mercredi 4 avril 2012

Carla aux mains d'or d'Annie Pietri

"Après avoir longé le tapis vert, Carla se dirigea vers la fontaine de Latone qu'elle affectionnait particulièrement. A cette heure du jour, les grenouilles dorées de Latone immobiles et silencieuses, attendaient bouche bée que les fontainiers du roi ouvrent les vannes pour leur redonner leur voix d'eau."

Résumé de l'éditeur : Mars 1681. Carla a dix-sept ans. Elle doit quitter Venise, sa ville, pour Versailles et la cour du Roi Soleil. Là, elle entre au service de la Grande Mademoiselle. Cette duchesse apprécie beaucoup sa nouvelle couturière, mais ne tarde pas à s'apercevoir que la jeune fille possède bien plus que des doigts de fée...elle a des mains d'or.

Cela ne m'est pas évident de donner un avis sur ce livre car je l'ai aimé, mais 2 éléments m'ont tout de même gênés. Annie Pietri met en avant cette idée très intéressante et très juste : les personnes qui soignent par les plantes pouvaient être rapidement considérés comme des sorciers à cette époque. Et Carla est de celles-là. Sa grand-mère la met donc en garde de ne pas attirer les soupçons en préparant ses tisanes. Jusqu'ici, tout va bien. Mais, en même temps, elle lui donne le pouvoir de guérisseuse par imposition des mains qui se transmet de génération en génération dans la famille (je ne révèle rien, c'est dans le premier chapitre). Et autant l'idée d'assimiler le soin par les plantes à de la sorcellerie m'avait enthousiasmée, autant ce passage, qui  vient en fait contredire cette idée (puisque du coup, Carla dispose d'un pouvoir magique) m'a refroidi. Alors que si l'auteure n'avait pas mis en avant sa thèse au début, j'aurais sans doute accepté beaucoup plus facilement ce passage.
L'autre passage qui m'a fait redresser un sourcil se trouve à l'extrême fin du livre donc je ne dirai, mais je trouve que l'auteure a pris trop de libertés avec l'Histoire.

Cela étant dit, ce livre est très bien écrit, les luttes d'influence autour de Louis XIV sont bien rendues, ainsi que l'atmosphère de constante suspicion qui règne à la cour de Versailles.
Et surtout l'auteur met en avant deux histoires d'amour confrontées à la raison d'Etat : le destin fictif du prince de Champagné et celui bien réel de la Grande Mademoiselle, la cousine du roi, la duchesse de Montpensier (à ne pas confondre avec la princesse du même nom). Je ne révélerai rien de leurs destins, même si celui de la duchesse est assez connu, pour laisser à ceux qui ne le connaîtraient pas le plaisir de la découverte. Annie Pietri nous livre un portrait haut en couleurs de cette grande figure de l'histoire de France et c'est un réel plaisir. Cela donne envie de se plonger un peu plus dans l'histoire de la Grande Mademoiselle. Et de continuer   à découvrir les autres ouvrages d'Annie Pietri.

En résumé : si l'on est conscient que l'auteure fait entrer un peu de magie dans ce livre, on peut se laisser totalement porter par cet ouvrage et découvrir les destins terriblement émouvants du prince de Champagné et de la duchesse de Montpensier.




Ce billet entre dans le cadre du challenge Petit Bac 2012 organisé par Enna dans la catégorie "partie du corps"

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