samedi 14 décembre 2013

L'affaire Jonathan Harker de Stéphane Tamaillon (Krine, Tome 2)

Avant-propos : J'ai lu ce deuxième tome des aventures de Krine cet été, juste après ma lecture du premier. Je n'en avais pas fait de billet. Mais, je viens de recevoir le tome trois pour l'édition Masse Critique de Babelio. Cela me semble donc plus logique de faire un billet du tome deux puisqu'il y aura forcément un billet du tome trois.

Mon résumé : En 1890, Krine est engagé par Bram Stoker pour élucider des crimes commis au Lyceum Theater. Mais, cela va l'entraîner sur les traces d'un complot qui pourrait toucher la reine…

Mon avis : Je ne me souviens plus vraiment de tous les détails du livre. Je l’avais moins aimé que le premier, mais, il faut dire que j’avais enchaîné les deux en 48 heures. Aujourd’hui, plus de quatre mois après, je me souviens de certains éléments précis qui m’avaient bien plus.
C’est grâce à ce livre que j’ai réalisé que Bram Stoker avait été administrateur du Lyceum Theater. J’avais sans doute déjà dû lire cela auparavant, mais, c’est avec Krine que je l’ai retenu. J’ai depuis recroisé ce fait à deux reprises dans deux ouvrages. J’ai aussi fait la connaissance de Sir Henry Irving, l’un des plus grands acteurs de l’époque victorienne.

J’ai beaucoup apprécié la société mise en place par Tamaillon. Il reprend certains éléments réels (workhouses victoriennes, les pontons : bateau – prison comme ceux des Grandes espérances de Dickens) pour les intégrer à son propre univers légèrement fantastique. Le livre évoque une opposition entre les Grouillants (les créatures surnaturelles) puisque certains comme Krine veulent s’intégrer à la société, tandis que d’autres comme Matthew se replient vers le communautarisme, ce qui crée d'énormes tensions sociales. 

La plus grande réussite de ce livre est toujours la façon dont l'auteur joue avec les références culturelles. En plus de ceux cités plus haut, nous croisons : l'Homme invisible, Pinocchio, Caïn, les Grées, le Sphinx et Jekyll...

Par contre, j'ai moins apprécié les rebondissements de l'intrigue. Je les ai trouvés trop nombreux (d'ailleurs, je ne me souviens même plus de la fin) et je me suis un peu doutée du rôle de Brachislavitch. C'est peut-être aussi parce que j'avais lu les deux livres rapidement. 

En quelques mots : Si j'ai été un peu moins séduite par ce tome que par le premier, j'attends quand même avec impatience de retrouver Krine et toutes les références de l'auteur dans le dernier tome de cette trilogie.




samedi 7 décembre 2013

Le bilan du challenge L'art dans tous ses états (novembre 2013)



J'ai un peu de retard pour le bilan car j'ai eu une semaine assez chargée et de plus, le bilan du mois de novembre est très fourni, pour mon plus grand plaisir !

Nous accueillant une nouvelle participante, il s'agit de Valentyne qui a publié aujourd'hui (on est déjà en décembre, mais vu que je suis en retard, je le présente dans ce bilan) un billet très intéressant sur les souvenirs d'enfance de David McNeil, fils du peintre Marc Chagall. Cela s'appelle Quelques pas dans les pas d'un ange (et personnellement, je suis très tentée).

Au  niveau des lectures :
Syl nous a présenté Parcs et jardins secrets en Limousin de Jean-Marc Ferrer et Marie-Hélène Restoin-Evert. Si, sur le moment je me suis demandée si cela entrait bien dans le challenge, le billet de Syl a ôté tous mes doutes !
Praline nous présente un essai intitulé L'Anti-musée de Robert Cantarella et Frédérich Fisbach ainsi que le célèbre Mon Musée imaginaire ou les chefs d'oeuvre de la peinture italienne de Paul Veyne. Par contre, La chimie des larmes de Peter Carey qui semblait très tentant sur le papier, se révèle être pour elle une déception.
Pietra Viva de Léonor de Récondo est un livre dont on a déjà beaucoup parlé dans ce challenge. Ce mois-ci c'est au tour de Claudialucia, Coccinelle et moi-même de le découvrir et nos avis divergent (vous pouvez retrouver les précédents liens sur mon billet).
J'ai lu un roman divertissant qui se passe dans le monde de l'art, il s'agit de Feint of art de Juliet Blackwell.

Mais ce mois-ci c'est au niveau des expositions que nous avons fait exploser les compteurs !  
Frida Kahlo et Diego Riveira, L'art en fusion à l'Orangerie chez Syl et Emma
Désirs et volupté à l'époque victorienne au Musée Jacquemart-André chez Syl, Shelbylee
La Renaissance et le rêve au Musée du Luxembourg chez Syl
Le surréalisme et l'objet au Centre Pompidou chez Claudialucia
La cime du rêve à la Maison Victor Hugo chez Claudialucia
Braque au Grand Palais chez Claudialucia, Emma
Le bilan global de toutes ses expositions chez Claudialucia
Dans ma présentation, j'avais exclu les arts pour lesquels il existait déjà un challenge, mais je n'en connais pas qui ait pour thème la couture donc je valide ces billets !
Miss Dior au Grand palais chez Emma
La mécanique des dessous au musée des Arts-décoratifs chez Emma


Enfin, Eliza et Matilda ont eu une superbe initiative et nous propose de voyager à travers leurs musées imaginaires. Elle nous invite à proposer les nôtres (j'y réfléchis !)
Le billet d'Eliza qui participe au challenge :  Mon musée imaginaire 1- Galerie de portraits

Merci à tout le monde pour ce magnifique bilan ! 

J'ai aussi repéré l'ouverture hier (6 décembre) du Musée Fin de siècle à Bruxelles qui me tente beaucoup ! 

samedi 30 novembre 2013

Pietra Viva de Léonor de Récondo

Avant-propos : La rentrée littéraire est un événement qui m’indiffère totalement. Quand j’ai vu que ce livre était proposé au match Price Minister, je me suis laissée tenter par son sujet : Michel-Ange. Ce livre a été un coup de cœur pour de nombreux blogueurs et les avis sont dithyrambiques. Mais, je suis passée complètement à côté et il ne m’a fait strictement aucun effet. Je déconseille donc à ceux qui l’ont aimé de lire mon billet.

Mon résumé : En 1505, Michel-Ange quitte Rome et se rend à Carrare pour choisir les marbres du futur tombeau de Jules II.

Mon avis : Si je devais résumer ce livre en un seul mot, ce serait l’ennui. Je m’attendais à ce que soit décrite la passion de Michel-Ange pour la sculpture et pour le marbre, mais en fait cela prend à peine un quart du livre (sur 200 pages). Il faut avouer que ce sont les passages les plus réussis, même s’ils ne m’ont pas intéressée outre mesure, à part les descriptions sur la dureté du travail et les risques que prennent les ouvriers (mais j’étais déjà au courant).
Le reste du livre est consacré à la passion de Michel-Ange pour un moine décédé qui l’a subjugué par sa beauté. Mais, Michel-Ange ne sait pas de quoi il est mort ce qui va l’obséder pendant tout le livre jusqu’à ce qu’il voit son apparition dans la rue puis dans ses rêves.
Michel-Ange fait ami-ami avec un petit orphelin qu’il va tantôt repousser tantôt prendre sous son aile. Celui-ci va le ramener à son enfance et au décès de sa mère, que l’artiste a tout fait pour oublier. Si le côté mélancolique, colérique et solitaire de Michel-Ange est plutôt bien retranscrit, j’ai quand même beaucoup de mal à croire à son amitié avec le jeune Michele. Cela ne semble pas du tout correspondre au personnage.
Nous avons aussi tout un tas de passages contemplatifs où Michel-Ange se rend dans les montagnes, dans la forêt, à la mer… Bien évidemment le but est de faire comprendre au lecteur Michel-Ange s’inspire de la nature et de ses beautés pour sculpter, mais j’ai quand même trouvé cela un peu simpliste et réducteur.
L’auteur est loué pour son côté poétique, mais je suis passée totalement à côté de sa prose.  Par exemple, une phrase revient à plusieurs reprises : « Le parfum, c’est le ciel qui s’embrasse. ». Cela ne me parle pas du tout. Quand Michel-Ange s’interroge sur son génie, cela m’intéresse. Mais quand il se pose des questions existentielles au sujet des seins de sa nourrice, cela me laisse de glace. Les aspects historiques sont survolés, l’auteur évoque rapidement Lorenzo de Médicis ou Savonarole, sans que cela serve au récit.

En quelques mots : Un style lapidaire qui m’a laissée de marbre. Décidément, la rentrée littéraire et les auteurs à la mode au cours de cet événement ne sont pas pour moi. Mais, de nombreuses personnes ont eu un coup de cœur pour ce livre, je veux bien le faire voyager si cela intéresse quelqu’un.

Merci à Price Minister pour l’envoi de ce livre.


D'autres avis nettement plus positifs chez Praline, Valou, Eimelle, Camille
Claudialucia avait émis quelques réserves en rapport avec les miennes. 






lundi 25 novembre 2013

La fille du temps de Joséphine Tey

Avant-propos : Voici un des livres que j'ai le plus détesté cette année. Je l'ai lu en août et depuis mon avis n'a pas changé d'un iota. Pourtant, ce livre a gagné de nombreux prix et son auteur est très réputé.

Mon résumé : L'inspecteur Alan Grant s'ennuie à l'hôpital. Une de ses amies, pour le distraire, lui propose de résoudre une énigme historique. Son choix se porte sur Richard III.

Mon avis : Beaucoup d"éléments m'ont gênée dans ce livre. 
Tout d'abord, ce qui pousse le personnage principal à enquêter est le fait qu'il trouve que, sur son portrait de la National Portrait Gallery, Richard III n'a pas l'air d'un meurtrier. Sans parler du fait que cette théorie est ridicule (on ne porte pas sur son visage le fait d'être un meurtrier - ça se saurait - mais admettons car les théories physionomistes étaient encore un peu en vogue dans les années 1950, moment de la rédaction du livre), on sait très bien que les portraits ne représentent pas l'exacte physionomie du modèle. 
Bref, comme Richard III l'air sympa, il ne peut pas avoir tué ses neveux (les célèbres Princes de la Tour qui ont disparu en 1483).


L'hypothèse en elle-même de chercher à résoudre le crime à 500 ans de distance ne me dérange pas et les éléments qu'il pense trouver ne me perturbent pas non plus. Par contre, pour un soi-disant super enquêteur, je ne comprends pas qu'il ne pose pas la seule question qui me semble importante : "où sont donc passés les princes après 1483 ?"
Selon lui, les princes n'ont pas été tués par Richard III et donc n'ont pas disparus en août 1483 et même leur mère savait qu'ils étaient vivants. Quand quelqu'un disparaît, la première chose à faire est de retrouver les derniers moments où on l'a vu. Il devrait donc chercher leurs traces après août 1483. Mais bizarrement, cette idée ne lui traverse jamais l'esprit. [A mon avis tout bêtement, parce qu'on n'a aucune trace des princes après août ce qui invalide toute sa théorie].

On dit souvent que ceux qui n'aiment pas ce livre ne supporte pas son hypothèse : Henri Tudor serait responsable de la disparition des princes (et Richard est gentil à cause de sa bonne tête). Mais ce n'est pas le problème, ce n'est pas la première fois qu'Henri Tudor est accusé. D'ailleurs, l'auteur reconnaît elle-même qu'elle n'est pas la première à émettre cette hypothèse (elle est trop forte, elle se tire elle-même une balle dans le pied).
Ce qui m'a vraiment écœurée est le discours sur le fait que les historiens ne soient pas capables de comprendre la psychologie des personnages, alors qu'un inspecteur totalement inculte du milieu du XXe siècle le peut (il ne savait même pas qui était Richard III). 
L'auteur mélange l'histoire scolaire, l'histoire romancée et le fait de rechercher des sources au British Museum (en respectant pour la peine la méthode historique) en mettant tout sur le même pied. Elle trouve scandaleux qu'à l'école primaire, on n'entre pas dans les détails de la vie de Richard III (honteux, n'est-il pas ? je pense qu'ils devraient apprendre toute la généalogie des York et des Lancaster par coeur). Le héros va chercher des indices dans un roman historique du type de ceux de Philippa Gregory et ne comprend pas pourquoi les historiens n'en parlent pas (peut-être parce que c'est un roman????????????). Il trouve que Thomas More ne dit pas la vérité, pire c'est un vendu aux Tudor (quand on sait qu'il a fini exécuté pour haute trahison sur ordre d'Henri VIII, ça fait quand même bien rire) et je ne vous parle même pas de Shakespeare. Bref, on nous cache tout, on ne nous dit rien, la confrérie des historiens a pour but de masquer la vérité, pas seulement pour la mort des princes, mais pour tout événement historique ! Attention, tous les historiens sont des menteurs ! [ce qui n'empêche pas le fait que le personnage secondaire soit un historien et que le personnage principal lui dise çà sans qu'il réagisse].

En quelques mots : Ce livre est un ramassis de propos dignes du café du commerce (et encore, c'est méchant pour les gens du café). Même si j'occulte son discours sur l'histoire, l'intrigue policière n'est pas crédible. 

Et après ? : Et après rien du tout, je ne lirai pas d'autres livres de l'auteur, je boude même une série de Nicola Upson qui se passe dans les années 30 parce que Joséphine Tey en est l'héroïne, pourtant elle y rencontre Hitchcock et ça à l'air bien. 

dimanche 24 novembre 2013

La reine clandestine (The White Queen) de Philippa Gregory (The Cousins' war, Tome 1)

Avant-propos : Je suis en train de dicter ce texte avec mon nouveau logiciel de reconnaissance vocale. Ça fait un peu bizarre de parler toute seule, mais je suis assez satisfaite du résultat. Comme j’ai beaucoup de billets en attente, dont bon nombre sont déjà écrits mais pas tapés à l’ordinateur, je compte me servir de ce logiciel pour rattraper un peu mon retard.

J’avais annoncé ce billet il y a très longtemps sur Facebook, puisque j’ai fini le livre en août. Je m’étais alors prise de passion pour la guerre des Deux-Roses. J’avais eu envie de voir la série télévisée The White Queen (que je n’ai toujours pas regardée depuis). Je voulais aussi lire le livre dont elle est adaptée, mais j’avais été échaudée par Deux sœurs pour un roi du même auteur. J’ai découvert que ma bibliothèque avait le livre The White Queen, publié en français sous le titre La reine clandestine et je l’ai aussitôt emprunté.

Mon résumé : Angleterre, 1464, Élizabeth Woodville rencontre Édouard IV qui revendique le trône d’Angleterre face à Henri VI. Les York s’opposent aux Lancaster. Au milieu de ce déchaînement de passions, Édouard tombe sous le charme d’Élizabeth et l’épouse en secret.

Mon avis : Si les règnes de ses prédécesseurs et de ses successeurs évoquent quelque chose pour moi, je n’arrivais pas à rattacher celui d’Édouard IV à quelque événement. Ce livre divertissant permet une entrée en matière sympathique dans cette période (ô combien riche en événements) qu’est la guerre des Deux-Roses dans sa partie finale. Philippa Gregory réussit à nous présenter de manière assez claire les principaux (et innombrables) protagonistes de cette période. Ici, les noms et les titres sont répétés fréquemment ce qui permet aux novices de ne pas se perdre.

Si cette période fascine autant, c’est surtout pour les multiples rebondissements qui ont lieu et les innombrables complots fomentés par des personnages assoiffés de pouvoir. Il est en effet difficile de déterminer quel est le personnage le plus machiavélique : Édouard IV, ses frères George et Richard, le comte de Warwick, le duc de Buckingham ou même Henri Tudor… Les femmes ne sont pas en reste, Élizabeth Woodville et sa mère tentent de nouer des alliances pour accroître le pouvoir de leur famille.

Au niveau de l’histoire avec un grand H, je m’attendais à bien pire. Si bien évidemment les événements sont romancés, le livre permet toutefois de mettre en avant certains événements historiques importants (bataille de Barnet, bataille de Tewkesbury, l’année 1483) ce qui permet de nous repérer facilement. Souvent Philippa Gregory choisit la version fondée sur les rumeurs, plutôt que la réalité historique attestée. Mais, elle n’invente pas ces rumeurs, elles existaient déjà à l’époque. Par exemple, elle raconte que George, le frère d’Édouard IV, a été noyé dans un tonneau de vin. Nous n’en avons aucune preuve, mais il faut avouer que c’est hautement romanesque. J’ai trouvé aussi qu’elle livrait un portrait assez nuancé de Richard de Gloucester. Je m’attendais à ce qu’elle traite plus de sa légende noire, mais cela n’a pas été le cas.
J’ai été agréablement surprise par le fait que l’histoire d’amour des protagonistes passe assez vite à l’arrière-plan. J’avais un peu peur de devoir subir les multiples descriptions de leurs ébats, mais cela n’a pas été le cas.


Le principal point noir reste l’utilisation de la sorcellerie. Au départ, la vision de la sorcellerie me semblait plutôt « réaliste ». Élizabeth Woodville jette une cuillère dans l’eau et fait plusieurs fois le tour d’un arbre avec un fil ce qui doit lui apporter un mari. Qui n’a jamais même aujourd’hui eu ce type de superstition au cours de son adolescence ? (si telle chose se produit, ça veut dire que tel homme va m’appeler…) Mais, malheureusement, la fin devient ensuite risible. Une malédiction devient la cause d’un problème au bras pour Richard. Élizabeth (ou sa fille, je ne sais plus) semble capable de déchaîner les eaux de la Tamise. C’est dommage.

En quelques mots : L’auteur nous permet de nous plonger dans la guerre des Deux-Roses et de nous y repérer facilement. Les spécialistes de la question trouveront sans doute beaucoup de faiblesses à cet ouvrage, mais il m’a grandement aidée à me repérer dans ce dédale d’événements. Grâce à ce livre, j’ai facilement compris quels étaient les personnages de la pièce Richard III de Shakespeare (et pourtant, il y a de quoi s’emmêler les pinceaux). Actuellement, je me souviens toujours du rôle de chacun des personnages.

Et après ? : J’ai dans ma PAL la suite en anglais car elle n’a pas été traduite en français. Il s’agit de The Red Queen qui reprend l’histoire de Margaret Beaufort (mère d'Henri Tudor) puis the Kingmaker’s daughter qui reprend l’histoire des sœurs Neville.
J’ai lu et adoré la pièce Richard III de Shakespeare (j’essayerai d’en faire un billet). J’ai aussi lu et détesté La fille du temps de Joséphine Tey (billet aussi sans doute). Je compte aussi lire une biographie historique de Richard III (sans doute celle d'Aude Mairey). Enfin, j’ai récupéré chez une amie, tous les tomes de la série de Paul C. Doherty qui se déroule pendant la guerre des Deux-Roses à Canterbury.

vendredi 22 novembre 2013

Désirs et volupté à l'époque victorienne au Musée Jacquemart-André


Avant-propos : J'attendais cette exposition de pied ferme depuis qu'elle a été annoncée il y a presque un an. Je vais tuer le suspense : je l'ai beaucoup aimée, mais je pense qu'il y a quelques éléments qu'il faut savoir avant d'aller la voir (et je remercie les blogueuses - en particulier Summerday - qui ont essuyé les plâtres pour moi, parce que j'étais prévenue) :

  • les salles sont très petites. On peut même se demander la validité du terme "salle" quand celle-ci ne contient que 3 oeuvres (2 de Waterhouse mais quand même). Et il y a donc un critère qu'on ne maîtrise pas du tout : l'affluence. J'ai eu la chance de pouvoir visiter l'exposition alors qu'il n'y avait à chaque fois que 3 à 4 personnes par salle, de commenter tranquillement les oeuvres et de m'approcher pour voir les détails. Je suis seulement tombée sur un groupe dans la dernière salle (coup de chance, c'est la moins intéressante). 
  • il n'y a aucun commentaire sous les oeuvres, juste un panneau explicatif au début de chaque salle. Summerday m'avait conseillé l'audioguide, mais ayant une mémoire visuelle et non auditive, je suis vraiment réfractaire à cet objet. Je me suis rabattue sur le livret explicatif (à 2€50) qui est vraiment très bien fait car il reprend toutes les oeuvres, tous les panneaux explicatifs des salles et apporte en plus des explications sur certains tableaux. Au prix de l'entrée (11€), il aurait pu être gratuit, mais il vaut franchement l'achat. Il m'a aussi évité de devoir noter le nom de toutes les oeuvres d'art. 
  • l'exposition a un peu "survendu" le côté préraphaélite. Si vous ne connaissez rien du mouvement, vous n'en connaîtrez pas plus en sortant. Il s'agit d'une collection composée en grande majorité d'oeuvres du préraphaélisme tardif ou de seconde génération, qui n'a donc rien à voir dans la plupart des cas avec la véritable confrérie préraphaélite (ou  PRB) à part la proximité thématique. Personnellement, je le savais dès le départ et j'étais particulièrement attirée par cette exposition pour cela, puisque elle présentait des oeuvres que je n'avais jamais vues en vrai, voire même jamais vues reproduites dans un livre (il faut dire que j'ai eu la chance de voir deux grandes rétrospectives sur les préraphaélites de la première génération - une à Rome et l'autre à Londres)
  • la boutique est une grosse déception (j'y reviendrai à la fin)
Les avertissements sont donnés, je vous présente maintenant mes toiles préférées par salle (j'ai essayé de me restreindre à une ou deux toiles par salle, mais le choix a été très dur !)

Salle 1 : Désirs d'Antique

Ces roses...
Les roses d'Héliogabale de Sir Alma-Tadema (1888)

La reine Esther d'Edwin L. Long (1878)

Salle 2 : Beautés classiques 

J'ai adoré le jeu sur les transparences...

Le Quatuor, hommage du peintre à l'art de la musique
d'Albert J.Moore (1868)

Les couleurs du tableau ci-dessous ne reflètent pas vraiment la réalité, mais je n'ai pas trouvé mieux...

Moïse sauvé des eaux
de Frederick Goodhall (1885) 

Salle 3 : Burne-Jones, muses et modèles 

Un coup de coeur
Pygmalion. Les désirs du coeur
de Sir Edward Burne-Jones (1871)
Salle 4 : Femmes fatales

La boule de cristal
de John Waterhouse (1902)
Salle 5 : Héroïnes amoureuses 

Mon coup de coeur absolu (et une des raisons pour lesquelles je tenais à voir cette exposition) . Le livret m'a appris la légende à l'origine de ce tableau : pour autoriser le mariage de sa fille, un roi demande à son prétendant de la porter jusqu'en haut d'une montagne. Voyant qu'il ne va pas y arriver, elle supplie le jeune homme de renoncer (il n'est pas dit s'ils décèdent). 

La Couronne de l'amour
de Sir John Everett Millais (1875)
Des détails merveilleux...
Le sentier de l'amour n'a jamais été facile
de Talbot Hughes (1896)

Salle 6 : L'harmonie rêvée 

Des ors incroyables... (sur le tableau parce qu'en reproduction pas trop)

Les remparts de la maison de dieu
de John Strudwick (vers 1889)
Salle 7 : La volupté du nu 

Je n'aime pas particulièrement le tableau, 
mais j'adore ce bleu incroyable 
(pour le coup, plutôt bien retranscrit en reproduction) 
et le mouvement du voile

Andromède
de Sir Edward Poynter (1869)

Salle 8 : Le culte de la beauté 

Ce port de tête... 
Beauté classique
 de John Godward (1908)

La révélation : John Strudwick 

Je ne connais Strudwick que depuis l'an dernier, grâce à une carte postale que m'avait envoyée Syl. J'avais fait quelques recherches sur internet et j'ai été heureuse de découvrir ses tableaux au cours de cette exposition (même s'il a un gros problème avec les orteils de ses personnages). 

Le Temps jadis (vers 1907)
 Une oeuvre incroyable sur le cycle de la vie 
Les jours passent (1878)
 
Elaine (vers 1891) 
En quelques mots : une richesse incroyable pour une collection privée (collection Pérez-Simon), même si le classement thématique ne me semble pas des plus pertinents. Je suis quand même ressortie émerveillée par ces tableaux. Vous pouvez la voir jusqu'au 20 janvier 2014. 

Par contre, la boutique a été une déception. Les couleurs des tableaux n'étaient pas particulièrement bien retranscrites (notamment pour les Strudwick) et les tableaux choisis pour orner les carnets et autres produits dérivés n'étaient pas mes préférés (je me demande qui choisit les oeuvres à mettre en avant car quasiment dans chaque boutique de musée, ils tapent à côté, et franchement pour ne pas me faire acheter quelque chose après une exposition, il ne faut pas être doué). 
Je suis quand même repartie 2 marques-pages Strudwick de taille éléphantesque (malgré leurs couleurs toutes ternes) et le Millais en carte postale (plutôt jolie par contre).

D'autres billets chez Syl, Titine, Claudialucia, Summerday



jeudi 21 novembre 2013

Les apparences de Gillian Flynn

Avant-propos : Difficile d'échapper au phénomène Les Apparences de Gillian Flynn qui squatte les premières places de tous les classements depuis sa sortie en grand format en 2012, puis en poche cette année. Je me méfie comme la peste de ces "meilleurs thrillers de l'année" car j'ai été très souvent déçue par des auteurs ultra-médiatisés (Linwood Barclay, Sebastien Fitzek, RJ Ellory pour ne citer qu'eux). J'ai donc choisi d'emprunter Les Apparences à ma bibliothèque de peur de subir une énième déception...

Mon résumé : Nick et Amy semblent former un couple modèle. Mais quand celle-ci disparaît, les événements nous révèlent que les apparences sont bien trompeuses... 

Mon avis : Difficile de parler de l'intrigue puisque une bonne partie de l'intérêt de ce livre est de se laisser surprendre par l'histoire. Une bonne partie, mais pas tout l'intérêt. J'ai découvert avec un plaisir immense le style de l'auteure : incisif, percutant, parfois familier (mais jamais de manière gratuite). Mais surtout, j'ai été ébahie par la finesse de son analyse psychologique et sociétale. Réduire ce livre à la catégorie thriller, c'est un peu comme dire que Jane Austen n'est qu'une auteure de romance. Gillian Flynn n'a pas son pareil pour décrire la lente décomposition d'un couple, les non-dits qui créent ensuite des distances, les compromis que l'on ne veut pas faire, mais auxquels on cède par amour de l'autre. Nick et Amy ne voulaient pas être un couple comme ceux de leurs amis, ils voulaient être capables de continuer à vivre leur vie habituelle tout en étant ensemble, mais à force d'éviter les compromis, ils ont laissé s'installer le ressentiment. Pourquoi cet autre qui partage ma vie ne devine-t-il pas ce que je veux puisqu'il est censé me connaître mieux que personne ?  se demande Amy en organisant chaque année des chasses au trésor où Nick est supposé trouver les réponses aux énigmes dans les événements vécus ensemble au cours l'année (et où il échoue à chaque fois lamentablement).

C'est aussi un livre ancrée dans l'actualité. La crise actuelle est décrite de manière concrète, réaliste, à l'échelle humaine. Nick et Amy ont tous les deux perdus leur travail et ont été obligés de quitter New York. Ils s'installent dans la petite ville du Missouri dont Nick est originaire. Celle-ci est loin d'être épargnée par la crise : le gigantesque Mall qui faisait la fierté des environs et qui était le principal employeur de la ville a fermé. Il est alors squatté par des chômeurs à la dérive.

L'auteure nous livre aussi une réflexion sur le monde des médias que ce soit au sujet de la disparition de la presse traditionnelle ou bien de la course à l'information et la surenchère spectaculaire auxquels ils se livrent. La justice n'est pas épargnée non plus, l'avocat qui va entrer en scène semble être un expert des relations publiques avant d'être un as du barreau. Sans compter le petit monde des psychologues, représentés par les parents d'Amy qui ont écrit une série de livres jeunesse où ils semblent façonner leur fille sur le papier à défaut d'y arriver dans la réalité.

La construction de l'oeuvre fait aussi toute sa force. L'auteure alterne les points de vue entre celui de Nick suite à la disparition de sa femme et le journal d'Amy que l'on découvre au fur et à mesure. Les révélations s'ajoutent les unes aux autres tandis que les événements nous apparaissent sous un jour totalement différent selon le narrateur. Au départ, Amy m'a semblé froide. Puis, je l'ai trouvée, ensuite beaucoup plus sympathique tandis que les éléments s'accumulaient contre le gentil Nick, puis on doute à nouveau. Qui croire des deux protagonistes ? Lequel nous ment ?
Le climax ne se situe pas à la fin du roman mais à la fin de la première partie. J'avais toutefois deviné ce qui s'était passé (quand on a éliminé l'impossible...), mais ce n'est pas particulièrement dérangeant car l'auteure va nous donner à voir les éléments encore d'une autre manière. Même si j'ai continué à aimer le style des deuxième et troisième parties, j'ai trouvé que les événements étaient quand même un peu trop énormes pour être plausibles. Mais, on est tellement pris dans le roman que, sur le coup, ça passe comme une lettre à la poste (après on se dit que c'était un peu trop). La fin quant à elle est diaboliquement originale et au final, tout le monde à ce qu'il mérite selon moi.

En quelques mots : Cette fois, les apparences ne sont pas trompeuses : j'ai aimé ce livre qui aurait été un coup de coeur si l'auteure avait évité quelques rebondissements trop rocambolesques à la fin (mais le début est une merveille).

Et après ? J'ai déjà emprunté Les lieux sombres du même auteure et j'attends avec impatience la sortie du film, même si je vois mal comment cette histoire va être mise en images. Je trouve que Ben Affleck correspond tout à fait à l'idée que je me suis faite de Nick (idée un peu biaisée toutefois puisque je savais avant ma lecture qu'il avait été choisi). J'imagine pour l'instant mal la sylphide Rosamund Pike dans le rôle d'Amy mais j'aime cette actrice et je lui fais confiance. Je trouve aussi que Neil Patrick "Barney" Harris est extrêmement bien choisi pour le rôle de Desi.  Et plus que tout, je fais confiance à David Fincher qui n'est rien moins qu'un de mes réalisateurs préférés. Mais le film ne sortira que dans un an !