Avant-propos : J'ai lu ce livre, il y a environ un an et j'avoue mes souvenirs sont un peu flous, mais je ne voulais pas manquer la dernière étape de l'aventure "enolienne" que j'ai partagée avec Manu et Syl au cours des 6 livres que compte la série (aventure commencée le 28 mai 2012 !).
Le résumé de l'éditeur : 1889, Londres. Alors qu'Enola est lancée dans une nouvelle enquête sur la disparition de Lady Blanchefleur del Campo, elle découvre que son frère Sherlock la recherche désespérément. Il vient en effet de recevoir un énigmatique paquet en provenance de leur mère, adressé tout spécifiquement à Enola, et qu'elle seule saurait décrypter. Sherlock, accompagné de son frère Mycroft, se voit donc contraint de suivre les traces d'Enola dans ses pérégrinations au cœur des sombres tunnels de Londres. Ensemble, les trois Holmes devront répondre à une triple question : Qu'est-il arrivé à leur mère ? Où est donc Lady Blanchefleur ? Et que décidera l'aîné Mycroft de l'avenir d'Enola lorsque ses frères l'auront rattrapés ?
Mon avis : J'ai trouvé que les aventures d'Enola se bonifiaient tout au long de cette série. On s'attache à la courageuse jeune fille, même si le fait qu'elle batte toujours son célèbre frère à plate couture est un tout petit peu excessif.
Dans cet épisode, je me souviens bizarrement surtout de la description du métro de Baker Street. Je suis allée peu de temps après ma lecture dans cette station de métro et j'ai repensé à la scène de départ : Blanchefleur veut aller voir le métro, les autres demoiselles qui l'y accompagnent n'en ont pas envie et restent en haut des marches, Blanchefleur les descend et disparaît. J'avoue que je ne me souviens plus de ce qui lui est arrivé même en lisant des billets sur ce livre.
Mais ce qui fait toute la réussite de la série est selon moi les relations familiales d'Enola. Celle-ci apprend que Sherlock a besoin de son aide. Les relations entre le frère et la soeur s'améliorent, tandis que Mycroft reste à l'écart du fait de son idée fixe d'envoyer Enola en pension.
Nous apprenons aussi ce qui est arrivé à la mère d'Enola. La conclusion douce-amère de la série m'a plu. L'auteure a évité le happy-end dégoulinant et je trouve que ce n'est pas un mal.
En quelques mots : Une série qui a gagné en qualité et qu'on referme à regrets après 6 aventures divertissantes passées en compagnie de la famille Holmes.
Les avis de Manu et Syl.
jeudi 19 juin 2014
mardi 17 juin 2014
L'auberge de la Jamaïque de Daphne du Maurier
Avant-propos : Si vous suivez mon blog, vous savez que j'ai eu un gros coup de coeur pour Rebecca de Daphne du Maurier au début de l'année. J'ai donc voulu enchaîner rapidement sur un 2e livre. Comme la BBC a eu la très bonne idée de refaire une adaptation en mini-série de L'auberge de la Jamaïque, j'ai donc porté mon choix sur ce titre pour pouvoir ensuite enchaîner sur le visionnage du film d'Hitchcock, puis sur la mini-série. Il existe même une adaptation avec Jane Seymour que je regarderai sans doute à l'occasion.
Mon résumé : La jeune Mary Yellan, qui vient de perdre sa mère, part habiter chez sa tante dans la mystérieuse Auberge de la Jamaïque dont le simple nom semble effrayer tous les habitants à la ronde. Mary y rencontre Joss Merlyn, l'homme qui a épousé sa tante Patience et qui l'a totalement soumise.Mary essaye de découvrir quel mystérieux secret renferme l'auberge...
Mon avis : J'ai adoré la première partie et l'atmosphère incroyable que l'auteur distille tout au long du livre en décrivant ces paysages de landes brontësques. On a l'impression d'être perdue sur la lande avec Mary, en particulier au cours de la dernière scène dans le brouillard.. J'étais désespérée de ne pas la voir trouver de l'aide là où elle se rendait le dernier soir (quand bien même je pensais que ce n'était pas aux bons endroits).
Mon résumé : La jeune Mary Yellan, qui vient de perdre sa mère, part habiter chez sa tante dans la mystérieuse Auberge de la Jamaïque dont le simple nom semble effrayer tous les habitants à la ronde. Mary y rencontre Joss Merlyn, l'homme qui a épousé sa tante Patience et qui l'a totalement soumise.Mary essaye de découvrir quel mystérieux secret renferme l'auberge...
Mon avis : J'ai adoré la première partie et l'atmosphère incroyable que l'auteur distille tout au long du livre en décrivant ces paysages de landes brontësques. On a l'impression d'être perdue sur la lande avec Mary, en particulier au cours de la dernière scène dans le brouillard.. J'étais désespérée de ne pas la voir trouver de l'aide là où elle se rendait le dernier soir (quand bien même je pensais que ce n'était pas aux bons endroits).
Je me suis demandée jusqu'à la moitié du livre ce que trafiquait son oncle. D'ailleurs, quand il lui explique la première fois, je n'avais pas compris ce qu'étaient les naufrageurs. Je croyais qu'ils récupéraient "seulement" les objets lors des naufrages.
Mais, quand au suspense du livre, j'ai été assez déçue. Je trouve que le "méchant" se voit venir des kilomètres
Spoiler:
Je trouve bizarre que Mary, par ailleurs intelligente, aille se confier totalement aux premiers venus (le vicaire mais aussi Jem) sans se douter un instant que le coupable se cache peut-être parmi eux... Je trouve aussi que c'est une petite facilité que le méchant le porte sur son visage.
Je n'ai pas trop accroché à l'histoire d'amour parce qu'elle devient totalement banale et fleur bleue alors que j'avais trouvé les passages p 147-149 (édition du Livre de poche) extrêmement intéressants et résolument modernes ; cette idée de la passion qui l'emporte sur la raison. Elle compare quand même
les relations sexuelles aux accouplements entre animaux ! Le désir physique qu'elle éprouve pour Jem est si intense qu'elle sait qu'elle ne pourra pas lutter et qu'elle ne le contrôlera pas. D'ailleurs, on retrouve cet aspect quand
les relations sexuelles aux accouplements entre animaux ! Le désir physique qu'elle éprouve pour Jem est si intense qu'elle sait qu'elle ne pourra pas lutter et qu'elle ne le contrôlera pas. D'ailleurs, on retrouve cet aspect quand
Spoiler:
son oncle l'embrasse sur la bouche et qu'elle ne peut s'empêcher de penser à Jem. J'ai trouvé cette scène extrêmement troublante
Mais malheureusement après, elle se rend banalement compte qu'elle est amoureuse ce qui m'a beaucoup déçue.
Jusqu'à la dernière page, j'ai espéré
Spoiler:
qu'elle ne renoncerait pas à sa liberté et qu'elle ne lui suivrait pas.
Tout de même, c'est un certain pied de nez à la morale, puisqu'elle part pour vivre comme une vagabonde et non pas pour se marier et fonder un foyer
Tout de même, c'est un certain pied de nez à la morale, puisqu'elle part pour vivre comme une vagabonde et non pas pour se marier et fonder un foyer
Mary paraissait être un personnage fort et acteur de son destin, totalement à l'opposé de la narratrice de Rebecca. Mais au bout d'un moment, j'en avais un peu assez de la voir toujours
Spoiler:
sur le point d'être violée, ou bien giflée et attachée, sans compter qu'elle se fourre toujours dans la gueule du loup.
En quelques mots : Mon avis est assez critique, mais je trouve quand même que l'ambiance incroyable et la description de certains personnages (Joss, mais aussi Patience) rachètent quand même les défauts de ce qui n'était après tout que son 2e livre.
Pour la petite histoire : Je ne savais pas que la Jamaïca Inn existait vraiment (elle a d'ailleurs été mise en vente il y a quelques mois). Par contre, je n'ai pas vraiment envie d'y passer la nuit ^^
D'autres billets chez Titine, Lili, Natiora
D'autres ont lu Le général du roi : Choupynette, Karine,
Ou L'amour dans l'âme : Lilas,
Ou Rebecca : Fondant
Ou Ma cousine Rachel : Soie
Pour la petite histoire : Je ne savais pas que la Jamaïca Inn existait vraiment (elle a d'ailleurs été mise en vente il y a quelques mois). Par contre, je n'ai pas vraiment envie d'y passer la nuit ^^
D'autres billets chez Titine, Lili, Natiora
D'autres ont lu Le général du roi : Choupynette, Karine,
Ou L'amour dans l'âme : Lilas,
Ou Rebecca : Fondant
Ou Ma cousine Rachel : Soie
lundi 9 juin 2014
L'affaire D. ou le crime du faux vagabond de Dickens, Fruttero et Lucentini
Il faut que j'arrête de croire que tout livre dont on n'a jamais entendu parler est un chef d'oeuvre méconnu. Certes, cela peut arriver, mais le plus souvent, si on n'a jamais entendu parler d'un livre, c'est qu'il y a une raison. J'étais tombée par hasard sur ce livre et je trouvais le résumé formidable : les meilleurs détectives littéraires du monde : Sherlock Holmes, Hercule Poirot, Philip Marlowe, Lew Archer, le père Brown... sont tous réunis à Rome pour élucider le mystère d'Edwin Drood. Ca avait l'air vachement bien. Ce fut une énorme déception.Tout d'abord (et ce n'était pas précisé dans le résumé, ni dans aucun des commentaires que j'ai lus), le livre contient l'intégralité du texte du Mystère d'Edwin Drood. Si vous avez lu mon billet précédent, vous savez que j'avais fait venir exprès Le Mystère d'Edwin Drood (MED) dans ma petite bibliothèque locale, donc je n'ai pas été très heureuse de découvrir qu'il était déjà dans le livre. De plus, la traduction est moins bonne que celle de Paul Kinnet. Cerise sur le pompon, le livre ne fait que 430 pages, donc quand on a retiré les 300 et quelques pages du MED, il reste en gros une centaine de pages à lire (à plus de 8€ le livre, ça fait cher).
Rétrospectivement, je comprends pourquoi le nom de Dickens est indiqué comme auteur sur la couverture.
Peut-être était-ce car le texte du MED n'était pas disponible en Italie ?
Mais, tout de même, je ne comprends pas trop le concept, car les chapitres du MED sont intercalés au fur et à mesure avec des chapitres de L'affaire D. Or, dès les premières pages de L'affaire D, on évoque des hypothèses de résolutions du MED donc ceux qui n'ont pas encore lu le livre sont automatiquement spoilés.
Il y a quelques points positifs, mais plus j'y pense, plus je les trouve tout de même limités. L'idée de réunir les meilleurs détectives issus de la littérature était intéressante, mais au final, cet élément n'est pas assez exploité (en même temps en 100 pages, ce n'est pas évident). Sans compter qu'évidemment Sherlock Holmes avait tout compris depuis le début et que c'est Hercule Poirot qui explique ce qui s'est passé. Toutefois, j'ai appris qu'il existait un certain Hercule Popeau, détective littéraire créé par Marie Belloc Lowndes qui a sans doute inspiré Agatha Christie.
De même, certains parallèles faits entre les oeuvres de Dickens et celles de Wilkie Collins m'ont paru intéressants (sauf que je n'ai jamais lu Wilkie honte à moi !), notamment entre l'intrigue de L'hôtel hanté et celle du MED (ce qui m'a donné envie de lire L'hôtel hanté).
Il y a aussi un passage assez réussi où les détectives sont tous dans un bus pour visiter les plus beaux monuments de Rome tout en discutant des hypothèses.
Déjà que je ne trouvais pas ce livre formidable, mais la fin est vraiment catastrophique. Vous pensiez enfin voir résolu le MED ? Que nenni ! Et si on résolvait plutôt l'énigme de la mort de Dickens ? Vous ne saviez pas que Dickens était mort assassiné ? C'est normal parce que ce n'est pas le cas. Surtout vu celui qui est coupable selon ce livre...Je pense qu'au moins une (si ce n'est les 3) de nos gentilles organisatrices du mois anglais fera une crise d'apoplexie en découvrant le nom du meurtrier.
En quelques mots : A part quelques détails intéressants sur certains livres ou personnages de la littérature, l'intrigue est beaucoup trop courte. La fin est ridicule. Je trouve inutile que le texte du MED soit présent en intégralité, surtout que la traduction date de 1874.
J'ai depuis commencé Drood de Dan Simmons et pour l'instant, je suis totalement happée par l'intrigue !
C'est la journée Dickens dans le mois anglais ! Il nous a quittés le 9 juin 1870.
Vous pouvez lire des billets sur d'autres livres chez : George, Cryssilda, Marjorie...
lundi 2 juin 2014
William et Cie de Peter Ackroyd
Avant-propos : J'avais dit que j'allais parler de L'affaire D, mais comme je suis fatiguée et que je n'ai pas eu le temps de rédiger mon billet, j'en ressors un de derrière les fagots qui est tapé depuis le 24 avril et que j'ai oublié de publier, alors que j'ai beaucoup aimé ce livre.
Mon résumé : À la fin du dix-huitième siècle, le jeune William Ireland,
17 ans, entre en possession d’un document signé par Shakespeare. Il le montre à
son père qui voit rapidement tout le profit qu’il pourrait en tirer, surtout
que rapidement William découvre d’autres documents dont il refuse de divulguer
la source. Le jeune homme rencontre Charles et Mary Lamb, frère et sœur, qui
sont tous deux passionnés par Shakespeare.
Mon avis : Avant de lire ce livre, je n’avais jamais entendu parler de
William Ireland, ni de Charles et Mary Lamb. Si vous êtes dans ce cas, je vous
conseille de ne pas chercher sur Internet qui ils sont avant votre lecture. Je
vous dirai juste que Charles et Mary ont écrit Les contes de Shakespeare qui
sont des résumés pour enfants des pièces de l’auteur.
Peter Ackroyd nous précise qu’il a modifié leur biographie.
C’est effectivement le cas (il n'y a par exemple aucune preuve que Mary et
William se soient rencontrés), mais je lui pardonne aisément car il en a fait
quelque chose de très romanesque, notamment au sujet du personnage de Mary dont
le destin s’identifie en partie à celui d’une héroïne shakespearienne bien
célèbre, mais je ne vous dirai pas laquelle.
J’ai eu quelques difficultés à rentrer dans le roman. Le
début m’a paru très brouillon. J’avais du mal à me repérer dans l’ouvrage et
dans les personnages. Une scène de dépucelage sur le toit d’une diligence (sérieusement
? ? ?) a failli me faire stopper ma lecture, mais j’ai trouvé la chute assez
drôle. J’ai bien fait de persévérer car, à partir de la rencontre entre William
et Mary, je n’ai plus lâché l’ouvrage.
C’est surtout le destin de celle-ci qui m’a beaucoup touchée.
La jeune femme dévore les livres de son frère et regrette de n’avoir pas reçu
la même éducation que lui. Elle vit avec son père qui est atteint d’une forme
de sénilité et qui dit tout ce qui lui passe par la tête (ce qui donne parfois
des dialogues très drôles). Sa mère est toujours en train de lui donner des
conseils ou des ordres. Mary passe quasiment toute la journée cloîtrée chez
elle puisque, comme toute fille de bonne famille, elle ne peut pas exercer
d’activité. De plus, son visage a gardé les cicatrices de la variole, ce qui
fait qu’elle n’aime pas particulièrement rencontrer des personnes. Elle a une
vie très solitaire et elle s’ennuie profondément. Sa rencontre avec William va
donc être une bouffée d’oxygène, puisque vont s’entretenir d’un sujet qui
leur tient tous les deux à cœur: Shakespeare. Mais, à force de se rapprocher
tout le monde se demande si ce n’est pas plus qu’une simple amitié littéraire,
même si les deux le nient.
L'intrigue autour des documents inédits de Shakespeare est très intéressante. On se demande combien de documents William va trouver
et s’il va révéler le nom du mystérieux propriétaire de ces documents. J’avoue
que je n’ai rien vu venir sur la résolution, tellement j'étais prise par l'intrigue.
En quelques mots : Au final, j’ai été touchée par le destin de Mary qui est en
partie vrai et j’ai été très surprise par l’histoire de William Ireland (dont
beaucoup d’éléments se sont déroulés comme dans le livre). Après un début chaotique, je n'ai plus réussi à le refermer et je suis ressortie émue de ma lecture.
Tag sur mes étagères
J'ai vu l"idée de ce tag sur le blog de ma copine Eliza et je l'ai trouvé bien sympathique. Je lui ai donc demandé de me "coordonner" selon mes étagères (j'en ai 23).
Voici le résultat.
Je vous ai préparé un tout beau padlet (petit outil avec lequel je fais joujou depuis hier) .
Sur le padlet, vous pouvez soit faire défiler les étagères de gauche à droite, soit, en cliquant sur la première photo accéder à une sorte de diaporama.
(Il faut juste être un peu patient pour que ça charge).
dimanche 1 juin 2014
Le mystère d'Edwin Drood de Charles Dickens
Avant-propos : J’avais lu beaucoup de mal du mystère d’Edwin Drood, notamment de la part de Wilkie Collins et d’Henry James qui disaient que c’était l’œuvre d’un écrivain vieillissant. De ce fait, je n’en attendais pas grand-chose surtout que c’est un roman inachevé. J’avais envie de le lire pour pouvoir passer à son adaptation (BBC 2012) et surtout à toute la littérature droodienne qui me tendait les bras et dont je vous reparlerai (L’affaire D de Fruttero, Drood de Dan Simmons, Monsieur Dick de Jean-Pierre Ohl, The Last Dickens de Matthew Pearl). J’avais essayé de le lire en anglais, mais je ne comprenais pas le début (et pour cause, voir ci-dessous). J’ai fait venir ce livre à ma bibliothèque. J’ai bien fait car j’ai été absolument captivée de bout en bout, même par la fin, terminée par Paul Kinnet, qui m’a paru logique.
Mon avis : Le livre s’ouvre de manière très originale sur le délire d’un adepte d’une fumerie d’opium qui imagine que les bords du lit sont les tours d’une cathédrale. On découvre rapidement que cet adepte est John Jasper, personnage qui m’a totalement fascinée. Chantre de la cathédrale le jour, il se livre la nuit à des activités beaucoup plus énigmatiques (comme par exemple, visiter la cathédrale en endormant son guide). Totalement dévoué à son jeune neveu, Edwin Drood, il est pourtant amoureux de la fiancée de celui-ci. Personnage aux deux visages (j’ai lu quelque part – mais je ne retrouve plus où – qu’il aurait inspiré Stevenson), on a du mal à le saisir. Tout le désigne comme coupable, mais on n’a aucune preuve. De plus, on ne sait pas ce qui l’a poussé à consommer de l’opium, ni quel est son passé.
J’ai beaucoup aimé le couple Rosa – Edwin. Les deux personnages sont un peu insipides, mais leur relation est originale : ils sont destinés à se marier dès l’enfance et cela leur pèse, car ils n’ont pas le choix. Mais, ils ont tout de même de l’affection l’un pour l’autre et on pourrait se demander si ce n’est pas le fait qu’ils soient obligés de se marier qui fait qu’ils ne sont pas amoureux. Si Rosa est un peu gourde, les passages avec John sont très intéressants puisque elle soupçonne dès le début d’être malveillant et d’être capable d’avoir une influence sur elle (peut-être même de pratiquer le mesmérisme).
Au fur et à mesure de l’histoire, viennent s’ajouter des personnages énigmatiques. Tout d’abord, les jumeaux Landless (littéralement sans terre), originaires de Ceylan, qui vont bouleverser la petite ville bien tranquille de Cloisterham. Ils ne sont pas particulièrement bien vus parce qu’ils sont étrangers, mais aussi parce que Neville a un comportement assez violent et s’en prend à Edwin.
Deux autres personnages arrivent tardivement dans le récit et semblent sortis de nulle part : il s’agit de Mr Tartar et surtout de Dick Datchery qui va enquêter sur la disparition d’Edwin. Qui sont-ils ? Sont-ils vraiment des inconnus ? Quels rôles ont-ils à jouer dans le récit ?
Enfin, il y a toute une galerie de personnages croquignolesques comme habituellement chez Dickens : du pseudo-philanthrope Honeythunder (quel patronyme !), le maire donneur de leçons Sapsea, la « bergèree de porcelaine » Mrs Crisparkle, les oppositions entre Mrs Billickin et Mrs Twinkleton, le tailleur de pierres Durdles qui parle de lui à la 3e personne ou bien encore le jeune Deputy qui passe son temps à jeter des cailloux aux adultes.
Bref, je ne vois pas trop comment on peut dire que Dickens avait perdu la main (même si c'est Henry James qui le dit).
Reste le problème de la résolution de l’énigme. Est-ce un roman policier ou un roman à suspense psychologique ? Est-ce qu’Edwin a été tué ou a-t-il seulement disparu ? Qui est Dick Datchery ? Quel est le passé des protagonistes ? Dickens allait-il abandonner ses traditionnels dénouements où tout est lié ?
J’ai apprécié le dénouement proposé par Paul Kinnet, même si pour moi cela manque un peu de « tout est lié »
Spoiler:
Datchery est Edwin Drood qui est déguisé. Il a réussi à échapper à son oncle en lui faisant croire qu’il était mort au moment où il l’étranglait. S’engage une course poursuite dans la cathédrale. Jasper tue Neville en le jetant du haut de la tour. Il est arrêté et avoue ensuite tous ses crimes à Helena Landless sous l’effet de l’opium (ce qui correspond à la gravure qui était préparée pour l’ouvrage).
En quelques mots : Même s’il est inachevé, les personnages et l’ambiance crées par Dickens méritent qu’on découvre ce livre, pour laisser ensuite place à notre imagination.
samedi 31 mai 2014
Le mois anglais est de retour... et moi aussi !
Après un long mois à ne rien publier pour cause de tonnes de boulot et de reprise d'activité sportive,
me revoici, me revoilà avec mon copain l'Ours Paddington pour un rendez-vous que je ne pouvais pas manquer c'est-à-dire le mois anglais (puisque 80% des auteurs que je lis sont britanniques, 19% sont des auteurs d'autres nationalités qui parlent de la Grande-Bretagne et il doit rester 1% d'auteurs exotiques -français, japonais...)
Le mois anglais est donc un mois où
Parfois, on découvre que certains auteurs sont gallois (pour les irlandais et les écossais, je maîtrise mieux), voire même carrément américain, bien qu'ils aient l'air anglais et vivent même en Angleterre (So shocking !). Le plus simple est que l'histoire se déroule en Angleterre comme ça on n'a pas besoin de vérifier la nationalité de l'auteur !
Je ne vais pas faire vraiment de planning car je ne le tiens jamais. De même, je ne participe à aucune LC car j'échoue tout le temps en ce moment.
Voici une photo des livres sur lesquels je pourrais faire des billets. Ceux de gauche sont ceux que j'ai déjà lus, ceux de droite sont ceux que je projette de lire (et il y en a d'autres). Il y a aussi quelques billets sur Will que je vous avais promis il y a X temps. Bien évidemment, je n'aurais ni le temps de lire, ni de faire des billets sur tous ceux-là.
On ne se rend peut-être pas forcément bien compte mais c'est mon plan de Londres ^^
Ceux déjà lus :
- La curiosité est un péché mortel d'Ann Granger
- Avec vue sur l'Arno de Forster
- L'affaire D de Fruttero
- Secrets d'une nuit d'été de Lisa Kleypas
- Mansfield Park de Jane Austen
- Le mystère d'Edwin Drood (pas sur la photo)
- La dactylographe de Mr James (pas sur la photo)
- Un esprit jaloux d'AN Wilson (pas sur la photo)
- Infidélités de Vita Sackville-West (pas sur la photo)
- Drood de Dan Simmons
- Le scandale de la saison de Sophie Gee (intrigue autour d'Alexander Pope!)
- Ma cousine Rachel de Daphne Du Maurier
- Darcy Gentleman : Une telle assemblée de Pamela Aidan
- L'excellence de nos ainés d'Ivy Compton-Burnett
- Bleak House tome 2 de Charles Dickens
- Parfum d'automne de Lisa Kleypas
- Le directeur d'Anthony Trollope (pas sur la photo)
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