dimanche 14 avril 2013

Cesare de Fuyumi Soryo et Motohaki Hara

Avant-propos :  Comme beaucoup de personnes, je suis assez attirée par la famille Borgia. Mais dans les fictions qui les concernent, ce sont bien souvent les aspects les plus sulfureux qui sont mis en avant et de grandes libertés sont prises avec la réalité historique. J'avais commencé à regarder l'an dernier les deux séries TV éponymes. J'avais été agréablement surprise par le pilote de Canal + (presque au point de croire que les français avaient enfin produit une bonne série), mais j'ai vite déchanté dès le 2e épisode et son bain d’excréments.La réflexion la plus profonde que j'aie eue au sujet de la série a été "Stanley Weber est beau". Quand a celle de Showtime, elle m'avait à peine fait meilleure impression (mais il faudrait que j'y rejette un oeil). Quelle ne fut donc pas ma surprise de découvrir un manga aussi précis au niveau historique !

Mon résumé : Pise, 1491. Angelo da Canossa entre à l'université de Florence (délocalisée à Pise pendant quelques années). Il découvre rapidement qu'il existe des rivalités très fortes entre les étudiants et en particulier entre Giovanni de Medicis et Cesare Borgia. Les étudiants sont rattachés à un cercle selon leurs origines. En tant que florentin, Angelo doit faire partie de celui de Giovanni. Mais voilà qu'il fraternise avec Cesare, du cercle des espagnols...

Pise, Tome 1
Mon avis : J'ai été d'abord attirée par les dessins qui sont absolument magnifiques et les reconstitutions des monuments qui sont à tomber par terre (mes photos sont un peu floues, ce n'est pas la faute des dessins). C'est simple j'ai poussé est un "ahhhhhhhhhhh" quand j'ai vu la reconstitution du Vatican pré-Michel-Ange et pré-Bernin.
Rome, Tome 2

Pise, Tome 1

Mais si il n'y avait que cela ! Ce que j'ai particulièrement apprécié, c'est la précision historique de l'ensemble. Chaque tome se termine avec une bibliographie sérieuse (qui est modifiée et complétée à chaque volume) et l'auteure a travaillé en étroite collaboration avec l'historien japonais Motohaki Hara (dont je n'ai jamais entendu parler mais qui connait visiblement très bien son métier). Fuyumi Soryo a donc problématisé son travail en se posant cette question : "Comment un homme réputé priser l'amusement et préférer la chasse à l'étude, capable de violer sa soeur et d'assassiner son frère, pouvait-il en même temps être respecté de ses hommes et aimé du peuple ?". On voit bien qu'elle cherche à saisir toute l’ambiguïté du personnage et pas seulement les aspects sulfureux. [D'ailleurs, il n'y a aucun aspect sulfureux dans les deux premiers tomes et contrairement à ce que laisse penser la couverture du tome 1, Lucrèce n'est même pas encore apparue dans le tome 2]. 

Le tome 1 est un tome d'exposition où l'auteur nous présente les différents protagonistes et où, il faut l'avouer, il n'y a pas beaucoup d'action. Mais l'intérêt est ailleurs. L'auteur nous décrit la vie dans une université à l'époque de la Renaissance. Nous assistons à certains cours et surtout aux joutes verbales entre esprits brillants (une opposition au sujet des 2 corps du souverain par exemple). Mais l'auteure nous présente aussi les rivalités, voire les complots ourdis au sein même de l'université. Les oppositions sont nombreuses et les alliances fragiles. Le personnage (fictif) d'Angelo da Canossa nous permet d'entrer dans cet univers  Celui-ci n'est pas issu d'une grande famille, mais il est entré à l'université grâce à l'appui des Médicis (sans que l'on sache vraiment pourquoi). Il ne connaît pas les codes, s'adresse aux autres comme s'il était leur égal (grossière erreur) et commet bourdes sur bourdes. C'est toutefois, un étudiant brillant et il est le seul à oser s'opposer dans les cours à Giovanni ou Cesare. Le personnage est assez attachant car il est extrêmement sincère. Il va se retrouver lié à Cesare Borgia qui va lui montrer la ville de Pise et lui faire découvrir ses aspects les plus sombres. Dans cette première partie, le personnage de Cesare apparaît comme très sympathique, ce qui m'a interpellée. Dès qu'il peut, il prend la défense d'Angelo et lui promet de lui apprendre à monter à cheval. Il est agréable, brillant bien que dilettante et extrêmement séduisant. Il est toujours suivi par son bras droit, Micheletto da Corella qui joue pratiquement le rôle de garde du corps et qui règle les problèmes de Cesare dans l'ombre. On croise aussi la sombre figure de Savonarole

Dans le tome 2, nous continuons de suivre la vie à l'université de Pise, mais certaines scènes se déroulent au Vatican. Le pape est mal en point et les rivalités s'exacerbent autour de la future succession. Rodrigo Borgia est l'un des candidats. Il s'oppose à Giuliano della Rovere et leurs échanges sont épiques. On assiste à des confrontations de haute volée au milieu de la Chapelle Sixtine (dessins magnifiques une fois de plus). Dans ce tome 2, on voit apparaître la face sombre de Cesare. Celui-ci par certains de ces discours ou de ces réflexions en classe (édifiante opposition autour de la Tour de la faim de Dante) révèle qu'il peut se montrer cruel. De plus, on le voit œuvrer dans l'ombre de son père et il demande des rendez-vous avec certaines personnalités, parfois des ennemis, dont on ne comprend tout d'abord pas le sens. Il croise aussi certains hommes célèbres : Christophe Colomb qui évoque le voyage qu'il est en train de mettre en place au nom des souverains espagnols et Leonard de Vinci dans une confrontation particulière savoureuse avec Cesare  [et une fois encore, je ne peux qu'admirer le travail de documentation de l'auteure : quand elle décrit les carnets de Leonard, j'ai eu l'impression de me retrouver devant le Codex de Leceister ou Codex de Bill Gates que j'ai eu la chance de voir à Dublin]. Cesare a aussi l'occasion d'admirer le Printemps de Botticelli chez Lorenzo de Médicis est une fois encore j'ai été saisie par la beauté du dessin. On en apprend plus sur le passé de Micheletto que l'auteure présente comme juif (ce qui n'est pas attesté historiquement parlant) mais ce qui permet d'évoquer le sujet de la condition des juifs à l'époque de la Renaissance. Angelo, quant à lui, continue son petit bonhomme de chemin, mais passe un peu au second plan au cours de ce tome. Il se rend compte que Cesare est un personnage bien plus complexe qu'il ne pensait...

En quelques mots : C'est un énorme coup de coeur. Le tome 3 sort le 7 mai et le 4 en juillet. Je suis presque sur le point de les pré-commander pour les avoir dès leur sortie (alors que je n'ai jamais fait ça de ma vie). Si vous avez envie d'en apprendre plus sur les Borgia grâce à un divertissement de qualité, précipitez vous chez le libraire !

samedi 13 avril 2013

Résultats du concours et propositions de LC

Je remercie les participantes au concours du blog qui sont toutes des personnes fidèles et que j'ai plaisir à lire sur leurs blogs respectifs. Je savais que je serai heureuse qu'elle que soit celle que le sort désignerait (même si je suis déçue pour les autres).


Roulement de tambour...

Tirage au sort effectué sous l'autorité de Mr Collins comme vous pouvez le constater...

Je suis ravie de lui permettre de découvrir Le dévouement du suspect X de Keigo Higashino qui a été un coup de coeur pour beaucoup de ceux qui l'ont découvert lors du challenge d'Adalana. 

Un immense MERCI à toutes les participantes et à toutes celles qui ont laissé un mot si gentil sur mon billet d'anniversaire. Quand on m'écrit qu'on aime mon univers, ca fait chaud au coeur ! 



Je profite de ce billet pour vous proposer de nouvelles (et rappeler quelques anciennes) LC  (ça faisait longtemps !). Je n'ai mis le nom que des organisatrices pas de toutes les participantes. 

Vous pouvez encore nous rejoindre pour De Grandes Espérances chez Adalana pour le 26 avril [après avoir désespéré de trouver en français une version qui me plaise, j'ai décidé de le lire en VO et pour l'instant tout va bien (j'en suis au premier chapitre en même temps)]. 

Toujours dans ma période "j'ai envie de relire tout Jane Austen", Deuzenn et moi vous proposons de lire avec nous Raison & Sentiments pour le 10 mai. Je meurs d'envie de revoir l'adaptation d'Ang Lee et découvrir l'adaptation de la BBC. 

Si vous aussi vous voulez fêter la sortie du film (et on l'attend de pied ferme), vous pouvez lire avec nous Gatsby le Magnifique toujours chez Adalana pour le 15 mai. 

Quand on a lu Northanger Abbey, on a forcément envie de découvrir les ouvrages cités. Claudialucia La lyre et moi vous proposons de nous rejoindre pour frémir devant Les Mystères d'Udolphe pour le 27 mai. 
[Je ne serai pas contre découvrir Le Moine aussi vers juin/ juillet si ça tente quelqu'un]. 

Pour le 3 juin, c'est le tome 1 de Guerre et Paix que nous allons découvrir avec Adalana

Le 8 juin, je replonge dans l'univers de Vita Sackville-West avec Dark Island pour le mois anglais chez Titine 

Le 20 juin, Miss Léo et moi retrouvons Shakespeare en version bilingue avec Othello

De bonnes heures de lecture en perspective ! 

mercredi 10 avril 2013

Hamlet de William Shakespeare

Avant-propos sur Shakespeare et moi  : Comme je l'ai dit précédemment  dans le billet Seven Shakespeares, ce manga m'a donné envie de redécouvrir Shakespeare. Au final, je me suis rendue compte que je n'avais pas lu beaucoup de pièces du barde. Par contre, j'ai vu beaucoup d'adaptations. Mais, dernièrement, j'ai eu quelques déconvenues. J'ai lu Macbeth en ebook gratuit et je dois avouer que je n'ai rien capté pas tout saisi vu qu'il n'y avait quasiment aucune note explicative. Et j'ai tenté de lire Les Joyeuses Commères de Windsor d'abord en anglais (quasiment incompréhensible pour moi, alors que j'ai lu Romeo et Juliette en VO, mais bon, je connaissais l'histoire) puis en français, mais je me rendais bien compte que je passais à côté de tout un tas de jeu de mots par rapport au peu que j'avais compris en VO, ce qui m'a donc énervé. J'aimerai avoir accès à plus de versions bilingues mais c'est parfois dur à trouver pour certaines pièces (en particulier les historiques que je meurs d'envie de lire). D'après ce que j'ai vu, il n'y a que les éditions Bouquins qui proposent l'intégrale des pièces en versions bilingues (mais je ne suis pas fan de leur papier cigarette). Reste La Pléiade (mais je ne suis pas près de me payer l'intégrale).  Si vous avez des conseils, je suis preneuse ! Bref, c'est très compliqué pour moi de lire Shakespeare alors que j'en meurs d'envie !

Avant-propos sur Hamlet et moi : Je n'avais encore jamais lu Hamlet (ni vu d'adaptation) et je ne voulais donc pas me tromper dans le choix de l'édition comme pour Macbeth. J'ai donc décidé de me tourner vers un éditeur que je connaissais bien et qui m'avais toujours procuré beaucoup de plaisir pendant ma scolarité : j'ai nommé Larousse petits classiques. J'ai abandonné l'idée de la VO (pour le moment) au profit de la compréhension du texte et des explications que j'étais sûre de trouver dans cette édition. [Et pour ceux qui comme moi, on vibré sur des Larousse petits classiques il y a une quinzaine d'années, ils les trouveront bien changés et avec des coins ronds (ce qu'on ne voit pas sur l'image), mode qui me laisse totalement perplexe : est-ce pour éviter de s'éborgner en se prenant un livre dans l'oeil ???]. En tout cas, je ne regrette pas mon choix d'éditeur, j'ai aimé retrouver leurs notes, lire leurs interrogations parfois tirées par les cheveux [et auxquelles, je ne savais parfois pas répondre] à la fin de certaines scènes et donc utiliser un peu mon cerveau pour réfléchir sur la pièce. C'est exactement ce que je cherchais. Ils ont aussi édité Macbeth et cette version est maintenant dans mon panier ultra-prioritaire.

Mon avis : Je vous passe le résumé que tout le monde connaît, je pense [même si pour ma part, je ne savais pas comment cela finissait]. Je dois dire que j'ai été surprise par le personnage d'Hamlet que je ne m'imaginais pas du tout comme cela d'après ce que je savais de lui. J'ai été frappée par la mélancolie et la tendance suicidaire du personnage. J'ai adoré ses monologues où il expose sa philosophie, son dégoût du monde, ses envies de vengeance et en même temps son inaction. Le personnage est extrêmement complexe et les moments où il simule/est censé simuler la folie sont saisissants. C'est aussi un amoureux éconduit mais passionné dont le comportement dans le cimetière m'a saisie. J'ai aussi aimé l'ironie du personnage quand il se moque ouvertement des hommes qui sont à la solde du roi (Polonius, Rosencrantz ou Guildenstern) et que  ces derniers font semblants d'être d'accord avec lui.
Par contre, s'il y a quelqu'un qui m'a déçue, c'est Ophélia. Multi-représentée dans la peinture et la poésie (notamment par mes chers pré-raphaélites), je m'étais fait une toute autre idée de la demoiselle que j'imaginais en amoureuse tragique un peu à la Juliette. Sauf que ce n'est pas du tout le cas. Elle n'est pas vraiment amoureuse d'Hamlet, puisque elle cède à son père quand celui-ci lui interdit de le voir (mais elle est quand même attirée par lui). Elle ne m'est devenue sympathique qu'au moment où elle perd l'esprit. Encore une héroïne pour laquelle je me suis demandée ce que le héros pouvait bien lui trouver !
Au niveau de l'intrigue, je m'attendais à davantage d'action vu que le thème de la vengeance prédomine, mais au final, j'ai aimé le côté assez contemplatif et réflexif de l'oeuvre. J'ai aimé cette mise en abyme avec la pièce de théâtre présentée dans la pièce et toute la réflexion sur les acteurs et la production théâtrale. Le final m'a soufflée.

En quelques mots : Je ne vais pas disserter des heures sur l'une des pièces les plus connues de l'histoire : je suis moi aussi tombée sous le charme et j'ai hâte de la lire en VO. Mais je vais tout d'abord commencer par voir son adaptation par Kenneth Branagh (sachant que ses adaptation de Beaucoup de bruit pour rien et de Peines d'amour perdues font partie de mes films cultes)

Deuxième participation au challenge Shakespeare chez Claudialucia et Maggie



lundi 8 avril 2013

Vingt-quatre heures de la vie d'une femme de Stefan Zweig


Lecture commune 
avec Miss Leo et Eliza 

Mon résumé : Sur la Côte d'Azur, un scandale secoue un hôtel : une mère de famille, Mme Henriette  est partie avec un homme qu'elle a rencontré pendant ses vacances. Les pensionnaires de l'hôtel commentent tous cet événement. Beaucoup jugent que son attitude est totalement condamnable, tandis qu'un homme s'élève pour prendre la défense de Mme Henriette. En retrait de la conversation, une dame anglaise bien comme il faut de 67 ans, écoute attentivement toutes les opinions. Elle demande au jeune homme [c'est quand même peu pratique, ces livres où les personnages ne portent pas de noms] qui a pris la défense de Mme Henriette de venir la rejoindre pour qu'elle puisse lui conter son histoire...

Mon avis : Il va m'être très difficile de parler de livre très court ou de cette longue nouvelle. Difficile parce que je veux révéler le moins d'éléments possibles de l'intrigue à ceux qui ne la connaîtraient pas mais le problème est qu'évidemment, j'ai surtout envie de vous parler de ces aspects (mais je vais me retenir).
Tout d'abord, je peux dire que je suis tombée sous le charme du style de l'auteur. L'écriture de Zweig est ciselée. La partie où il présente les caractéristiques des personnages par leurs mains est tout bonnement magnifique. Le premier chapitre, aussi, m'a tout de suite complètement séduite : je me retrouvais dans ces personnages qui commentent ce fait divers local tout en y projetant leurs angoisses et leurs envies. Je pensais tout d'abord que c'était l'histoire d'Henriette qui allait nous être racontée. Mais, non, Zweig joue avec nous et part dans une autre direction, vers une autre femme qui se remémore son passé, ses 24 heures qui ont changé sa vie.
C'est livre centré sur la passion : passion amoureuse ou passion du jeu, elle est toujours dévastatrice et emporte tout sur son passage. Les individus se retrouvant sous son emprise se découvrent alors capables des pires bassesses comme des plus douces folies. Car là passion joue le rôle d'un révélateur de l'âme. Cette femme va se découvrir comment quelqu'un qui est capable d'oser : elle va prendre des initiatives qu'elle juge (et que la société juge) insensées et elle ne va plus se reconnaître. Même si elle ne va au final pas être trop différente pour ses proches (à part pour sa cousine), elle aura profondément changé de l'intérieur.
C'est aussi un livre sur les douleurs liées aux souvenirs. L'héroïne est particulièrement émouvante quand elle partage son passé car, même si on sent qu'elle a ressassé ses événements mille fois de sa tête, elle ose avouer et s'avouer de nouvelles choses quand elle raconte son histoire au narrateur. Mais, j'ai l'impression qu'elle n'a pas de regrets.
Le thème du suicide et de la difficulté de vivre est aussi abordé de manière extrêmement brillante. les passages où les personnages se retrouvent à bout de forces sur le banc sont magnifiques. J'ai été un peu surprise à la fin car les derniers passages sont plutôt optimistes alors que Zweig s'est lui-même suicidé (comme quoi on n'est pas ce qu'on écrit).
Je regrette juste que l'intrigue n'est pas eu l’originalité de la narration. Dès le départ, on sent ce qu'il va arriver, on voit qu'une personne se fourvoie complètement et on se doute que tout va se finir au casino (mais la scène est d'une grande force et d'une grande violence émotionnelle ce qui efface ce manque de surprise).

J'ai lu ce livre au format ebook et j'ai plusieurs reproches à faire sur cette édition faite par le Livre de poche (que j'ai eu en promo, mais qui coûte aujourd'hui 4,49€) : il n' y a pas de chapitrages, on ne peut pas avoir accès aux notes en cliquant dessus (option disponible sur n'importe quel ebook gratuit) et la préface est à la fin (ce qui techniquement ne me dérange pas, parce qu'il y a toujours un amoureux bienveillant de l'oeuvre qui nous raconte l'intrigue et je la lis toujours à la fin) mais çà me choque au niveau de l'utilisation du terme. Bref, un ebook bâclé (et dire que j'en ai acheté 4 ou 5 au cours de cette promo) !

En quelques mots : Au cas où vous ne l'auriez pas compris, j'ai trouvé cette oeuvre magnifique. Je regrette juste que l'intrigue ait été aussi évidente (mais pouvait-il en être autrement ?) et cela n'empêche rien à la beauté de certains passages. La découverte d'un auteur majeur (et je me demande bien pourquoi je ne l'ai pas lu avant). Je sens que je vais rapidement le retrouver...

Allez voir et féliciter Eliza et Miss Léo qui elles, l'ont lu en allemand !!!!




samedi 6 avril 2013

7 Shakespeares d'Harold Sakuishi

Avant-propos : Je ne connais absolument rien à l'univers du manga et donc je ne connais pas les termes adéquats. Mais, j'ai envie de vous parler d'une série (oui je sais, on n'appelle pas ça comme ça, un jour je ferai l'effort d'apprendre les termes) que j'aime beaucoup [et puis, il y en aura très très vite une autre, dès que j'aurai reçu mon tome 2 de Cesare -et je peux vous dire que je trépigne d'impatience !]. 
C'est grâce à Jeneen que j'ai découvert ce manga et d'ailleurs, elle m'avait prêté les deux premiers tomes (et je l'en remercie). Je me suis empressée d'acheter le 3e (en octobre) et évidemment, comme tout livre dont on dit qu'on meurt d'envie de lire la suite,  je ne l'ai lu qu'hier soir [à ma décharge, c'est aussi parce que je savais que le tome 4 n'était pas sorti, maintenant il l'est et le 5 doit sortir en mai]. 

Prologue Londres, 1600
Dans le quartier libre, alors que les forces de l'ordre s'apprêtent à interrompre la représentation de Hamlet, et à mettre aux fers les comédiens, un homme s'interpose : il prétend être William Shakespeare, l'auteur de la pièce qui est jouée. Non loin de là, dans une taverne, un homme négocie la vente du manuscrit dérobé de Hamlet, mais ses interlocuteurs l'accusent d'imposture. Laissé seul avec son manuscrit dans les mains, l'homme crie alors qu'il a connu Shakespeare dans le passé et que le dramaturge lui-même, n'est autre qu'un imposteur…

Vous pouvez découvrir ce prologue sur le site de l'éditeur, ici. 
Mais attention, nous allons très vite changer d'univers ! 

Le tome 1 délaisse rapidement Londres et nous entraîne 13 ans auparavant à Liverpool dans la communauté chinoise de la cité. Nous faisons connaissances avec Li, jeune fille qui semble douée de fortes intuitions voire même de prémonitions qui effraient beaucoup de membres de son entourage. Elle nous apparaît comme un personnage attachant et son  destin tragique et émouvant vient renforcer ce sentiment. 
Ce tome se termine que l'on n'ait vraiment découvert davantage d'éléments sur Shakespeare. 

Le tome 2 nous permet de retrouver Li et de découvrir sa rencontre avec un jeune homme, nommé Lance Carter, qui n'est autre que celui qui se présentait comme William Shakespeare dans le tome 1. Lance est un jeune membre de la guilde des marchands de sel, qui écrit des pièces de théâtres en tant qu'amateur et qui visiblement n'a pas beaucoup de succès en tant qu'auteur. Lance travaille avec son meilleur ami Wallace, qui ne partage pas son amour du théâtre. Les 2 jeunes hommes recueillent Li qui au départ ne parle pas un mot d'anglais, mais qui va développer ses connaissances de manière extrêmement rapide. Bientôt, elle se met à écrire des poèmes. 

Le tome 3 nous présente toujours les mêmes personnages, mais développe davantage le thème du théâtre, puisque Lance va participer à un concours pour déterminer qui a écrit la meilleure pièce de théâtre et en même temps ravir la main de la plus jolie fille de Liverpool. Mais l'inspiration manque à Lance...

Mon avis sur les 3 tomes : 
Je suis au bord du coup de coeur pour cette série, mais j'attends quand même de connaître sa résolution pour pouvoir vraiment me prononcer (il n'y a visiblement que 6 tomes ce qui me semble un peu court pour résoudre toutes les pistes ouvertes). 
J'avoue que le mystère shakespearien m'intrigue (ces fameuses "années perdues" par exemple) , mais je ne suis pas une adepte des théories selon lesquelles il ne serait pas l'auteur de ses pièces (pour la bonne et simple raison que les autres supposés auteurs ont tous dans leurs biographies quelque événement qui permet de réfuter les hypothèses avancées). 
Ce qui ne m'empêche pas d'apprécier quelques divertissements sur le mode du "et si c'était vrai?" comme Shakespeare in Love (parce que je vénère Joseph Fiennes) et plus récemment Anonymous (qui m'a très agréablement surprise, alors qu'au départ, il me faisait très peur) [le film, pas les pirates informatiques]
Au final, ce que j'ai apprécié dans 7 Shakespeares, c'est d'être surprise. Je m'attendais à une énième variation sur le thème en réalité Shakespeare était Bacon / De Vere / Marlowe ou une autre figure historique. Mais en se plaçant sous les auspices d'une hypothèse (que vous avez sans doute devinée grâce aux résumés) totalement improbable et plaçant quelques petits aspects fantastiques, Sakuishi nous permet de nous divertir sans qu'au final on n'ait besoin d'adhérer à quoi que ce soit. On sait que cela ne s'est pas passé de cette manière. Et donc on peut totalement se laisser distraire. 
Mais cela peut aussi rebuter, certains ont l'impression d'avoir été un peu trompés car il est vrai que dans les 2 premiers tomes l'histoire est clairement celle de Li et non pas celle de Lance / Shakespeare. Pour ma part, j'ai trouvé cette héroïne éminemment sympathique et  attachante. La plongée dans la communauté chinoise ne m'a pas dérangée (même si elle est anachronique). L'auteur mélange d'ailleurs beaucoup les temporalités avec un certain nombre de retour en arrière (le tome 4 présentant visiblement l'enfance de Will d'après ce que semble annoncer à la fin du tome 3) ce qui permet de conserver une part de mystères aux personnages. 
Mais qui dit manga dit dessin et c'est sans aucun doute ce que je préfère ici : les décors et les costumes sont représentés avec une précision magnifique. Dans le prologue, on se croirait au Globe (je vous remets le lien, pour que vous alliez voir de vous-même, mes photos ne sont pas assez réussies). Les personnages sont soignés (et Shakespeare est trop beeeeeeau -quand on pense au laideron qu'il était en réalité - je suis en mode héroïne de manga avec les yeux qui me sortent de la tête quand je le regarde- oui je sais que ce n'est qu'un dessin). Le trait est classique (visiblement trop classique pour certains adeptes), mais pour ma part, j'aime quand le dessin représente fidèlement ce qu'il est supposé reconstituer -surtout pour un manga historique. Les personnages sont sympathiques et attachants. On a envie de connaître la suite de leurs aventures, surtout qu'on ne sait pas toujours exactement à quoi fait référence le titre. [Et j'enrage de ne pas avoir commandé le tome 4!]. 

En quelques mots : Il ne faut pas s'attendre à des révélations, mais à une jolie fantasmagorie sur le thème "Qui était Shakespeare?" avec des personnages attachants et une reconstitution architecturale magnifique. 
Et cela donne évidemment une furieuse envie de lire Shakespeare ! 


Première participation au challenge Shakespeare de ClaudiaLucia et Maggie 

mardi 2 avril 2013

1932 de Karen M Cox

Avant-propos : Il faut savoir que parfois, je me sacrifie pour vous. Je vais vous présenter un livre que personne n'a lu dans la blogosphère française et que personne après avoir vu ce billet ne lira jamais. Je l'avais repéré sur Goodreads. L'histoire était alléchante : il s'agit d'une transposition d'Orgueil et Préjugés au temps de la Grande Dépression. Coup de chance, peu de temps  après en avoir parlé avec Emjy, il se retrouve à être disponible gratuitement sur un site qui ne doit pas être nommé. Dans un élan de naïveté crasse et dire que je me moque de Catherine Morland ! de fol espoir d'avoir enfin trouvé une austenerie intéressante, j'envoie un message à Miss Léo pour la prévenir que le contexte historique pourrait sans doute l'intéresser et je me lance quasiment immédiatement dans la lecture (pour vous donner une idée, c'était le 28 janvier). J'avoue que je donne de gros spoilers sur ce qui se passe dans ce livre, mais croyez-moi, vous ne le lirez sans doute jamais (et surtout ne payez pas pour lui !).

Mon avis : Et pourtant tout avait très bien commencé [c'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles je suis tellement en colère contre ce livre car il aurait pu être bien]. Si le style n'était pas virevoltant, on avait l'impression de retrouver les personnages que l'on connaît et que l'on aime. Elizabeth est vive, enjouée et courageuse, Darcy est un peu hautain, mais on se rend vite compte qu'il est plus aimable que cela. L'introduction de quelques nouveaux personnages était intéressante comme par exemple, celui de la petite Maggie, fille de Georgiana et Wickham, absolument adorable, pleine de bon sens enfantin et sorte de mini-Elizabeth. Ajouté à cela de multiples références à des classiques bien-aimés : une petite rencontre dans le train à la Anna / Vronski, une petite frayeur autour d'un cheval avec Darcy-Rochester qui accuse Elizabeth de l'avoir ensorcelé, je frétillais d'impatience à l'idée de lire la suite. Le contexte de la Grande Dépression était lui aussi intéressant. Les Bennet se voient contraint de réduire leur train de vie (hommage à Persuasion sans doute) et quittent leur bien-aimée Chicago pour un Etat évidemment arriéré du sud (le Kentucky, je crois, ce qui ferait qu'il serait en fait plutôt au centre, mais pour eux, c'est le sud, comme quoi tout est relatif). Les jeunes demoiselles Bennet doivent alors chercher un travail. Elizabeth rencontre fréquemment Darcy et au bout de quelque temps, celui-ci lui propose de l'épouser. Et Elizabeth dit oui ! Pour soutenir sa famille, elle décide de se sacrifier et d'épouser William Darcy. Sur le coup j'ai été un peu étonnée mais je me suis dit "pourquoi pas?". C'est maintenant que les choses se gâtent...

Visiblement, l'auteure était en manque, a voulu surfer sur la mode de l'érotisme soft pour se faire des sous a craqué. Bien vite, le mariage a lieu et surtout la nuit de noces. Où l'on apprend avec horreur des choses que l'on ne veut vraiment pas savoir : que Darcy est puceau, que c'est le colonel Fitzwilliam qui lui a appris ce qu'il devait faire [on espère qu'il ne lui a pas montré...] et en plus, Darcy [notre Darcy, héros de tous nos fantasmes] semble avoir du mal à trouver l'entrée...[j'exagère un brin, mais je vous jure qu'il y a une phrase plus que louche à ce sujet]. Je vous passe le fait que ce soit fini en moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire et qu'Elizabeth n'ait pas ressenti grand chose. C'est là où l'on se dit que le Kindle a un gros défaut : on ne peut pas le lancer à l'autre bout de la pièce comme je l'aurais sans doute fait avec un livre papier. Je vous avoue qu'à ce moment-là, j'ai mis le livre en pause pendant un certain temps, j'ai prévenu Miss Léo et Emjy que ce n'était vraiment la peine qu'elles se penchent sur ce livre. Mais comme, j'ai du mal à vraiment abandonner un livre [et que je me suis dit que ca ferait un billet tordant], j'ai repris ma lecture.

Je vous rappelle donc que nous avions laissé Darcy tout heureux d'être déniaisé. Tellement heureux qu'il ne peut plus voir Elizabeth sans avoir envie de lui sauter dessus et sans avoir une "burgeoning erection" [je pense que çà se passe de traduction]. Et d'ailleurs, un jour, il la croise dans les écuries et que se passe-t-il donc ? Je vous le donne en mille : batifolage au milieu de la paille. Il faut savoir [car c'est follement intéressant] que quelque temps plutôt, Lizzie a découvert une sensation physique particulière [en gros, elle a eu un orgasme]. Perplexe, devant ce phénomène, elle interroge Darcy [je vous livre l'intégralité du dialogue car il vaut son pesant de cacahuète] :
Lizzie : "Do you know what just happened to me ?"
Réponse de Darcy "Yes".
Merci Will pour l'explication, c'est trop sympa !

Puis, Lizzie rencontre Wickham qui lui dit qu'il est quelqu'un de très sympathique et que Darcy est méchant car il l'empêche de voir sa femme et ses deux filles. Evidemment, Lizzie, qui a parlé avec Wickham 5 minutes, accuse Darcy de ne pas être juste avec le mari de sa soeur. Ils se disputent, Lizzie retourne une baffe à Darcy [oui, oui, oui] et part se réfugier chez ses parents. Darcy est tout perturbé, surtout qu'il ne peut plus aller réfléchir dans son endroit préféré : la grange [??? Vous me direz je n'ai jamais essayé d'aller réfléchir dans une grange, je manque peut-être quelque chose] car elle se situe au niveau des écuries [j'avoue que je ne maîtrise pas complètement le vocabulaire subtil grange/écurie, ni donc la topographie locale, mais bon ça ne change pas grand chose au problème]. Je disais donc qu'il ne peut plus y réfléchir car il ne cesse de se souvenir de ce qu'il s'est passé auparavant (cf plus haut).

A partir de là, le récit redevient plus intéressant à tel point qu'on a presque l'impression qu'il y a 2 auteurs différents. Lizzie en s'enfuyant a laissé derrière elle le livre qu'elle était en train de lire qui n'est autre que Persuasion ! Darcy entreprend de le lire et devant la lettre de Wentworth décide de rédiger une lettre à Lizzie [c'est un peu guimauve, mais j'ai trouvé çà trop mimi comme hommage]. Il lui révèle donc ce qu'on sait sur ce qu'il pense de sa famille et la vérité sur Wickham qui était un mari alcoolique, violent et bigame ! [j'ai trouvé cette idée intéressante car il fallait trouver quelque chose qui pouvait être choquant]. Forcément, Lizzie est toute chamboulée par ces révélations. Se serait-elle trompée sur le compte de Darcy ??? Là-dessus, Lydia passe une soirée avec Wickham (elle ne s'échappe pas avec lui) et c'est Darcy qui la retrouve. Mais Wickham ne s'arrête pas là. Il va chez Georgiana et la menace de prendre ses filles si elle ne lui donne pas de l'argent. Darcy et le shérif Fitzwilliam réussissent à  pénétrer à l'intérieur [du premier coup] et à maîtriser Wickham. Darcy est à deux doigts de le tuer. Tout est bien qui fini bien (il ne l'a pas tué). Georgie saute sur Fitzwilliam, Darcy saute sur Lizzie, les deux sont enceintes et on a même droit à l'épilogue 35 ans après avec que du bonheur, tout çà, tout çà.

En quelques mots : une lecture dont on peut absolument se passer, où l'auteure avait pourtant quelques idées intéressantes (c'est pour cela que j'ai daigné lui mettre 2 sur 5) mais rendue extrêmement désagréable par l'abondance de scènes érotiques à 2 sous [je crois que je ne me remettrai jamais de la nuit de noces]. J'avoue avoir téléchargé en même temps une adaptation de Persuasion par la même auteure. Je ne suis sûre de la lire un jour.



lundi 1 avril 2013

Un an déjà...

Liseuse couronnée de fleurs, Corot,
 musée du Louvre
Non ce n'est pas un poisson d'avril, j'ai bien lancé mon blog il y a tout juste un an le dimanche 1er avril 2012 (comme ça c'est simple pour se rappeler de la date^^).

Si j'ai commencé mon blog, c'était pour me changer les idées. J'avais besoin de fixer mon attention sur quelque chose de nouveau. J'avoue que je pensais juste participer à quelques challenges et commenter sur quelques blogs. Mais je me suis plus que prise au jeu. J'ai été ravie de découvrir des personnes qui partageaient la même passion que moi, qui adorent les mêmes livres que moi, qui lisent autant de séries que moi, qui me font découvrir autant de livres et suscitent des envies parfois frénétiques de lectures ou des achats parfois compulsifs.
Qui me comprennent quand je dis que j'ai hâte de (re)lire le 16e tome d'une série. Sans avoir besoin de préciser que oui, j'ai bien lu tous les autres tomes avant.
C'est aussi la joie de parler avec des personnes qui sont au Canada, au Japon ou en Nouvelle-Zélande mais aussi à l'autre bout de la France. Ce sont des conversations qui se prolongent sur facebook, par mail, par lettre, par swap. Ce sont des moments de rigolade et de détente.

Alors pour toute cette année, pour m'avoir changé les idées quand j'en avais besoin, pour m'avoir fait une petite place dans la blogosphère, pour avoir fait exploser ma PAL, pour toutes les échanges et les partages, je vous dis MERCI !

J'ai donc décidé de vous offrir UN livre.

Comme c'est un cadeau offert par mes soins, je limite la participation aux personnes qui ont déjà laissé un commentaire sur mon blog avant aujourd'hui, car je veux qu'il revienne à quelqu'un que je connais un tant soit peu et pas à quelqu'un qui viendrait seulement à cause du concours.

Je vous propose donc de choisir entre 2 ouvrages.
Tout d'abord, mon coup de coeur de l'an dernier qui vient de sortir en poche : il s'agit Du domaine des Murmures de Carole Martinez en répondant à cette question "Quel est le nom du célèbre médiéviste dont on trouve une citation au début du livre ?" (La réponse est bien sûr sur le blog).

OU 

Mon coup de coeur du début d'année car plus j'y pense, plus ce livre me hante : il s'agit du Dévouement du suspect X de Keigo Higashino en répondant à cette question : "Quelle blogueuse m'a permis de découvrir Keigo Higashino?" (La réponse est bien sûr sur le blog).


Il vous suffit donc de m'envoyer un mail à shelbylee@orange.fr en précisant le livre pour lequel vous jouez et la réponse à la question correspondante.
Vous avez jusqu'au 9 avril minuit pour participer. Bonne chance à tous !