Participation au challenge A year in England de Titine 




L'art dans tous ses états : le bilan juillet / août 2015



Voici donc le bilan des mois d'été


Philisine Cave
Une forêt d'arbres creux d'Antoine Choplin http://jemelivre.blogspot.fr/2015/08/une-foret-darbres-creux-dantoine.html

Praline
Le prince foudroyé. La vie de Nicolas de Staël par Laurent Greilsamer : http://pralinerie.blogspot.fr/2015/07/le-prince-foudroye-la-vie-de-nicolas-de.html
Expositions au Centre Pompidou (Le Corbusier, Mona Hatoum,Valérie Belin) : http://pralinerie.blogspot.fr/2015/07/trois-petits-tours-au-centre-pompidou.html

Shelbylee
La femme au tableau : http://shelbyleeisdaydreaming.blogspot.fr/2015/07/la-femme-au-tableau-2015.html

Syl :
Souvenirs en photos de Chaumont, parc et château - Les jardins https://sylectures.wordpress.com/2015/07/15/souvenirs-de-chaumont-parc-et-chateau-2/
Souvenirs en photos de Chaumont, parc et château - Le jardin historique et le château https://sylectures.wordpress.com/2015/07/14/souvenirs-de-chaumont-parc-et-chateau/


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Je suis fière de moi, j'ai mis tous les liens à jour au fur et à mesure (ce qui est clairement un exploit pour moi, en même temps, il n'y en avait pas trop non plus).

Pour vous donner un avant-goût de mes futurs billets, j'ai vu Effie Gray (billet en préparation) et j'ai commencé Une année à Venise de Lauren Elkin (qui rentrera en plus dans le mois américain de Titine). 

samedi 29 août 2015

Dictionnaire d'un amour de David Levithan


J'ai acheté ce livre parce que je trouvais sa forme originale. L'auteur essaye de retracer une histoire d'amour sous la forme d'un dictionnaire, même si les mots ne correspondent pas vraiment à des définitions mais plutôt à des moments, à des petits bouts d'histoire volés au récit d'une relation amoureuse. Ils peuvent être très courts ou beaucoup plus longs (comme dans l'extrait ci-dessous) mais ils ne dépassent pas deux pages.



Mais au moment de ma lecture, je me suis posée des questions. Quels mots anglais pouvaient correspondre à amant et amour autres que lover et love ? J'ai donc téléchargé l'extrait gratuit de la version originale en ebook et toutes mes craintes ont été confirmées : l'éditeur n'a pas respecté l'ordre du dictionnaire mis en place par David Levithan, mais il a utilisé l'ordre alphabétique de la traduction des mots en français !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

On se retrouve donc avec les "définitions" Amant et Amour dans les A, soit tout au début du récit, alors que je suppose qu'ils se situent dans les L dans la version de l'auteur.
Autre exemple, l'entrée "Anthem" qui se situe donc dans les A se retrouve déplacée dans les H pour Hymne dans la version française.
Je suppose qu'il y a d'autres exemples, mais l'extrait gratuit s'arrêtait justement à Anthem.

Evidemment, on pourra toujours dire que vu que l'auteur ne suit pas un récit linéaire, ce n'est pas très grave qu'une entrée se situe à une place ou une autre. Mais j'ose quand même croire qu'il a réfléchi au choix des mots et à l'ordre dans lequel il voulait nous livrer ses informations. Je ressors donc avec l'impression d'avoir lu la version de l'éditeur français (et encore une version dictée par l'ordre alphabétique !) et non pas celle de l'auteur, ce que je trouve particulièrement gênant.

Ce n'était quand même pas sorcier de garder l'ordre des mots en anglais et de mettre entre parenthèses leur traduction en français pour que le récit ne soit pas dénaturé. Je pense que les lecteurs ne sont pas idiots et qu'ils auraient compris ce choix.

Je ressors donc très frustrée de cette lecture. Il va sans dire que ce livre ne fera pas partie de ceux qui resteront dans ma bibliothèque. J'ai tellement l'impression de m'être fait avoir que je n'ai pas envie de découvrir un autre livre de l'auteur (qui pourtant n'y est pour rien).


vendredi 28 août 2015

Londres # 1er jour

Le Gherkin et des grues partout dans la City
Je ne raconte pas trop mes voyages en général, mais comme un certain nombre de personnes m'a demandé ce que j'avais fait à Londres, je me suis dit que cela intéresserait peut-être quelques uns d'entre-vous que je vous raconte mon séjour.

Je suis arrivée vers 13h30 à la gare de St-Pancras. Petit conseil pour tous ceux qui ont déjà une Oyster card, laissez toujours quelques livres dessus, ce qui vous évite de faire une queue abominable à la gare pour la recharger. Comme il me restait 4£, j'ai pu tranquillement rejoindre la station Whitechapel (chez Jack l'Eventreur ^^) et la recharger là-haut, où il n'y avait strictement personne. Après un petit tour à l'hôtel pour déposer ma valise, j'ai commencé mon pèlerinage très littéraire dans Londres.

Photo datant de 2012,
parce qu'il ne faisait pas très beau cette année
Idem 2012 sous le soleil 

Première étape : la cathédrale St Paul. J'en ai déjà fait le tour à de nombreuses reprises, mais je n'étais jamais rentrée à l'intérieur. Ce n'est pas une crise de mysticisme qui m'a donné envie d'y entrer, mais la lecture de la duologie Black-Out et All Clear de Connie Willis dans lesquels la cathédrale a un rôle essentiel et est magnifiquement décrite.
De plus, j'avais vu sur leur site qu'on pouvait transformer son billet en pass annuel. Si je n'étais jamais entrée, c'est aussi parce que le billet coûte 18£ ! Mais comme je dois retourner voir des pièces à Londres en octobre, je suis sûre de le réutiliser.
Et enfin, si on montait tout en haut de la cathédrale cet été, on avait le droit à un beau badge "I did the dome" (on est futile ou on ne l'est pas).



Je voulais absolument voir La lumière du monde de William Holman Hunt qui a une importance vraiment essentielle dans le livre de Connie Willis (et en plus WHH est un préraphaélite). Je me suis donc jetée sur le plan pour le localiser car j'étais arrivée à 15h et qu'il y avait un office annoncé à 16h. Comme je voulais aussi monter tout en haut de la cathédrale, ce qui me laissait peu de temps. Sauf que voilà, je me suis précipitée. J'ai repéré que le tableau se trouvait au n°13 et je n'ai vu qu'un seul n°13, celui de la crypte. J'y suis donc descendue très rapidement. Je croise bien les tombeaux de Wellington et Nelson, mais pas de tableau. Je décide donc de remonter pour avoir le temps de gravir les 528 marches.
Comme on n'a pas le droit de prendre de photos à l'intérieur (plus exactement on a le droit un jour par mois et c'était juste la veille de mon arrivée...), je n'en ai donc pas pris. Il y a un premier palier qui correspond à ce qu'on appelle la galerie des murmures. On se trouve au niveau de la base de la coupole et on peut observer la cathédrale en-dessous. C'est franchement impressionnant.
Ensuite, on monte à l'intérieur de la coupole pour accéder à la vue panoramique sur Londres (il y a 2 niveaux). Comme il ne faisait pas très beau, les photos ne sont pas formidables, mais c'était quand même très chouette de voir Londres d'en haut.



Je redescends donc mes 528 marches et là mauvaise surprise pas de badge à la fin ! En plus, l'office à commencer. Je passe donc discrètement derrière et redescends dans la crypte. Je ne trouve toujours pas la Lumière du monde. Comme le numéro est placé au milieu de l'équivalent du dessous de la nef, je décide de continuer dans le couloir, même si j'ai l'impression que cela correspond à la sortie. C'est effectivement la sortie. Mais au moins, j'arrive à récupérer un badge (d'ailleurs j'aurais pu éviter de monter les marches pour l'avoir^^). Je reste dans le sas de sortie et je m'assois pour regarder à nouveau le plan. Et là je découvre que je suis trop bête, j'ai regardé sur le mauvais plan ! Je rentre donc à nouveau dans la cathédrale, remonte au niveau du rez-de-chaussée pour découvrir qu'ils ont bloqué l'accès au transept ! Transept devant lequel je suis passée pas moins de trois fois et où j'aurais repéré sans souci le tableau si seulement j'avais levé le nez au lieu de courir partout ! Encore heureux que j'ai le pass annuel sinon j'aurais été complètement dégoûtée. J'y retournerais donc, notamment pour voir les tombes des préraphaélites Millais et Holman Hunt (je ne suis d'ailleurs pas sûre qu'il y ait une vraie tombe pour WHH, peut-être seulement une plaque).
Bref, je serai obligée de revenir !


Je remonte ensuite un peu Fleet Street en direction de Covent Garden, mais je fais un petit détour à cause d'un certain panneau qui m'emmène vers ce lieu. Le reconnaissez-vous ?


Il s'agit de l'hôpital St Bartholomew là où s'est déroulée la dernière scène de la saison 2 de Sherlock ! Il est dans un état de délabrement assez avancé, je ne sais pas si on laisserait encore Benedict Cumberbatch monter sur le toit.
C'est assez rigolo parce qu'il se trouve près du Barbican center là où BC joue dans Hamlet (vous pouvez voir une des grandes tours du Barbican sur la photo centrale de la ligne du bas du collage ci-dessous). Il y a aussi une statue d'Henry VIII sur la façade (photo de droite en bas).


Je retourne donc dans Fleet Street, arrive sur le Strand et pars à la recherche de 2 théâtres bien particuliers : le Lyceum et le Théâtre Royal de Drury Lane. Le Lyceum parce que Bram Stoker en a été le directeur financier et que Sir Henry Irving et Ellen Terry y ont joué. Vous pourrez remarquer qu'on y joue plus trop du Shakespeare. Le Théâtre Royal de Drury Lane parce que c'est là que Nell Gwynn y a joué (même si le bâtiment n'est plus le même).



Ensuite, je me suis dirigée vers les magasins : Fopp dans Earlham St pour les dvds et Hatchard's et le Waterstone de Picadilly pour les livres. Enfin, après avoir marché plus de 17 km, le réconfort autour d'un excellent wrap poulat tikka dans Marshall St. J'avais tellement faim que j'ai pris la photo après avoir commencé à manger, le plat était mieux présenté que cela.


Voilà ! Si ça vous intéresse, vous aurez la suite, sinon, vous aurez quand même un jour mon avis sur Hamlet.

samedi 22 août 2015

Mes achats londoniens


Cette semaine, j'ai passé quelques jours à Londres, entre autres pour voir Hamlet avec Benedict Cumberbatch.
Je sais que tout le monde attend que je donne mon avis sur la pièce, mais je vais essayer de mettre un peu mes idées en ordre avant d'écrire un billet. 
En attendant, je vous montre mes achats londoniens. 

Tout d'abord, les livres et dvd. 


Un seul petit dvd, il s'agit d'Effie Gray avec Emma Thompson sur la vie de la femme de John Ruskin qui va  avoir une relation avec John Everett Millais. Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez aller sur Whoopsy. Je compte le voir très vite, normalement ça devrait être ce soir, mais il faudrait que j'arrête de traîner sur le net. 
J'aurais aimé ramener le dvd d'Agatha Raisin et celui de To the ends of the earth avec Benedict Cumberbatch mais je ne les ai pas trouvés. 

Ensuite niveau lecture, j'ai acheté chez Persephone Books The making of a marchioness de Frances Hodgson Burnett, parce que j'avais beaucoup son adaptation The making of a lady. Mais toutes les personnes qui ont lu le roman avant ont détesté l'adaptation. Donc j'ai bien envie de le découvrir. Des avis sur le livre et sur l'adaptation

J'ai craqué pour Frederica de Georgette Heyer qui est censé être l'un de ses meilleurs. Comme je désespère que Milady le traduise, j'ai décidé de le lire en VO (j'avoue la couverture n'y est pas pour rien). Mon billet sur Un mariage de convenance avec des avis sur les Georgette Heyer que j'ai lus. 

J'ai aussi décidé d'acheter la version originale de Winter de Christopher Nicholson sur Thomas Hardy. Contrairement à tous les autres livres que j'ai achetés, il y aura une version française le 8 octobre aux éditions du Quai Voltaire. Des infos sur le livre

J'ai repéré Curtain Call d'Anthony Quinn chez Emy. Londres, les années 30, le monde du théâtre... J'ai lu les premières pages qui sont délicieuses. Je compte le dévorer très vite. 

Les deux autres livres sont des policiers historiques qui se déroulent pendant la période de la Restauration (une de mes périodes historiques favorites). The King's evil (qu'on pourrait traduire par le toucher des écrouelles) est le premier tome d'une série d'Edward Marston (dont j'adore son autre série qui se déroule à l'époque élisabéthaine). Blood on the Strand de Susanna Gregory est le 2e tome d'une série dont je suis en train de terminer le premier volume à l'heure actuelle, je pense donc vous en reparler bientôt. 

J'ai aussi découvert la chaîne de magasins Wilko, qui sont un peu l'équivalent de Hema, où j'ai trouvé quelques articles de papeterie sympathiques. 




J'ai aussi enfin ramené un mug Everybody dies sur les pièces de Shakespeare, mais j'ai oublié de le prendre en photo. 

A bientôt pour de nouvelles aventures... 

samedi 15 août 2015

Dominion de CJ Sansom


J'ai découvert CJ Sansom avec la série des Matthew Shardlake qui se déroule en Angleterre sous le règne d'Henri VIII. J'ai adoré le premier tome, dont je ne désespère pas un jour de parler sur mon blog, surtout que je compte lire le tome suivant bientôt.

Quand j'ai vu que Dominion était sorti en poche, je l'ai tout de suite acheté. Il nous entraîne dans un univers totalement différent puisqu'il s'agit d'une uchronie qui se déroule en 1952 alors que le Royaume-Uni a signé un traité de paix avec l'Allemagne en 1940 et collabore depuis avec le régime hitlérien. Le principe du "Que se serait-il passé si l'Allemagne avait gagné la Deuxième Guerre mondiale ?" m'attire beaucoup depuis que j'ai vu le pilote de la série The Man in the High Castle (d'ailleurs l'ensemble de la première saison sera enfin disponible le 20 novembre).

Il y a un prologue très intéressant qui revient sur le 9 mai 1940, la veille de l'annonce de la démission de Chamberlain. Il y avait 2 candidats possibles : lord Halifax et Winston Churchill. On sait que Churchill lui a succédé, mais dans cette réalité alternative, c'est lord Halifax qui devient Prime Minister et qui s'empresse de signer un accord avec l'Allemagne.

Les évènements se déroulent en 1952. Beaverbrook est Premier Ministre et Oswald Mosley est ministre de l'Intérieur. Le parti de Churchill est interdit depuis 1950. Il est le leader de la résistance et lutte contre le régime en place. Le Royaume-Uni doit faire face à des troubles incéssants en Inde. La guerre entre l'Allemagne et l'URSS dure depuis 11 ans sans qu'un vainqueur se dessine. Des rumeurs courent sur le fait qu'Hitler serait gravement malade. De plus en plus d'actes de résistance ont lieu contre l'empire nazi, en particulier en Angleterre.

David Fitzgerald, fonctionnaire au Dominion Office, s'est engagé dans la Résistance. Il doit principalement transmettre des informations sur ce qui se passe dans certains dominions. Mais il va être obligé d'avoir un rôle plus actif car l'un de ses anciens camarades d'Oxford doit être exfiltré vers les Etats-Unis car il détient des secrets essentiels. Le problème est qu'il est interné dans un asile. David doit donc permettre de le rassurer avant son évacuation.

J'ai beaucoup aimé toute la première moitié du livre. Elle nous explique ce qu'il s'est passé après la guerre. On voit David dans ses missions de renseignements qui, même si elles sont simples, nécessitent quand même beaucoup de mensonges et de manipulation. On découvre son réseau. En parallèle, on découvre la vie de son ami Frank Muncaster et les conditions (atroces) de vie dans les asiles psychiatriques de l'époque.
La politique de la collaboration franchit une étape quand le Royaume-Uni décide d'organiser la rafle et la déportation des populations juives britanniques. Il y a une scène très poignante au moment du passage d'un de ces groupes de déportés dans Londres.

Mais j'ai eu plus de difficultés avec la deuxième partie du livre. David est répéré. Il va donc fuir et devoir tout abandonné. Alors que ce devrait être le moment où tout s'accélère, le rythme ralentit. On s'attarde sur ses problèmes matrimoniaux (sa femme ne savait pas qu'il était espion et pensait qu'il avait une maîtresse). Il y a tout au long du livre de nombreux flash-backs dont certains ne sont pas forcément utiles (par exemple à ceux qui concernent la vie de l'agent allemand qui est à leurs trousses). Les aspects politiques sont mis de côté alors que c'est ce qui m'intéressait le plus. C'est d'autant plus dommage qu'à la fin du roman, l'auteur a écrit une note historique très intéressantes, notamment sur la façon de choisir les personnages historiques qui allaient devenir les collaborateurs dans son roman.
De plus, le sort des personnages (fictifs) n'est pas totalement déterminé, ce que je trouve très frustrant. J'ai d'ailleurs remarqué que c'était très fréquent dans les ouvrages de près de 1000 pages, comme si l'auteur n'arrivait pas vraiment mettre un terme définitif à son livre (ce qui peut se comprendre après y avoir passé autant de temps).

Même si je ne regrette pas ma lecture, je trouve que la deuxième partie du livre aurait gagné en efficacité si l'action avait été plus resserrée.

J'ai dans ma PAL deux autres uchronies sur la Seconde Guerre mondiale : Fatherland de Robert Harris et Le faiseur d'histoire de Stephen Fry que je compte lire bientôt.

4e  participation au challenge A year in England





jeudi 23 juillet 2015

La femme au tableau (2015)



Ce film est sorti la semaine dernière et raconte l'histoire extraordinaire du portrait d'Adele Bloch-Bauer peint par Gustav Klimt.

Maria Altmann (Helen Mirren) s'adresse au fils d'une de ses amies qui est avocat (Ryan Reynolds) pour savoir si elle a une chance de récupérer les tableaux familiaux qui ont été saisis par les nazis, en particulier le portrait de sa tante Adele qui a été réalisé par Gustav Klimt. Le problème est que le tableau est une des oeuvres les plus célèbres d'Autriche. S'engage alors un bras de fer législatif qui va durer pendant plusieurs années.

Si le film est très classique dans sa réalisation, l'histoire de ce tableau est réellement passionnante. Il y a de nombreux flashbacks qui nous présentent la vie à Vienne du début du siècle jusqu'à l'Anschluss et la fuite de certains juifs dont Maria Altmann.

La question de la restitution des oeuvres d'art qui ont été spoliées pendant la Seconde Guerre mondiale est très intéressante et le film montre bien comment les autorités autrichiennes ont tentés de repousser toutes les tentatives entreprises par Maria et son avocat.

La question de la mémoire et de la recherche de ses origines est traitée d'une manière très hollywoodienne et manque selon moi un peu de subtilité [surtout en comparaison de l'excellentissime Labyrinthe du silence qui est sorti un peu plus tôt cette année et qui traitait de cet aspect avec nettement plus de finesse].

Comme à son habitude, Helen Mirren est formidable. Elle n'en fait jamais trop, notamment dans les scènes émouvantes. Son personnage a des répliques bien senties qui sont assez drôles. Ryan Reynolds est assez transparent en comparaison, tout en sachant que je l'ai vu en VF et que j'ai du mal avec son doubleur. De plus, le rôle de l'avocat dans les films de procès est assez stéréotypé (il y va pour l'argent, puis il se bat pour une cause) et n'offre guère de surprise ici. Dans le rôle de l'allemand de service (même si ici il joue un autrichien), on retrouve l'omniprésent Daniel Brühl (j'ai parfois l'impression qu'il n'existe qu'un seul acteur allemand, même si ke l'apprécie).

J'ai beaucoup aimé les acteurs de la période autrichienne. Antje Traue ressemble énormément au portrait d'Adele, on pourrait croire que c'est le sien. Tatiana Maslany qui joue Maria jeune est assez touchante. Son mari est interprété par un de mes chouchous, Max Irons (le fils de Jeremy), même si cela fait un peu bizarre de le voir s'exprimer en allemand (les passages en allemand n'ont pas été doublés, ce qui est une très bonne idée).

Même si le film n'est pas un chef d'oeuvre, l'histoire qu'il raconte est absolument passionnante pour ceux qui aiment les oeuvres de Klimt.


mardi 21 juillet 2015

L'art dans tous ses états version 2015



J'avoue ne pas avoir été du tout à jour dans mon propre challenge depuis un certain temps et même un temps certain. Je n'avais plus trop le temps de m'en occuper (ni même d'écrire des billets) mais je n'avais pas envie de l'abandonner totalement non plus.

Je profite de la trêve estivale et de mon rythme hallucinant d'un billet par jour pour relancer le challenge dans les 6 prochains mois.
Je préfère viser petit et tenir plutôt que de faire une version illimitée.
De plus, comme tout le monde a été bien discipliné lors du mois anglais, j'ai crée un document dans le groupe du challenge pour que vous déposiez les liens ce qui me permettra de faire plus facilement des bilans (idée qui m'a été suggérée par Praline).

J'ai fait un nouveau logo. Si vous ne savez pas pourquoi j'ai utilisé ce tableau de Klimt, vous le saurez bientôt...

Je rappelle le principe du challenge

J'adore l'art, j'adore les livres qui en parlent que ce soit sous la forme de romans ou bien d'ouvrages théoriques et j'adore voir des expositions. 
Mais qu'entends-je par "art"? J'ai choisi de ne retenir que 3 formes d'art : la peinture, la sculpture et l'architecture.Sont exclus : la littérature, le cinéma, la musique, la danse, la poésie, non pas évidemment parce que ce ne sont pas des arts, mais parce qu'ils méritent des challenges particuliers (qui pour certains existent déjà).
Voici quelques pistes  :
  • les romans historiques dont le sujet est un peintre (La passion Lippi de Sophie Chauveau), un tableau (La tempête de Juan Manuel de Prada), un modèle (La jeune fille à la perle de Tracy Chevalier), voire même un tableau qui n'a jamais existé (Les onze de Pierre Michon) 
  • les romans sur les métiers liés (restaurateur, marchand d'art, conservateur...) : la série des Jonathan Argyll chez Iain Pears, la série des Pénélope Breuil chez Adrien Goetz, la série sur la fondation Stern de Raphaël Cardetti...
  • les romans bizarroïdes inclassables : les Dan Brown 
  • les ouvrages théoriques sur l'art : étude d'un mouvement artistique, biographie, monographie, décryptage d'un tableau...cela va des Taschen aux Citadelles & Mazenod
  • les billets sur les expositions que vous aurez visitées avec (ou pas) des billets sur les hors-série qui sortent sur ces expositions (chez Beaux-Arts Magazine par exemple) ou sur les catalogues d'exposition  
  • les films et les séries TV sur les artistes et les mouvements artistiques : Klimt de Raoul Ruiz, Van Goghde Maurice Pialet, La jeune fille à la perle de Peter Webber, la série Desperate Romantics de la BBC sur les Préraphaélites...


Vous pouvez vous inscrire ou vous réinscrire. Il y aura un bilan mensuel (le premier sera à la fin du mois d'août).

Les participantes :

Eimelle

Maggie

Mrs Figg

Natacha (Tachas)

Praline
Le prince foudroyé. La vie de Nicolas de Staël par Laurent Greilsamerhttp://pralinerie.blogspot.fr/2015/07/le-prince-foudroye-la-vie-de-nicolas-de.html
Expositions au Centre Pompidou (Le Corbusier, Mona Hatoum,Valérie Belin) : http://pralinerie.blogspot.fr/2015/07/trois-petits-tours-au-centre-pompidou.html


Shelbylee
La femme au tableau : http://shelbyleeisdaydreaming.blogspot.fr/2015/07/la-femme-au-tableau-2015.html

Syl :
Souvenirs en photos de Chaumont, parc et château - Les jardins https://sylectures.wordpress.com/2015/07/15/souvenirs-de-chaumont-parc-et-chateau-2/
Souvenirs en photos de Chaumont, parc et château - Le jardin historique et le château https://sylectures.wordpress.com/2015/07/14/souvenirs-de-chaumont-parc-et-chateau/

Titine

lundi 20 juillet 2015

Agatha Raisin and the vicious vet de MC Beaton (Agatha Raisin, Tome 2)



Avant-propos : J'ai lu et aimé le tome 1 de la série en janvier. J'ai ensuite enchaîné avec son adaptation que j'ai beaucoup aimée. La semaine dernière, Sky 1 a enfin annoncé que la série était renouvelée pour 8 épisodes qui sont autant de livres qui vont être adaptés. Cela m'a donc donné envie de reprendre cette sympathique série, histoire d'avoir lu tous les volumes correspondant à la nouvelle saison avant qu'elle soit diffusée (pas de date pour l'instant).

Mon résumé : Un séduisant vétérinaire vient s'installer dans le village de Carsely et met en émoi la population féminine. De nombreux animaux se trouvent emmenés de toute urgence chez le vétérinaire dans le seul but de l'apercevoir, surtout que celui-ci joue de son charme auprès des femmes. Par contre, il est un peu brusque avec les animaux, ce qui fait que la clientèle déchante rapidement. Le séducteur est retrouvé mort dans une écurie alors qu'il donnait des soins à un cheval. L'enquête conclut à un accident mais Agatha Raisin pense que de nombreuses personnes avaient de bonnes raisons de tuer le vétérinaire. Elle va une nouvelle fois se mettre à poser beaucoup de questions, aidée par un allié plutôt inattendu...son séduisant voisin, James Lacey.

Mon avis : MC Beaton est un auteur qui réussit à me surprendre, pas forcément par ses intrigues policières, mais par ses personnages qui font tout le sel de l'histoire, à commencer par Agatha.
Le livre commence à son retour des Bahamas où elle est partie en vacances uniquement parce qu'elle pensait que son sémillant voisin James Lacey y partait aussi. Mais celui-ci, apprenant qu'Agatha avait prévu d'y aller, a changé sa destination au dernier moment et est parti en Egypte.
En lisant cela, je me suis dit qu'Agatha allait quand même un peu trop loin dans le côté obsessif et que je n'étais pas sûre d'apprécier. Mais MC Beaton est pleine de ressources puisque au lieu de continuer sur cette lancée, Agatha va cesser de poursuivre James de ses assiduités et s'intéresser d'un peu plus près au nouveau vétérinaire.
Selon le bon vieux principe du "Suis-moi, je te fuis, fuis-moi, je te suis" c'est James qui va se mettre à débarquer chez elle sans trop de raisons surtout qu'ils ont un intérêt commun : enquêter sur la mort du vétérinaire.

C'est le fait de suivre cette paire détonante qui fait tout l'intérêt de ce 2e opus. Plus Agatha joue l'indifférence, plus James passe du temps avec elle, même si pour lui, il est hors de question d'entretenir une relation amoureuse, ce qui donne un côté très comique à l'affaire mais aussi parfois un peu triste parce qu'on se dit qu'Agatha ne mérite pas cela.
On découvre un James un peu moins lisse que l'on pensait puisqu'il n'hésite pas à entrer par effraction dans un bâtiment pour obtenir des preuves.

Je regrette un peu que l'ambiance de village soit un peu moins mise en avant dans cette aventure que dans le 1, même si on retrouve certains personnages en particulier Bill Wong et Mrs Bloxby.
L'enquête policière, sans être des plus audacieuses est tout de même bien menée. Je n'avais pas trouvé le coupable avant qu'il soit découvert.

En quelques mots : Même si ce ne sont pas les enquêtes du siècle, j'aime beaucoup le personnage d'Agatha. J'en ai d'ailleurs lu 2 autres depuis.

3e participation au challenge de Titine A year in England



samedi 18 juillet 2015

Un mariage de convenance de Georgette Heyer



Avant-propos : J'aime beaucoup les Georgette Heyer, même s'ils ne se valent pas tous. J'avais aimé Les fourberies de l'amour, même si mon préféré reste à ce jour Cotillon. Milady en a réédité 2 récemment L'éventail et l'épée (pour lesquels les avis sont un peu mitigés donc j'attends de le trouver d'occasion) et donc Un mariage de convenance sur lequel je me suis jetée à sa sortie.

Mon résumé : Elizabeth Winwood doit épouser lord Drelincourt, comte de Rule. Ce n'est pas un mariage d'amour, mais bien un mariage de convenance car la famille Elizabeth est endettée. Mais en réalité Elizabeth aime Mr Héron, un jeune homme désargenté. Horatia, la plus jeune soeur d'Elizabeth supporte mal cette situation et promet de tout faire pour les aider.

Mon avis : Ce que j'aime chez Georgette Heyer, c'est que ses intrigues prennent souvent des directions inattendues. A la lecture du premier chapitre du livre (qui correspond à mon résumé), je me suis dit que le livre allait raconter les différents stratagèmes utilisés pour faire triompher l'amour à la place du mariage de raison entre Elizabeth, Héron et lord Rule. Pas du tout ! Cette question est résolue dès le deuxième chapitre puisque Horatia va aller proposer à lord Rule de l'épouser à la place de sa soeur ! On n'entendra d'ailleurs plus trop parler d'Elizabeth.

Celles qui attendent une histoire romantique risquent d'être plutôt déçues car Horatia déclare à lord Rule qu'elle ne se mêlera pas trop de sa vie et que ce n'est qu'un mariage de convenance. Même si au final nos deux héros vont se retrouver, ils passent très peu de temps ensemble dans ce livre.

On plonge plutôt dans un récit d'aventures puisque l'on a droit à des duels, des braquages, des bandits de grand chemin, un cousin qui rêve d'hériter, une maîtresse qui ne veut pas céder sa place, un débauché prêt à tout mettre dans son lit Horatia et se venger de lord Rule.  Même si certaines péripéties sont peu crédibles, on est emporté par le rythme échevelé du récit.

Horatia (qui tient son prénom de son parrain Horace Walpole^^) est très drôle au début car elle fait les choses naïvement et se retrouve dans des situations impossibles. Elle peut agacer un peu ensuite car elle semble plus écervelée qu'au départ, mais je trouve qu'elle a un bon fond, ce qui permet de sauver le personnage.
Lord Rule est très flegmatique. On a presque l'impression qu'il est un peu idiot au départ, mais c'est pour mieux cacher son jeu et surprendre certains de ses adversaires.
Georgette Heyer réussit très souvent ses personnages secondaires et c'est encore une fois le cas ici  avec un duo impayable en la personne du frère d'Horatia, Pelham et de son meilleur ami Sir Roland Pommeroy. Ils vont tout faire pour aider Horatia, mais bien souvent ils vont plutôt aggraver la situation.

Je ne sais pas si c'est moi qui vois des allusions à Jane Austen partout mais j'ai eu l'impression d'en voir un certain nombre dans cette histoire : la soeur d'Horatia qui s'appelle Elizabeth, un Dashwood qui traîne, le fait qu'Elizabeth ne puisse pas épouser Héron qui rêve de devenir capitaine, le fait que qu'il est arrivé à la soeur de Rule quasiment la même chose qu'à Georgiana Darcy...

En quelques mots : Un récit divertissant. Même si l'histoire n'est pas inoubliable, on passe un bon moment en le lisant. Mon préféré reste toujours Cotillon, mais j'ai hâte de lire un autre ouvrage de l'auteur. J'aimerais que Milady traduise ceux qui sont les mieux notés sur Goodreads !

2e participation au challenge A year in England de Titine.


vendredi 17 juillet 2015

Journal d'une courtisane de Priya Parmar



Avant-propos : La Restauration est l'une de mes périodes historiques préférées et je n'ai pas pu résister à la tentation quand j'ai vu que ce livre était paru en poche puisqu'il raconte l'histoire de Nell Gwynn, l'une des très nombreuses maîtresses de Charles II.

Mon résumé : De 1662 à 1670, Nell Gwynn confie ses espoirs journal intime alors qu'elle n'est qu'une jeune marchande d’huîtres.

Mon avis : Le principal problème du livre est qu'il est composé sous la forme d'un journal intime, auquel viendront se joindre quelques lettres envoyées à Nell et bizarrement la correspondance entre le roi, sa soeur et sa mère. Ce n'est pas vraiment une forme qui s'adapte bien à un récit historique surtout que le style employé ici est peu soutenu (Nell a 12 ans au début du journal et 20 à la fin du livre) et plutôt dans une langue modernisée. Les sujets de discussion des lettres royales sont parfois un peu surprenant comme le fait que Charles évoque sa nuit de noces dans sa correspondance avec sa soeur en disant qu'il a essayé de ne pas faire mal à la reine comme sa soeur le lui avait conseillé. Cela ne m'a pas semblé être un sujet de discussion particulièrement royal (je précise tout de même qu'il ne lui dit que cela, on ne tombe pas dans le graveleux).
Ce qui ressort du portrait dressé par l'auteur est que Nell Gwynn était gentille et amoureuse du roi. Je pense qu'il doit y avoir quand même un peu plus à broder que cela autour du personnage.

La bonne surprise est que le livre se concentre principalement sur la carrière théâtrale de Nell et non pas sur son rôle de maîtresse royale. On entre dans le Theatre Royal de Drury Lane (qui existe encore aujourd'hui) et dans la compagnie de Thomas Killigrew avec des acteurs aussi célèbres que Edward Kynaston et Margaret Hughes (héros de Stage Beauty dont l'histoire est ici bien différente). On rencontre les auteurs John Dryden et Aphra Behn (considérée comme l'une des premières femmes de lettres professionnelles anglaises - dont Virginia Woolf dit "All women together ought to let flowers fall upon the tomb of Aphra Behn which is, most scandalously but rather appropriately, in Westminster Abbey, for it was she who earned them the right to speak their minds."). Autour d'eux gravitent les hommes les plus sulfureux de la Restauration comme le duc de Buckingham et le comte de Rochester. Même si ces aspects sont intéressants, je ressors un peu frustrée car les représentations théâtrales ne sont pas vraiment mises au premier plan (contrairement par exemple à l'excellente série d'Edward Marston sur le théâtre élisabéthain). L'auteur se concentre plus sur les relations entre les personnages, le problème étant bien entendu qu'elle imagine des degrés d'intimité qui n'existaient peut-être pas (Edward Kynaston est considéré comme le confident de Nell).

Le livre se concentre sur une période assez courte, celle de la carrière de Nell. Le livre se termine sur ses adieux avec ensuite un épilogue qui se déroule 17 ans plus tard, à sa mort. J'aime bien, quand je lis une biographie romancée, suivre le personnage jusqu'à la fin de sa vie et ne pas avoir l'impression de le laisser en cours de route. Le titre anglais "Exit the actress" rendait compte de ce fait, mais pas le titre français. Je trouve dommage de ne pas évoquer la moitié de la vie de Nell. Surtout que cela donne au livre une fin un peu à l'eau de rose puisque Nell a un enfant du roi, qu'elle amoureuse de lui et on nous dit qu'il ne couche plus avec personne d'autres. C'est sur que s'il avait fallu continuer à raconter sa vie, l'auteur n'aurait pas pu terminer sur un happy-end.

En quelques mots : Une version très romancée de la vie de Nell Gwynn qui rend compte de l'effervescence et de la richesse culturelle de l'époque de la Restauration mais qui reste un peu trop en surface. Cela peut-être une porte d'entrée si on ne connaît pas cette période, mais sinon il laisse un peu sur sa faim.

A noter que l'auteur que l'auteur a récidivé puisque son nouveau livre Vanessa and her sister (Vanessa Bell et Virginia Woolf) est aussi rédigé sous la forme d'un journal.

Sinon, j'ai fait un tableau sur Pinterest avec les principaux personnages.

Il s'agit de ma première participation au challenge de Titine A year in England.