dimanche 17 novembre 2013

Ainsi puis-je mourir de Viviane Moore

"Même en fuyant l'on est pris ; Ce qui me donne la vie me cause la mort ; Les deux n'en font qu'un ; Ainsi puis-je mourir..." Maxime gravée sur le linteau de la cheminée du château de Tourlaville.

Avant-propos : Je connais (et j'apprécie) Viviane Moore grâce à ses romans médiévaux . J'avais repéré ce livre dont le thème changeait un peu dès sa sortie en grand format. Je l'ai acheté en poche hier et je l'ai déjà fini (vous pouvez donc en déduire qu'il m'a plu).

Mon résumé : Gabrielle Dancel, écrivain, revient de sa lune de miel avec Philip Sedley. Ils emménagent dans le château de Tourlaville, demeure qui a connu bien des drames au cours des siècles, notamment celui de Julien et Marguerite de Ravelet dont Gabrielle décide d'écrire l'histoire. Mais rapidement Gabrielle découvre que son mari lui a caché bien des secrets...

Mon avis : Ce que j'ai le plus apprécié dans le livre, c'est l'ambiance étouffante que met en place Viviane Moore. Gabrielle est une jeune femme qui s'est mariée rapidement (un mois après sa rencontre avec son mari). Elle a toujours aimé ce château de Tourlaville et a rêvé d'y habiter. Son mariage lui semble un conte de fées dans les premiers temps, mais quand elle emménage dans le château, elle découvre que son mari emploie une inquiétante gouvernante ainsi que bon nombre de domestiques. Elle apprend aussi qu'ils vont faire chambre à part (alors qu'ils vivent au début du XXIe siècle). La demeure l'angoisse, surtout quand elle se retrouve seule la nuit avec ses craquements. Tous ces éléments m'ont fait penser à Rebecca de Daphné Du Maurier (que je n'ai pas lu).
Gabrielle tente de passer au-dessus de tous ses éléments et de s'adapter, surtout qu'elle-même cache bon nombre de secrets à son mari. Elle se plonge dans l'écriture de l'histoire (véridique) de Julien et Marguerite de Ravelet qui ont vécu sous Henri IV et dont l'histoire va peu à peu sembler faire cruellement écho à la vie de Gabrielle. Devient-elle paranoïaque ou bien son mari est-il vraiment un homme dangereux ?
Au début du roman, les éléments sont un peu longs à se mettre en place, mais rapidement nous sommes plongés dans 2 histoires que l'on n'a plus du tout envie de lâcher avant de connaître le dénouement final de chacune d'entre elles [et même quand on le connaît (je savais comment cela se finissait pour Julien et Marguerite)].
J'ai aimé la finesse de l'auteure sur un sujet extrêmement glissant (l'inceste). Elle ne condamne jamais les sentiments de Julien et surtout ceux de Marguerite (sans les approuver bien évidemment), mais s'en sert pour évoquer le destin cruel de cette jeune fille (mariée à 13 ans à un homme qui la battait) et sauvée de cette emprise à 16 ans par son frère. On comprend qu'elle puisse éprouver des sentiments extrêmement intenses pour lui qu'elle niera d'ailleurs avec force. Leur destin est vraiment émouvant et a déjà inspiré Barbey D'Aurevilly.
J'ai aussi aimé les nombreuses références à la littérature que ce soit celle du XVIe siècle Amadis de Gaule ou bien une très belle allusion au Horla de Maupassant, ainsi que des références plus contemporaines.

En quelques mots : Après un début un peu lent, l'atmosphère de secrets et de mystères nous emporte jusqu'aux dénouements des 2 histoires qui sont particulièrement émouvants. Je suis au bord du coup de coeur.

Et après ? : Cela donne évidemment envie de visiter le château de Tourlaville (ou des Ravalet) près de Cherbourg qui a aussi appartenu à la famille de Tocqueville. Et je pense enfin lire Rebecca.

mardi 12 novembre 2013

Du tag (s)

Il y a quelques mois (août), j'ai été taguée par un certain nombre de blogueuses et j'ai reçu des versatiles award et autres tag des 11 questions. J'avais dit que j'y répondrais, mais je n'ai pas eu le temps. Voici avec un peu beaucoup de retard mes réponses pour Camille, Noctembule, La Lyre et Romanza (mais elle ne m'avait pas posé de questions). 


Sept révélations ébouriffantes. (Le versatile demandait 7 révélations, le tag des 11, 11, mais bon comme j'en ai déjà fait un certain nombre et que je n'ai pas eu 11 idées, je reste à 7...)
1. J'aime faire des puzzles (spéciale dédicace). 
2. Mon appareil photo s'est suicidé et je suis en manque. Je pense que je vais en acheter un vendredi.
3. Samedi, je vais à Paris pour enfin voir Désirs et voluptés (l'expo pour ceux qui ne suivraient pas) et plus si affinités (je parle d'autres expos, si j'ai le temps). 
4. Je me prépare psychologiquement à la présence de gens lors d'une exposition (encore plus parisienne). J'aimerais être toute seule quand je visite les expos. 
5. Je songe à m'acheter un logiciel de reconnaissance vocale pour dicter mes billets de blog (entre autre) parce que même si je tape relativement vite, les démos que j'ai vues sont impressionnantes. Peut-être y aura-t-il plus de billets alors ! 
6. En ce moment, je n'ai pas trop le temps de laisser des commentaires sur les blogs. Je continue de venir et de vous lire toutefois. 
7. Je me rends compte que je vieillis parce que j'oublie des choses. J'avais une excellente mémoire, je n'oubliais presque rien. Et maintenant, je rame pour retrouver le nom d'un auteur, d'un acteur, les dates anniversaires de mes proches, me souvenir si ce livre ou ce dvd je l'ai déjà...

Les questions de Camille :

1. A quelle fréquence consultes-tu ton blog et les articles des copines?
Tous les jours, plusieurs fois par jour. Je n'allume pas l'ordi le matin avant de partir au boulot (pas le temps), mais c'est la première chose que je fais quand je rentre. Je regarde facebook sur mon tel, mais je ne peux pas vraiment pour les blogs, en tout cas, je ne peux pas commenter depuis mon tel (il est vieux, il a au moins 3 ans^^)
2. Quels sont tes autres loisirs?
Le cinéma, les séries TV, l'art.
3. Imagine que tu peux faire ressusciter deux auteurs morts; qui sont-ils?
William S pour voir en lui parlant si c'est bien lui qui a écrit ses pièces ;-) et lui dire à quelle point elles me bouleversent. Jane Austen pour lui dire qu'elle est devenue l'une des auteures les plus célèbres au monde et qu'elle a inventé le fantasme de beaucoup de femmes. Et notre Charlie aussi ce serait bien. Et les soeurs Brontë en particulier Emily pour savoir d'où lui vient toute cette violence.
4. Est-ce que les écrivains d’aujourd’hui te transportent davantage que les auteurs d’hier?
Mon coeur penche pour les morts^^ Mais il y a toujours des exceptions à la règle et encore heureux, je fais parfois de très bonnes découvertes parmi les contemporains. Mais rarement chez les auteurs français à quelques exceptions près (JM Erre, Carole Martinez pour ne citer que 2 de mes coups de coeur de l'an dernier).
5. Quel est-pour le moment- ton livre préféré de l’année 2013?
Dark Island de Vita Sackville-West car c'était une rencontre totalement inattendue. Et Le Grand livre de Connie Willis. Et plus classiquement De grandes espérances, Hamlet et Richard III (comment ça t'avais pas dit 5 ? ^^)
6. Et celui que tu n’as pas aimé?
Je ne colle pas beaucoup de 1/5 en note pour les livres mais 2 y ont eu droit cette année : Coup de foudre à Austenland de Shannon Hale et La fille du temps de Joséphine Tey.
7. Si tu tombes sur un navet, es-tu du genre à jeter le livre à la poubelle?
Non, j'évite, je respecte l'objet. En plus pour les deux ci-dessus, le Hale était sur ma liseuse et le Tey était un emprunt biblio.
8. Quels sont les ingrédients indispensables pour qu’un livre te plaise?
Qu'il me surprenne. Qu'il ne corresponde pas à l'idée que je m'en étais fait. Ou à l'inverse pour une série, que les personnages ne changent pas trop et que j'aie l'impression de retrouver de vieilles connaissances.
9. Tu préfères te retrouver sur île avec Anne Perry ou Agatha Christie?
Je dirais Anne Perry parce que je n'ai jamais été fan d'Agatha Christie. Avec Anne, on parlerait de l'époque victorienne tous les jours, ce serait fun.
10. Tu es invitée à une soirée, tu ne peux pas refuser, et tu te demandes si tu ne vas pas perdre ton temps; prends-tu un livre au cas où?
J'adore le fait que tu te poses cette question. Je ne prendrais pas un livre, mais je prendrais mon kindle. Après oserai-je le sortir ?...Il faudrait vraiment que je m'ennuie beaucoup.
11. Imagine qu’Internet disparaît de la Terre, black out total, bref, c’est la fin des blogs. Que fais-tu?
Je pense que du coup il y aura quand même des problèmes un peu plus urgent à régler^^ Comment vivre sans électricité / chauffage / frigo...

Les questions de Noctembule

1) Quel est ton premier souvenir de lecture?
Aller à ma bibliothèque de quartier chercher des livres et qu'on me tamponne les vieilles fiches bristol pour dire que je les avais empruntés.
2) Quel livre offriras-tu à quelqu’un qui n’aime pas trop lire et que tu as vraiment aimé?
Je choisis toujours des livres en fonction des centres d'intérêt des personnes. S'ils aiment le cinéma, je leur demanderai quel est leur film préféré et à partir de là, je trouverai un livre en rapport.
3) Vas-tu emprunter des livres à la médiathèque?
Oui, c'est redevenu une drogue. Je dois faire beaucoup de kilomètres pour y aller (une centaine) et j'en emprunte beaucoup trop. Et du coup, j'achète beaucoup moins de livres (ce qui est bien pour mon porte-monnaie et mon appart, moins bien pour l'économie du livre)
4) Qu’est ce qui t’a donné envie de créer un blog autour de tes lectures?
De lire les autres blogs littéraires et de vouloir partager mes lectures avec ces personnes qui semblaient avoir les mêmes goûts que moi.
5) Comment choisis-tu tes lectures?
Beaucoup grâce à la découverte de titres que je note sur les blogs. Quelques autres par les recommandations que Babelio ou Goodreads me donnent. Et puis, il y a ceux que j'ai toujours eu envie de lire.
6) Combien de livres te restent-ils à lire dans ta PAL?
Au 2 novembre : 184 livres papiers et 90 ebooks ^^ 
7) Combien de temps peux-tu rester sans lire?
Depuis que j'ai le blog, j'ai dû lire tous les jours au minimum quelques pages sans exception. Avant, je dirais quelques semaines, mais c'était quand même assez rare.

Les questions de La Lyre
1. Quel roman as-tu le plus lu, et pourquoi?
Il y en a beaucoup que j'ai lus 2 ou 3 fois, mais aucun qui se distingue. Souvent ce sont des séries, parce que quand on en est au 5, il faut recommencer à 0, de même que quand on arrive au 10e tome...
2. Si tu étais un personnage de fiction, qui serais-tu?
En ce moment, je suis très Sherlock Holmes, alors tant qu'à faire autant être lui (même avec les défauts).
3. Cite trois films qui t’ont bouleversée.
Ma vie sans moi d'Isabel Coixet. Une jeune femme sait qu'elle va mourir et fait tout pour vivre pleinement ses derniers mois. 
Hugo Cabret parce que même si c'est en partie romancé, c'est tout de même en partie l'histoire de méliès et elle m'a bouleversée. 
Le secret de Brokeback Mountain. Et je n'ai toujours pas pu revoir un film avec Heath Ledger depuis sa mort. 
4. Alberto Manguel a dit "Nous sommes ce que nous lisons". Que lis-tu?
En ce moment La longue attente de l'ange. Je suis donc un ange ?
5. Si tu pouvais posséder n’importe quelle oeuvre d’art, laquelle choisirais-tu?
Dur, dur, dur. Du Pré-Raphaélite forcément. N'importe quel tableau de ce mouvament, je ne suis pas difficile.
6. Quel est le mythe qui te touche le plus?
Je n'ai jamais été très mythe. Je les ai appris pour décoder les tableaux. Mais c'est le tableau qui me touche.
7. Une destination de rêve?
New York. Je connais très bien la ville, mais je n'y ai jamais mis les pieds. Ca me frustre.
8. Quelle est la chose sans laquelle tu ne peux t’imaginer sortir de chez toi?
Mes clés. Pour pouvoir y rentrer.
9. Si tu pouvais ressusciter un auteur, afin qu’il continue à écrire, qui choisirais-tu?
Emily Brontë. Parce qu'un seul livre, c'est vraiment trop peu.
10. Ta dernière belle découverte musicale?
Je ne suis pas très musique en ce moment. Ca fait longtemps que je n'ai pas découvert une chanson.
11. "La Terre est bleue comme une orange". Un avis?
On aurait été mal si elle avait été violette comme un citron (désolée, c'est la fatigue)

J'espère n'avoir oublié aucun tag ! Evidemment, je ne tague personne ! 

samedi 9 novembre 2013

Feint of art de Juliet Blackwell (Annie Kincaid, Tome 1)


Avant-propos : Même si sur la couverture le nom de l'auteure est Hailey Lind, on trouve plus souvent ce livre référencé (comme je l'ai fait) sous le nom de Juliet Blackwell. Hailey Lind est le pseudonyme de 2 soeurs lorsqu'elles écrivent ensemble comme cela a été le cas pour cette première aventure d'Annie Kincaid.

Mon résumé : Annie Kincaid est appelé par Ernst Pettigrew, son ex-petit-ami, pour authentifier en secret une oeuvre du Caravage, récemment acquise par le Brock, musée où Ernst travaille mais dont Annie a été renvoyée quand les directeurs ont découvert son passé : elle est la petite-fille d'un des plus célèbres faussaires du XXe siècle qui l'a formée au cours de sa jeunesse, avant qu'Annie ne décide de suivre le droit chemin. Annie annonce à que son tableau est un faux. Le lendemain le tableau et Ernst ont disparu...


Mon avis : Voici une série-détente fort sympathique qui se situe dans le monde de l'art.
Annie Kincaid est trentenaire, célibataire (comme il se doit dans ce genre de série) et a une fâcheuse tendance à s'attirer des problèmes. Il faut dire qu'au cours de son adolescence, son grand-père, le célèbre faussaire George LeFleur, l'a initiée à la copie des oeuvres des grands maîtres. Ce qui vaut à Annie d'être arrêtée pour son 17e anniversaire. Elle choisit ensuite d'employer ses dons pour trouver une activité légitime, tout d'abord dans les musées, jusqu'à ce que son passé refasse surface, puis en montant sa propre entreprise de "faux finishing", c'est-à-dire qu'elle crée pour des particuliers des éléments de décoration qui ont l'air ancien (un faux escalier en marbre, un faux tableau d'ancêtres...).
Quand son ex-petit-ami disparaît, Annie va se lancer à se recherche, surtout qu'elle connaît le faussaire qui a peint le faux Caravage : il s'agit du meilleur ennemi de son grand-père. Evidemment, elle a une certaine tendance à se fourrer dans les pires situations et à tomber sur un certain nombre de meurtriers et donc de cadavres. Elle rencontre aussi un mystérieux détective privé qui ne la laisse pas indifférente. Si Annie a mis fin à sa carrière de faussaire, on sent bien dans certaines de ses réactions que parfois elle le regrette et se retrouve souvent en train de flirter avec la légalité.
L'humour est évident présent que ce soit dans les paroles ou les actions d'Annie, mais aussi et surtout dans les citations qui introduisent chaque chapitre et qui sont des réflexions sur l'art écrites par le grand père d'Annie qui a beaucoup de difficultés à ne pas voir célébrer son talent de faussaire. Il écrit donc ses Mémoires où il compte révéler le noms de certains tableaux accrochés dans les musées qui ne sont en fait que des contre-façons et où il évoque son travail et tous les problèmes du monde de l'art selon lui (les citations ont été traduites par moi-même).
"Un faussaire intelligent a un avantage décisif dans toute situation légalement embarrassante : les collectionneurs, les marchands d'arts et les musées ne veulent pas rendre publique leur crédulité."
"Si une imitation procure autant de plaisir qu'un original qui peut dire qu'elle a moins de valeur?"
 J'ai d'ailleurs été agréablement surprise par le fait que ce qui touche à l'art n'est pas traité avec légèreté. Les auteurs connaissent le sujet et évoquent de manière intéressante le monde de l'art aujourd'hui que ce soit au niveau de ses acteurs (marchands, galeristes, directeurs de musée) ou bien des ses techniques (anciennes, nouvelles ou bien comment faire une contrefaçon).

En quelques mots : Annie Kincaid fait penser à Stephanie Plum dans le monde de l'art. Une lecture fort sympathique, mais disponible seulement en ebook et en VO.

Et après ? : J'ai déjà téléchargé la suite des aventures d'Annie.


mardi 5 novembre 2013

Le signe des Quatre d'Arthur Conan Doyle (Sherlock Holmes, Tome 2)

Avant-propos : Syl a entraîné plusieurs d'entre-nous dans une folle épopée : lire l'intégrale des aventures de Sherlock Holmes. Comme j'avais lu Une étude en rouge juste avant d'ouvrir mon blog, je ne rejoins le groupe que pour la deuxième aventure. Si je connais assez bien l'univers du détective grâce à toutes les oeuvres dérivées, c'est la toute première fois que je lis les aventures de Sherlock Holmes...

Mon résumé : Sherlock Holmes s'ennuie quand se présente à lui une jeune femme, Mary Morstan, qui veut l'engager pour l'aider à élucider le mystère des lettres qu'elle reçoit chaque année depuis la disparition de son père. Watson, quant à lui, tombe immédiatement sous le charme de Mary...

Mon avis : J'aurais dû écrire mon billet à la fin de ma lecture car mes souvenirs sont déjà un peu flous, contrairement à Une étude en rouge dont j'ai l'impression de mieux me souvenir alors que je l'ai lu il y a plus d'un an et demi. Cela ne tient pas à la qualité du livre mais sans doute plutôt à son propos.
L'histoire nous fait partir en Inde et nous évoque la célèbre révolte des Cipayes que j'ai déjà croisée à plusieurs reprises cette année et de ce fait, je mélange un peu toutes ces histoires (notamment la jeune orpheline et le trésor indien maudit ce qui fait que tout à coup, je trouve l'intrigue de La malédiction du rubis beaucoup moins originale - même si Pullman développe d'autres thèmes quand même).

Ce qui m'a beaucoup frappé dans cette aventure, c'est à quel point l'univers d'Holmes m'est familier. Qu'on évoque le fait qu'il soit spécialiste de boxe, qu'il utilise la fameuse solution à 7% pour se droguer, qu'il aille chercher le chien Toby ou obtienne l'aide du jeune Wiggins ou encore que lorsque l'on élimine l'impossible, il reste l'improbable, tous ces éléments me sont connus sans que j'aie jamais lu un de ces livres.

Nous découvrons aussi Mary Morstan  dont Watson tombe instantanément amoureux. Le personnage n'a pas une grande présence dans le roman, mais son sens de l'observation a été loué par Sherlock himself, même s'il déplore le malencontreux romantisme de Watson.

Le livre nous offre aussi une sombre histoire de vengeance, un  assassinat dans une pièce fermée à clé et un mystérieux message laissé sur le cadavre. Comme d'habitude, Sherlock nous éblouit par sa science de la déduction, même si c'est le coupable lui-même qui éclairera les dernières zones d'ombres de l'histoire.

J'ai beaucoup aimé le petit clin d'oeil de Conan Doyle à son ami Bram Stoker puisque un des lieux de rendez-vous de l'histoire est Le Lyceum Theater dirigé à l'époque par le (futur) père de Dracula.

En quelques mots : Une intrigue sympathique et comme la première fois assez dépaysante (après les Etats-Unis, les Indes). En tout cas, je suis séduite !

Et après ? : La suite ! Avec Un scandale en Bohême et la découverte d'Irène Adler....Et peut être aussi une adaptation (celle avec Jeremy Brett).

Les billets de la fine équipe de Oh Sherlock you are merveilleux : Fanny












dimanche 3 novembre 2013

Le bilan mensuel du challenge L'Art dans tous ses états (octobre 2013)



Ce mois-ci Mrs Figg nous a présenté l'exposition Camille Claudel sort de ses réserves au Musée Rodin (elle est terminée) ainsi qu'un album lié aux Brueghel : il s'agit de Lubie de Frédéric Clément

Eimelle a lu La longue attente de l'ange de Melania G. Mazzucco sur le Tintoret et en particulier sur sa fille.

Praline a de nouveau fait sauter les compteurs avec
Du spirituel dans l'art, et dans la peinture en particulier de Wassily Kandinsky
Frida Kahlo de Gérard de Coratanze
L'ambition de Vermeer de Daniel Arasse
Qu'est-ce que l'art aujourd'hui ? dirigé par Marie Bonnet et Fabrice Bousteau
L'exposition Keith Haring au musée d'art moderne de Paris
Regards d'artistes : du pinceau à la plume de Valérie Mettais
L'oeuvre dévoilée de Catherine Firmin-Didot
Pietra Viva de Léonor de Récondo

Claudialucia a vu l'exposition Désirs et volupté au musée Jacquemart-André.


Pour ma part, si je n'ai pas écrit de billet, j'ai tout de même lu des livres sur le sujet donc les billets devraient arriver dans le courant du mois de novembre...


Après Van Gogh et Titien, cette fois c'est un nouveau tableau de Leonard de Vinci qui aurait été découvert.






Je profite de ce billet pour vous parler du challenge Il viaggio repris par Eimelle cette année qui nous propose de voyager en Italie avec des auteurs italiens ou des livres dont l'action se passent en Italie. Comme beaucoup de mes lectures  pour le challenge L'art dans tous ses états entrent dans ce cadre, je ne pouvais pas ne pas m'inscrire !
Ma liste de départ : 
La princesse de Mantoue de Marie Ferranti
Pietra Viva de Léonor de Récondo
La longue attente de l'ange de Melania G Mazzucco
Intrigue à Venise d'Adrien Goetz
Le piège de Dante d'Arnaud Delalande

samedi 2 novembre 2013

Le dieu de New York de Lyndsay Faye (Timothy Wilde, Tome 1)

Avant-propos : Les derniers billets vous ont présenté des livres dont j'avais apprécié le début mais pas la fin. Là c'est tout l'inverse, ma lecture s'est bonifiée au fur et à mesure. J'ai découvert ce livre par les recommandations sur Babelio et je n'en avais jamais entendu parler avant, ce que je trouve bien dommage.

Mon résumé : Nous suivons les pas de Timothy Wilde, de son travail de barman à ses premiers pas en tant que "flic à l'étoile" à New York en 1845.

Mon avis : Si j'ai eu un peu de mal à rentrer dans ce livre, c'est parce que sur la quatrième de couverture, on nous parle d'une enquête sur de mystérieuses disparitions d'enfants. Mais en fait le livre n'est pas qu'un simple policier historique. Après un prologue qui nous évoque une enfant en danger, on revient en arrière et on passe à la vie de Timothy pendant près de 100 pages et à la façon dont il devient policier. L'enquête ne démarre que tardivement.

Un magnifique tableau de New York au XIXe siècle
C'est sa force, mais c'est aussi son défaut. Au départ, même si les explications sont passionnantes, on a un peu l'impression de lire un exposé sur la ville au XIXe siècle et on ne sent pas vraiment où l'auteur veut en venir. Cela s'arrange ensuite quand l'enquête commence à décoller. Nous plongeons principalement dans la 6e circonscription de New York, qui comprend les quartiers les plus défavorisés et notamment le tristement célèbre Five Points. C'est dans cette circonscription que se concentrent les immigrés (principalement les irlandais, mais aussi quelques afro-américains émancipés). C'est évidemment dans cette circonscription extrêmement violente que Timothy va être nommé pour son premier poste. Les affrontements entre communautés sont nombreux et la discrimination envers les irlandais est absolument hallucinante (surtout quand les "américains"  les insultent en leur disant qu'ils sont immigrés, ce qui serait assez comique si ce n'était pas si dramatique). L'opposition est aussi religieuse puisque les irlandais sont majoritairement catholiques contrairement aux américains qui sont protestants (même si c'est beaucoup plus complexe que cela). L'auteure aborde avec brio les conflits sociaux entre les différentes communautés. La question de la vie des enfants pauvres est l'un des thèmes centraux du livre. Qu'ils soient vendeurs de journaux, cireurs de chaussures ou prostitués, ils sont tous très émouvants.

La création du NYPD
Nous assistons à la naissance du département de police le plus célèbre au monde. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que cela n'a pas été aisé. Cet élément (véridique) m'a d'ailleurs beaucoup surpris parce que naïvement, je m'imaginais que dans une ville violente, la présence d'une force de police rassurerait les populations. Mais pas du tout, il y a carrément eu une opposition à la mise en place de ce système à New York et les premiers "flics à l'étoile" sont extrêmement mal vus. Ce qui fait que les premiers à intégrer la police sont loin d'être des enfants de coeur. Au départ, ils ne sont engagés que pour un an, jusqu'aux prochaines élections. Si les démocrates repassent, le système continuera, si non, la force de police sera dissolue. On découvre aussi par l'intermédiaire du frère de Timothy, Valentin, que la corruption politique est déjà un sport national, puisque en tant que membre du parti démocrate, ils forment certains à truquer les élections ! Valentin est d'ailleurs un ancien pompier dont le département semble avoir été le vivier à la fois du parti démocrate ainsi que des premières forces de police (je ne sais pas si c'est vrai  -mais je le pense, vu que le reste est extrêmement documenté- en tout cas, j'ai trouvé cela très intéressant). L'auteure met aussi en scène le personnage historique de George Washington Matsell qui a été le premier responsable de police new-yorkaise.


Des personnages complexes et émouvants. 
Si le personnage de Timothy Wilde est attachant, il est tout de même un peu naïf. Mais les nombreux personnages secondaires sont particulièrement intéressants dans leurs motivations et leurs actions. A commencer par Mercy Underhill, grand amour de Timothy qui n'hésite pas à se rendre dans les quartiers les plus misérables pour aider la population. Elle semble tellement parfaite que Timothy n'ose pas se déclarer. Je ne vous dis rien de son évolution mais j'ai particulièrement aimé ce personnage complexe. De même que Valentin, le frère du héros qui semble avoir tous les défauts du monde. Il y a aussi Bird, une très jeune prostituée, menteuse comme une arracheuse de dents. Si les responsables des crimes sont un peu faciles à trouver, il y a toujours des motivations qui viennent rendre le final particulièrement intéressant et émouvant.

Un énorme travail de traduction.
Je ne suis pas du genre à féliciter les traducteurs, mais là, je ne peux que saluer le magnifique travail de Carine Chichereau, qui a essayé de rendre dans sa traduction l'argot utilisé par l'auteure. Elle nous explique qu'elle a fait le choix d'utiliser les termes de l'argot français du XIXe (et un lexique est joint à la fin). Elle réussit donc à nous immerger un peu plus dans le récit en respectant l'esprit du texte original (vu que cela aurait été impossible de respecter la lettre). Le travail a dû être considérable. On se rend compte que de nombreuses expressions d'argot du XIXe sont passées dans la langue courante (comme par exemple les abattis). Il y a toutefois des expressions beaucoup plus imagées comme avoir une araignée dans la colinquinte (être fou) ou bien casser des emblèmes (raconter des mensonges).

En quelques mots : J'aurais pu encore écrire beaucoup de choses sur ce livre et pourtant, je n'ai pris aucune note et je l'ai fini il y a presque 15 jours, preuve qu'il m'a marqué. Si vous souhaitez vous immerger dans les quartiers les plus dangereux de New York au XIXe siècle grâce à un contexte historique fouillé, ce livre est pour vous !

Et après ? : La suite (malheureusement traduite en français par Le dieu de New York 2) est sortie, mais ma bibliothèque ne l'a pas, alors je vais devoir attendre la sortie en poche (et j'en suis bien malheureuse car j'aurais aimé enchaîner les deux) [ERRATUM : après d'infructueuses recherches chez Gibert, j'ai découvert que le tome 2 avait été ajouté sur Babelio, mais en réalité la suite n'est pas du tout sortie en français, seulement en anglais] [Mise à jour : j'ai lu la suite qui s'intitule Le sang noir du secret]. Lyndsay Faye a aussi écrit Dust and shadow, un livre où Watson raconte l'enquête de Sherlock Holmes sur les meurtres de Jack l’éventreur (et les commentaires sont très bons), mais il n'est malheureusement pas traduit en français pour l'instant (au pire, je le lirai en anglais).
Ce livre m'a aussi donné envie de me jeter sur Gangs of New York, que je n'ai curieusement jamais vu (curieusement parce que Scorsese me fascine même si je n'aime pas tous ses films qui sont parfois trop violents pour moi, et Leo itou).
J'ai trouvé un documentaire sur l'histoire de New York diffusé sur arte et pourquoi pas l'Histoire de New York de François Weil.
Je tenterai peut-être aussi la série Copper qui se passe à New York en 1864.
En voyant les livres associés à celui-ci, j'ai aussi découvert Noir corbeau de Joël Rose qui se passe en 1841 et qui évoque le meurtre de Mary Rodgers qui inspirera à Poe une de ses nouvelles, Un Oeil bleu pâle de Louis Bayard où Poe mène l'enquête, Nevermore de William Hjortsberg où cette fois ce sont Houdini et Conan Doyle qui mènent une enquête sur un meurtrier qui met en scène les nouvelles de Poe [mise à jour, je l'ai lu, il vaut mieux l'oublier]. J'ai aussi repensé à L'aliéniste de Caleb Carr car cela fait longtemps que j'ai envie de le lire [mise à jour, je l'ai lu, c'est bien, mais je préfère nettement Le Dieu de New York], ainsi que Le maître des orphelins de Jean Zimmerman qui se passe en 1663 quand la ville est encore hollandaise [Mise à jour, une très belle découverte, presque un coup de coeur, mais ma lecture a été hachée, car j'ai du le rendre à la bibli et je ne l'ai terminé que quelques semaines plus tard] et enfin j'ai dans ma PAL The Scent of death d'Andrew Taylor (auteur du Diable danse à Bleeding Heart Square) qui se passe en 1778 à New York [Mise à jour : il est sorti en ebook sous le titre un parfum de mort, mais pas en version papier]. Bref, j'ai de quoi faire...





vendredi 1 novembre 2013

Disparitions de Natsuo Kirino

Avant-propos : J'ai quelque peu délaissé le superbe challenge d'Adalana ces derniers mois par faute de temps, mais j'y suis revenue ce mois-ci (enfin au mois d'octobre, même si on est déjà le 1er novembre^^).

Mon avis : Le livre commence par un article de journal qui présente la disparition d'une jeune fille de 5 ans, qui était en vacances avec ses parents dans la maison de campagne d'un couple d'amis sur l'île d'Hokkaido (la plus septentrionale des 4 grandes îles du Japon). L'article précise qu'il n'y a absolument aucune piste. 
Mais suite à cet article, le livre prend une toute autre direction. Nous découvrons 2 personnages qui vivent une histoire d'amour. Peu à peu, nous découvrons qu'ils ont en fait une liaison et qu'il s'agit de la mère de la jeune disparue et de l'ami chez qui sa fille a disparu. 

Une narration complexe
Le livre est extrêmement difficile à résumer puisqu'il y a des retours en arrière permanents. Au fur et à mesure que l'histoire avance, on découvre des éléments du passé de Kasumi, la mère de la petite disparue. Et puis, après la disparition, l'intrigue fait un saut de 4 ans dans le temps. On va suivre aussi les pas d'autres personnages : ceux de son amant et ceux d'un ancien inspecteur de police qui va vouloir reprendre l'enquête (mais qui n'arrive qu'à la moitié du livre). Si le procédé n'est pas d'une originalité folle, l'ensemble est extrêmement maîtrisé par l'auteur qui distille ses informations au compte-goutte. 

Ceci n'est pas un livre policier, mais un livre sur les états d'âme. 
L'article de journal et le titre laissent penser qu'on va suivre l'enquête menée pour retrouver la petite Yuka. Mais ce n'est pas du tout le cas et je dirais que c'est presque mieux comme cela. Nous suivons en fait les états d'âme des personnages, d'abord la passion brûlante et destructrice des deux protagonistes qui les poussent à se retrouver sous le même toit pour les vacances avec leurs conjoints respectifs tout en poursuivant leur relation et en se préparant à tout quitter et à abandonner (jusqu'à leurs enfants). C'est alors que le drame survient. 
4 ans plus tard, on retrouve Kasumi qui s'enfonce totalement dans la dépression et qui ne peut pas abandonner l'idée que sa fille vit toujours, même si l'enquête n'a jamais progressé. Cela devient même sa raison de vivre, ce qui l'éloigne de tout le reste de sa famille. Les descriptions de l'état psychologique de Kasumi sonne juste sans sombrer dans le pathos. Elle est rongée par la culpabilité d'avoir songé à un moment à abandonner ses enfants. Elle relance l'enquête avec un ex-inspecteur sur le point de mourir d'un cancer, ce qui donne de très beaux passages sur la rencontre de deux solitudes dans le Japon contemporain. On découvre aussi la façon dont les autres protagonistes ont vécu après le drame et notamment l'évolution plutôt inattendue de l'amant de Kasumi. 

Mais là où le bât blesse...
J'étais vraiment séduite par ce livre et notamment par l'incertitude quant au sort de Yuka qui nous transportait au plus proche de l'état émotionnel de sa mère. Je m'étais même faite à l'idée que peut-être on ne saurait pas (ce qui à mon avis aurait été une fin brillante). J'ai commencé à décrocher quand les protagonistes ont commencé à rêver de ce qui a pu se passer. Et cela se termine presque sur un rêve. Résultat, on ne sait pas exactement ce qui s'est passé, ni si s'est bien la bonne hypothèse. J'ai trouvé cela vraiment décevant. 

En quelques mots : Il ne faut pas s'attendre du tout à une intrigue policière. L'analyse psychologique des personnages est magistrale, malheureusement la fin un peu trop onirique m'a déçue. 

Et après ? : Je pense que je retenterai l'expérience avec un autre de ses livres car j'ai aimé la finesse de ses descriptions de la psychologie des personnages. 
Et le prochain billet sera sur un livre avec une fin qui ne m'a pas déçue, promis!